Parler de la Palestine aujourd’hui, c’est se heurter à un mur de sophismes : toute critique de l’occupation devient complicité terroriste, tout soutien au peuple palestinien un soupçon d’antisémitisme, toute dénonciation du colonialisme israélien une menace à l’ordre moral occidental. Cette mécanique n’est pas nouvelle. Elle a une généalogie que l’histoire connaît bien : celle des guerres coloniales, en particulier celle de la guerre d’Algérie.
De 1954 à 1962, la France a mené une guerre sans merci pour préserver son empire nord-africain, au nom de la civilisation, de la sécurité, de la lutte contre le “terrorisme” et, surtout, au nom du refus du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Un système de suspicion généralisée s’est installé : l’Algérien aspirant à la liberté était un ennemi ; l’intellectuel français solidaire, un traître. Il ne s’agissait pas de comprendre, encore moins de dialoguer. Il fallait “pacifier”, “nettoyer”, “maintenir l’ordre”.
Aujourd’hui, c’est au nom des mêmes mots d’ordre que la voix palestinienne est étouffée. Le Palestinien qui résiste est taxé de “terroriste”, la militante de propagandiste, le journaliste d’agent infiltré. La stratégie reste la même : délégitimer une cause pour mieux criminaliser une lutte. Peut-on négocier avec une “menace existentielle” ? Hier comme aujourd’hui, la réponse est non : on frappe, on détruit, on justifie après.
On évoque sans cesse le Hamas, comme s’il résumait à lui seul la question palestinienne. Mais avant lui, c’est l’OLP – pourtant laïque, nationaliste et longtemps reconnue par la communauté internationale – qui fut ciblée de la même manière. Comme le FLN, elle portait un projet politique, un horizon national, une revendication d’existence. Elle fut combattue, non pour ses méthodes, mais pour ce qu’elle incarnait : la contestation d’un ordre colonial.
Ce qui se joue en Palestine n’est pas une tragédie isolée, mais une répétition presque scolaire du théâtre colonial : déshumaniser l’occupé, criminaliser la résistance, inverser les rôles. L’occupant devient victime, l’occupé agresseur. N’est-ce pas là le même tour de passe-passe idéologique qui justifiait les “opérations de maintien de l’ordre” en Algérie ? À Gaza comme à Alger, hier, les bombardements se parent du langage technocratique de la sécurité. Et les voix dissidentes – écrivains, juristes, artistes – sont réduites au silence ou poursuivies.
L’histoire, pourtant, a déjà tranché. Elle a donné tort aux colonisateurs, aux artisans du mensonge d’État, aux théoriciens du “terrorisme” généralisé. Les luttes de libération, malgré leurs ambivalences, finissent toujours par faire éclater la vérité. L’Algérie indépendante a surgi des ruines du déni. Les discours qui la traitaient de menace ont sombré dans l’oubli.
Reconnaître l’État de Palestine aujourd’hui, ce n’est pas choisir un camp idéologique. C’est rompre avec la logique coloniale. C’est affirmer qu’aucune paix durable ne peut naître du déni. C’est reconnaître, enfin, qu’un peuple qui lutte pour exister ne peut être éternellement réduit à la figure de l’ennemi.
Il ne tient qu’à nous d’en tirer les leçons et de faire un choix : la justice ou l’amnésie, la lucidité ou la répétition.
Du FLN à l’OLP : les vieilles ficelles de la guerre coloniale
Parler de la Palestine aujourd’hui, c’est se heurter à un mur de sophismes : toute critique de l’occupation devient complicité terroriste, tout soutien au peuple palestinien un soupçon d’antisémitisme, toute dénonciation du colonialisme israélien une menace à l’ordre moral occidental. Cette mécanique n’est pas nouvelle. Elle a une généalogie que l’histoire connaît bien : celle des guerres coloniales, en particulier celle de la guerre d’Algérie.
De 1954 à 1962, la France a mené une guerre sans merci pour préserver son empire nord-africain, au nom de la civilisation, de la sécurité, de la lutte contre le “terrorisme” et, surtout, au nom du refus du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Un système de suspicion généralisée s’est installé : l’Algérien aspirant à la liberté était un ennemi ; l’intellectuel français solidaire, un traître. Il ne s’agissait pas de comprendre, encore moins de dialoguer. Il fallait “pacifier”, “nettoyer”, “maintenir l’ordre”.
Aujourd’hui, c’est au nom des mêmes mots d’ordre que la voix palestinienne est étouffée. Le Palestinien qui résiste est taxé de “terroriste”, la militante de propagandiste, le journaliste d’agent infiltré. La stratégie reste la même : délégitimer une cause pour mieux criminaliser une lutte. Peut-on négocier avec une “menace existentielle” ? Hier comme aujourd’hui, la réponse est non : on frappe, on détruit, on justifie après.
On évoque sans cesse le Hamas, comme s’il résumait à lui seul la question palestinienne. Mais avant lui, c’est l’OLP – pourtant laïque, nationaliste et longtemps reconnue par la communauté internationale – qui fut ciblée de la même manière. Comme le FLN, elle portait un projet politique, un horizon national, une revendication d’existence. Elle fut combattue, non pour ses méthodes, mais pour ce qu’elle incarnait : la contestation d’un ordre colonial.
Ce qui se joue en Palestine n’est pas une tragédie isolée, mais une répétition presque scolaire du théâtre colonial : déshumaniser l’occupé, criminaliser la résistance, inverser les rôles. L’occupant devient victime, l’occupé agresseur. N’est-ce pas là le même tour de passe-passe idéologique qui justifiait les “opérations de maintien de l’ordre” en Algérie ? À Gaza comme à Alger, hier, les bombardements se parent du langage technocratique de la sécurité. Et les voix dissidentes – écrivains, juristes, artistes – sont réduites au silence ou poursuivies.
L’histoire, pourtant, a déjà tranché. Elle a donné tort aux colonisateurs, aux artisans du mensonge d’État, aux théoriciens du “terrorisme” généralisé. Les luttes de libération, malgré leurs ambivalences, finissent toujours par faire éclater la vérité. L’Algérie indépendante a surgi des ruines du déni. Les discours qui la traitaient de menace ont sombré dans l’oubli.
Reconnaître l’État de Palestine aujourd’hui, ce n’est pas choisir un camp idéologique. C’est rompre avec la logique coloniale. C’est affirmer qu’aucune paix durable ne peut naître du déni. C’est reconnaître, enfin, qu’un peuple qui lutte pour exister ne peut être éternellement réduit à la figure de l’ennemi.
Il ne tient qu’à nous d’en tirer les leçons et de faire un choix : la justice ou l’amnésie, la lucidité ou la répétition.
Parler de la Palestine aujourd’hui, c’est se heurter à un mur de sophismes : toute critique de l’occupation devient complicité terroriste, tout soutien au peuple palestinien un soupçon d’antisémitisme, toute dénonciation du colonialisme israélien une menace à l’ordre moral occidental. Cette mécanique n’est pas nouvelle. Elle a une généalogie que l’histoire connaît bien : celle des guerres coloniales, en particulier celle de la guerre d’Algérie.
De 1954 à 1962, la France a mené une guerre sans merci pour préserver son empire nord-africain, au nom de la civilisation, de la sécurité, de la lutte contre le “terrorisme” et, surtout, au nom du refus du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Un système de suspicion généralisée s’est installé : l’Algérien aspirant à la liberté était un ennemi ; l’intellectuel français solidaire, un traître. Il ne s’agissait pas de comprendre, encore moins de dialoguer. Il fallait “pacifier”, “nettoyer”, “maintenir l’ordre”.
Aujourd’hui, c’est au nom des mêmes mots d’ordre que la voix palestinienne est étouffée. Le Palestinien qui résiste est taxé de “terroriste”, la militante de propagandiste, le journaliste d’agent infiltré. La stratégie reste la même : délégitimer une cause pour mieux criminaliser une lutte. Peut-on négocier avec une “menace existentielle” ? Hier comme aujourd’hui, la réponse est non : on frappe, on détruit, on justifie après.
On évoque sans cesse le Hamas, comme s’il résumait à lui seul la question palestinienne. Mais avant lui, c’est l’OLP – pourtant laïque, nationaliste et longtemps reconnue par la communauté internationale – qui fut ciblée de la même manière. Comme le FLN, elle portait un projet politique, un horizon national, une revendication d’existence. Elle fut combattue, non pour ses méthodes, mais pour ce qu’elle incarnait : la contestation d’un ordre colonial.
Ce qui se joue en Palestine n’est pas une tragédie isolée, mais une répétition presque scolaire du théâtre colonial : déshumaniser l’occupé, criminaliser la résistance, inverser les rôles. L’occupant devient victime, l’occupé agresseur. N’est-ce pas là le même tour de passe-passe idéologique qui justifiait les “opérations de maintien de l’ordre” en Algérie ? À Gaza comme à Alger, hier, les bombardements se parent du langage technocratique de la sécurité. Et les voix dissidentes – écrivains, juristes, artistes – sont réduites au silence ou poursuivies.
L’histoire, pourtant, a déjà tranché. Elle a donné tort aux colonisateurs, aux artisans du mensonge d’État, aux théoriciens du “terrorisme” généralisé. Les luttes de libération, malgré leurs ambivalences, finissent toujours par faire éclater la vérité. L’Algérie indépendante a surgi des ruines du déni. Les discours qui la traitaient de menace ont sombré dans l’oubli.
Reconnaître l’État de Palestine aujourd’hui, ce n’est pas choisir un camp idéologique. C’est rompre avec la logique coloniale. C’est affirmer qu’aucune paix durable ne peut naître du déni. C’est reconnaître, enfin, qu’un peuple qui lutte pour exister ne peut être éternellement réduit à la figure de l’ennemi.
Il ne tient qu’à nous d’en tirer les leçons et de faire un choix : la justice ou l’amnésie, la lucidité ou la répétition.
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