« Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde. » Le cri de Bertolt Brecht dans « La résistible ascension d’Arturo Ui », résonne de manière inquiétante à l’heure où le salut nazi refait surface dans nos sociétés. La récente avancée de l’extrême droite allemande, avec le parti Alternative für Deutschland (AfD) atteignant 20,8 % des voix lors des élections fédérales du 23 février, illustre une dynamique préoccupante. Ce parti néo-nazi soutenu par des figures influentes comme Elon Musk, s’affirme comme la seconde force politique, surtout dans les anciennes régions est-allemandes.
Face à une conjoncture marquée par des guerres, des crises économiques, climatiques et une remise en cause de la démocratie et des droits humains, le terreau est fertile pour des idéologies fascistes. Robert O. Paxton, dans « Anatomie du fascisme », décrit un processus d’arrivée du fascisme en cinq étapes.
La Montée du Fascisme en cinq étapes
- Émergence : La crise, terreau du radicalisme. Paxton note que le fascisme jaillit lorsque la démocratie perd sa crédibilité. La crise de 2008 a exacerbé les inégalités et la méfiance envers les élites, favorisant des mouvements comme le Tea Party aux États-Unis et une rhétorique anti-immigrés en Europe.
- Enracinement : La banalisation du discours extrémiste. L’élection de Trump en 2016 a été décisive, tout comme l’ascension de leaders tels que Bolsonaro et Orbán. En France, des personnalités comme Zemmour et Le Pen normalisent des concepts extrêmes, remettant en question l’État social.
- Accès au pouvoir : L’alliance avec la droite modérée. Des figures comme Hitler ont accédé au pouvoir grâce à des compromis avec la droite.
- Exercice du pouvoir : La mise en œuvre d’un agenda radical. Les promesses de Trump de déportations massives et les actions d’Orbán en Hongrie illustrent cette tendance. En France, le Rassemblement National envisage une « révolution nationale » en 100 jours qui pourrait bouleverser les fondements de la démocratie. Avoir pris pour slogan « Citoyenneté, Identité, Immigration » est le summum de la perversité.
- Radicalisation ou stagnation : Le choix d’un régime fasciste entre répression et autoritarisme. L’histoire montre que des régimes peuvent choisir différentes voies, mais les signaux actuels sont alarmants, avec des attaques contre les libertés publiques en France et ailleurs.
Les États-Unis, aujourd’hui, semblent glisser du stade 3 vers le stade 4, où le pouvoir fasciste s’exerce sans détours. Le retour de Donald Trump à la présidence en novembre 2024 a marqué un tournant crucial. Ce n’est plus seulement un populiste ; sa gouvernance se teinte d’une radicalité alarmante, avec des mesures autoritaires et des discours évoquant les périodes les plus sombres de l’histoire.
En Europe, l’influence croissante des partis d’extrême droite est palpable, certains accédant au pouvoir, comme en Italie et aux Pays-Bas, tandis que d’autres gagnent en poids au fil des élections.
L’Inacceptable et la Tolérance Zéro
Les gestes nazis ne sont pas de simples « ambiguïtés », et les menaces de Trump doivent être prises au sérieux. Que chacun prenne ses responsabilités, les médias doivent cesser de minimiser ces dérives. Il est temps d’écouter la voix de ceux qui à droite disent à leurs dirigeants nous nous perdons et nous disparaitrons en essayant d’aller sur le terrain de l’extrême-droite. Être au clair et refuser la logique du “oui, mais” est essentiel pour éviter la banalisation des extrêmes, à droite comme à gauche par ailleurs.
Fascisme 2.0 : Un Nouveau Visage, Un Même Danger
Le fascisme d’aujourd’hui prend de nouvelles formes, mais ses mécanismes restent similaires : il manipule les réalités, exploite les peurs, désigne des boucs émissaires et affaiblit les contre-pouvoirs. La lutte n’est pas perdue, mais nécessite une prise de conscience collective pour contrer cette menace grandissante. A droite comme à gauche une opposition ferme est impérative avant qu’il ne soit trop tard.
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