A l’ère de la mondialisation et des réseaux sociaux le populisme représente la plus grande menace pour les démocraties. Il s’est imposé ces dernières années comme une tendance politique majeure, de l’Amérique latine à l’Europe en passant par les États-Unis, l’Afrique et l’Asie. Ses figures emblématiques comme Bolsonaro, Duterte, Erdogan, Farage, Kaczyńskise, Khan, Le Pen, Maduro, Milei, Modi, Netanyahou, Orbán, Poutine, Rajapakshe, Salvini, Thakshin, Trump et j’en passe se positionnent en sauveurs de leurs pays au nom du « peuple » face à des « élites » perçues comme des traitres corrompus et déconnectés de la réalité.
Il est frappant de constater à quel point, malgré la différence des situations et des pays, ils partagent tous la même rhétorique en établissant une opposition manichéenne entre « le peuple » et « l’establishment ». Si le pays est en danger avancent-ils, c’est de la faute des traitres de l’intérieur et des ennemis de l’extérieur. Les dirigeants populistes remettent en cause les principes des démocraties représentatives, ils s’en prennent aux institutions démocratiques, la liberté de la presse, de la justice et s’ne prennent aux corps intermédiaires, prônant une conception de la souveraineté populaire qui les affranchit des contre-pouvoirs.
Leur rhétorique, empreinte de nationalisme et de références identitaires, résonne auprès de populations fragilisées par les crises économiques, les inégalités et un sentiment d’impuissance politique. Devant un problème ils prennent instantanément des décisions spectaculaires qui donnent l’illusion d’une efficacité, en réalité une fois l’effet d’annonce dépassé, il n’en reste rien.
Les dynamiques populistes sont alimentées par des facteurs complexes, à la fois économiques, sociaux et culturels. Les enjeux d’identité nationale et culturelle, exploités par les leaders populistes, reflètent des crises de repères face à la mondialisation et aux transformations sociales.
Les inégalités, le chômage et la précarité engendrent aussi un ressentiment que ces dirigeants savent capter à leur profit, en s’appuyant sur un faible niveau de confiance des citoyens envers les institutions et les élites. Les réseaux sociaux jouent également un rôle déterminant dans la diffusion de leurs discours simplistes et clivants.
Les effets des dérives populistes peuvent s’avérer désastreux : érosion des institutions démocratiques, polarisation sociale accrue, gouvernance inefficace. C’est situation est née du fait de l’incapacité des démocraties à s’adapter aux nouvelles réalités sociales, politiques, médiatiques et économique. Face à ces défis, un travail de longue haleine s’impose. Il nous faut :
- Renforcer l’État de droit et la séparation des pouvoirs pour protéger les contre-pouvoirs.
- Défendre la liberté de la presse et le pluralisme médiatique et apprendre à se protéger des fakenews et autres manipulations des faits.
- Promouvoir une éducation citoyenne favorisant l’esprit critique et la compréhension des enjeux complexes.
- Encourager le dialogue et la participation de tous les groupes sociaux, notamment les plus vulnérables.
- Renouveler l’offre politique traditionnelle en proposant des solutions concrètes aux défis économiques et sociaux, basées sur la confiance et la solidarité
La lutte contre le populisme est une responsabilité partagée. Elle passe par une compréhension fine de ses dynamiques, à la fois économiques, sociales et culturelles, et la mise en place de stratégies globales impliquant l’ensemble des acteurs de la société. C’est à ce prix que les démocraties pourront relever ce défi majeur du XXIe siècle.
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