Depuis plus de 120 ans, la Palestine et ses habitants ont enduré des souffrances incommensurables au gré des guerres et des colonisations successives. La terre que l’on qualifie de sainte a été le théâtre de violences insupportables, entre la colonisation ottomane, britannique et israélienne. Les Palestiniens, en tant que peuple, ont été victimes d’injustices inqualifiables. Aujourd’hui, la colonisation sioniste se révèle être la plus dévastatrice.
Cette colonisation ne se contente pas de déposséder les Palestiniens, elle cherche à effacer leur identité palestinienne même. Avec le soutien des grandes puissances occidentales et la complicité de régimes arabes corrompus, cette colonisation a méthodiquement spolié, expulsé et fragmenté la société palestinienne, agissant avec une impunité choquante.
La distorsion de la réalité historique a réussi un certain temps à convaincre que le peuple Palestine et la Palestine n’existaient pas. La déshumanisation actuelle des habitants de Gaza a permis le massacre de 70 000 personnes, la destruction de villes sous les regards du monde. Des femmes, des enfants et des hommes, deux millions de terroristes, voilà ce que la propagande a réussi à faire croire au monde. Une police de la pensée a fait reprendre à des chefs d’état occidentaux des mots, des idées, des fake news et a interdit l’usage d’autres. Cette police de la pensée s’est installée dans les médias, dans les institutions. L’accusation antisémite fuse à la moindre réserve exprimée sur la politique d’un gouvernement d’extrême-droite israélien.
Des amis de longues dates, juifs, des personnes de grande qualité intellectuelle deviennent intolérant dès qu’on aborde le sujet de la guerre à Gaza. Pour les politiciens occidentaux, l’adhésion au projet sioniste est devenue une condition préalable de respectabilité. Le président d’une grande puissance a même exigé que les Palestiniens reconnaissent le sionisme pour être acceptés à la table des négociations, en cas de refus ils étaient accusés d’antisémitisme.
Est-il offensant de rappeler que le sionisme n’est qu’une idéologie politique qui est relativement récente puisque ces racines remontent au 19e siècle, à une époque où l’Angleterre impériale nourrit une lecture littérale de la Bible. Des penseurs comme George Stanley Faber ont plaidé dès 1807 pour la « restauration » des Juifs en Palestine, posant ainsi les bases d’une idéologie qui influencerait de nombreuses personnalités au fil des décennies.
Un rapport de 1907, remis au Premier ministre britannique, mettait en lumière les dangers que les populations arabo-musulmanes pouvaient représenter. Les arabes devaient être divisés et soumis. Ce document recommandait des mesures qui sont devenues une réalité actuellement. Il préconisait l’occurrence textuellement d’encourager les dissensions entre les tribus arabes, de créer des micro-États dépendants des puissances coloniales. Fragmenter les sociétés arabes mais aussi implanter une colonie occidentale dans la région.
Les événements ont pris une tournure décisive pendant la Première Guerre mondiale, notamment avec les échanges secrets entre le chérif Hussein et sir Henry Mac-Mahon. Malgré les promesses d’indépendance, la Palestine a été laissée dans une zone d’ambiguïté qui allait alimenter les conflits futurs.
L’accord Sykes-Picot de 1916, qui a partagé le Moyen-Orient, a trahi les promesses faites aux Arabes, illustrant la duplicité des puissances coloniales. La déclaration Balfour de 1917 a ensuite ajouté une nouvelle couche à cette dynamique, soutenant l’établissement d’un « foyer national juif » en Palestine tout en ignorant les droits des Palestiniens.
Les événements qui ont suivi, marqués par des révoltes et des conflits, ont démontré que les ambitions coloniales et les aspirations à l’autodétermination des Palestiniens étaient irréconciliables. La Palestine est devenue le symbole d’une résistance face à l’oppression.
La Déclaration Balfour de 1917 a promis un foyer national juif, ignorant les droits des Arabes. Après la guerre, le Mandat britannique a renforcé cette dynamique coloniale, menant à la révolte palestinienne de 1929 et à un plan d’expulsion systématique en 1948, qui a déraciné près de 800 000 Palestiniens.
Aujourd’hui des voix s’élèvent, même en Israël, pour reconnaitre le nettoyage ethnique de 1948 constitue. Une réconciliation réelle entre Palestiniens et Israéliens sans reconnaissance des torts faits au peuple Palestiniens et sans reconnaissances des droits des Palestiniens à vivre en paix dans les frontières internationalement reconnues. La lutte pour la liberté, la justice et l’égalité des Palestiniens doit devenir une priorité pour la communauté internationale.
Laisser un commentaire