L’histoire des peuples opprimés est souvent marquée par des récits de dépossession matérielle et culturelle, de marginalisation et de résistance qui se ressemblent.
Parmi ces luttes, deux se distinguent par leur résonance tragique : celle des Amérindiens, confrontés à la colonisation européenne des Amériques, et celle des Palestiniens, face à l’expansion israélienne.
Bien que séparés par des siècles et des continents, ces deux peuples partagent une expérience commune d’injustice historique et un combat pour la reconnaissance de leurs droits. Une dépossession systématique.
Le parallèle entre la colonisation de l’Amérique et celle de la Palestine repose sur des mécanismes analogues. En Amérique, dès l’arrivée des Européens, les populations autochtones ont été progressivement dépouillées de leurs terres, d’abord par des traités inéquitables, puis par la force. Par exemple, le « Trail of Tears » (1831-1850) a entraîné la déportation forcée de plus de 100 000 Amérindiens de leurs terres ancestrales, causant la mort de milliers d’entre eux. Cette dynamique s’est poursuivie par des politiques de déplacements forcés et de confinement dans des réserves, réduisant les terres amérindiennes de 1,5 milliard d’acres à seulement 56 millions aujourd’hui.
De manière similaire, en Palestine, l’immigration juive, encouragée par la déclaration Balfour en 1917 et le mouvement sioniste, a conduit à une appropriation croissante des terres arabes par les juifs ashkénazes initialement. Ce projet de colonisation s’est inscrit initialement dans le projet Européen de partage des pays du sud par les pays du nord. La chute de l’empire Ottoman après la seconde guerre mondiale offrant sur un plateau tout le Moyen-Orient à l’Europe.
La Nakba (1948) a entraîné l’expulsion de plus de 800 000 Palestiniens de leurs foyers, et la guerre de juin 1967 a déplacé des centaines de milliers d’autres.
Aujourd’hui, les colonies israéliennes continuent de grignoter les terres palestiniennes en Cisjordanie.
Une propagande pour un effacement culturel programmé
Au-delà de la perte territoriale, les Amérindiens et les Palestiniens ont dû faire face à une tentative d’effacement de leur identité et de leur culture.
En Amérique, les politiques d’assimilation forcée visaient à anéantir les traditions autochtones, avec des générations d’enfants placées dans des pensionnats où leur langue et leurs coutumes étaient prohibées.
Entre 1819 et 1969, des dizaines de milliers d’enfants amérindiens ont été retirés de force de leurs familles et placés dans des pensionnats, où ils étaient souvent victimes d’abus physiques et psychologiques.
En Palestine, le patrimoine culturel arabe a également été ciblé : destruction de villages, changement de noms de lieux, réécriture ou appropriation de l’héritage culturel. Par exemple, plus de 500 villages palestiniens ont été détruits depuis 1948, et de nombreux sites historiques ont été renommés en hébreu.
Médias, propagande et conflit armé
La propagande, parfois qualifiée de diplomatie publique, vise à diffuser des informations afin d’influencer la perception du public. Une telle propagande peut transmettre des faits, des mensonges ou tout entre les deux. La propagande de l’État israélien est appelée hasbara (littéralement « explication »).
Des universitaires ont affirmé pendant des décennies que, malgré l’abondance d’informations auxquelles nous sommes exposés, la plupart des individus n’en extraient qu’une petite partie, et encore moins de connaissances et de compréhension. Ce phénomène a été qualifié dès les années 1990 de « destruction de l’intelligence politique » en raison des manipulations des médias modernes. Des acteurs rédigent et diffusent des informations qui s’inscrivent dans leurs intérêts divergents (politiques, économiques ou idéologiques). Le problème principal n’est pas les « fake news », mais plutôt le fait que de nombreuses informations sont utilisées hors contexte et transformées en armes pour servir ces intérêts, entraînant la désinformation et la propagande.
Une partie de la propagande israélienne est institutionnalisée à travers l’appareil d’État. Israël se distingue des démocraties occidentales en ce qu’il dispose d’une censure militaire qui exige légalement que tout article sur des questions de sécurité soit d’abord soumis à son approbation. Lorsque le censeur intervient, les médias ne peuvent pas informer les lecteurs de ces modifications. Le Premier ministre israélien a également poussé le chef censeur de l’armée à intervenir dans des cas supplémentaires, y compris sans justification de sécurité. Dans un cas similaire, un site Web créé par le ministère israélien de la Hasbara et destiné à la consommation internationale a été bloqué en Israël.
L’État d’Israël achète une couverture médiatique positive dans les médias internationaux depuis 2018.
Dès 2017, le gouvernement israélien a investi des dizaines, voire des centaines, de millions de shekels pour créer un réseau d’organisations à travers lesquelles il pouvait transmettre ses messages de propagande, initialement contre la délégitimation d’Israël et le mouvement BDS. Contrairement à la propagande traditionnelle, cette propagande est menée par des organisations civiles plutôt que gouvernementales, et son lien avec l’État est caché aux consommateurs. Le ministère israélien des Affaires de la diaspora supervise plusieurs entreprises censées mener de telles opérations pour éviter d’impliquer Israël dans une crise diplomatique. En 2024, Israël a acquis un système technologique d’influence de masse pour créer du contenu en ligne, et des startups ont également tenté d’influencer le discours.
En dehors d’Israël, de nombreux médias établis blanchissent l’image d’Israël par divers moyens. Un ancien employé de la Société Radio-Canada a raconté les difficultés rencontrées pour tout reportage sur la Palestine, notamment l’annulation d’interviews, la permission de répéter des affirmations pro-israéliennes fausses, le refus de discussions sur des sujets délicats, l’absence de contexte, l’édition de matériel controversé, l’ajout de clauses de non-responsabilité, la suppression d’informations sur les intervenants palestiniens, et l’ignorance de déclarations génocidaires d’officiels israéliens. Cela était lié à des campagnes de plaintes de groupes de pression de droite, créant un effet de refroidissement. L’influence sur les médias provient aussi d’élites économiques puissantes, comme un groupe discutant d’une campagne de 50 millions de dollars pour présenter le Hamas comme terroriste.
Suivant un modèle des guerres précédentes à Gaza, la guerre actuelle a été rendue possible et facilitée par d’importants efforts médiatiques pour façonner le discours en Israël et dans l’Ouest. Israël maintient un contrôle important sur l’attention médiatique, notamment aux États-Unis. Sa stratégie de guerre de l’information s’est concentrée sur quatre axes :
- souligner les horreurs du 7 octobre ;
- discréditer les voix critiques ;
- limiter le flux d’informations de Gaza ; et
- rallier le public israélien.
Souligner les horreurs du 7 octobre
Immédiatement après, Israël a lancé une vaste campagne publicitaire pour mettre l’accent sur les horreurs du 7 octobre. Des analyses ont révélé qu’Israël a « inondé » les réseaux sociaux d’au moins 70 publicités graphiques, dont certaines ont été supprimées pour violence. En moins de deux semaines, Israël a ciblé l’Europe occidentale avec 88 publicités, dépensant 7,1 millions de dollars pour près d’un milliard d’impressions. Certaines publicités pro-israéliennes perturbantes ont même été diffusées dans des jeux vidéo familiaux. Au premier mois, le ministère israélien des Affaires étrangères estimait avoir atteint 2 milliards de personnes. Aux États-Unis, les organisations pro-israéliennes ont dépensé plus de 2,2 millions de dollars en publicités en ligne, soit 100 fois plus que les groupes pro-palestiniens.
Malgré les véritables horreurs, les responsables israéliens ont partagé du contenu rapidement démenti comme peu fiable ou faux. La plupart des médias israéliens n’ont pas informé le public des réfutations. Le Premier ministre israélien a lui-même déclaré des contre-vérités au président Biden. D’autres histoires, comme un bébé dans un four, ont également été promues puis démenties.
Une chercheuse a reçu un prix pour son travail d’enquête sur les viols, bien qu’elle n’ait jamais publié de rapport et ait été critiquée pour sa méthodologie.
Discréditer les voix critiques
Israël a aussi discrédité les voix critiques, notamment en les accusant d’antisémitisme, une tactique utilisée depuis longtemps. Lorsqu’Amnesty International a affirmé que les deux parties avaient commis des crimes de guerre, Israël l’a attaqué pour antisémitisme. Israël et ses médias ont également attaqué l’activiste Greta Thunberg pour son appel à un cessez-le-feu. Les partisans d’un cessez-le-feu ont été qualifiés de « pro-Hamas » ou « pro-Palestiniens ».
Les responsables israéliens ont accusé des photographes de travailler pour le Hamas, sans preuves. Lorsque le procureur de la CPI a voulu émettre des mandats, le Premier ministre israélien l’a comparé à des juges nazis.
Limiter les informations de Gaza
Israël tente de contrôler les reportages médiatiques sur Israël pour servir sa propagande. Il n’a pas permis aux journalistes internationaux d’entrer indépendamment à Gaza, limitant la capacité du monde à constater le coût de la guerre. Le censeur militaire a également interdit aux journalistes de couvrir certains sujets sans autorisation préalable.
Rallier le public israélien
Pour rallier le public israélien, Israël a fortement limité les discours publics acceptables. La police a réprimé les manifestations anti-guerre avec violence, entrant dans des domiciles et confisquant du matériel. Les citoyens palestiniens d’Israël n’ont pas été autorisés à manifester au début. La liberté d’expression a été considérablement restreinte, en particulier pour cette population.
Discours israélien et déshumanisation de l’ennemi
Déshumanisation dans les institutions israéliennes et l’armée israélienne (IDF)
Le massacre des Palestinien a été rendu possible par la déshumanisation constante des Palestiniens, en premier lieu ceux vivant à Gaza, abordée dans cette section, ainsi que le langage et la pratique qui les rendent éloignés, inaccessibles ou absents pour la population juive israélienne (à ce sujet, voir la section sur les médias et la propagande ci-dessous).
Cette déshumanisation a progressé depuis le sommet de l’État israélien. Le Premier ministre d’Israël a décrit le conflit comme « une lutte entre les enfants de la lumière et les enfants des ténèbres, entre l’humanité et la loi de la jungle », a déclaré que « cette guerre est la civilisation contre la barbarie » et a défini la guerre comme une bataille contre l’Amalec biblique dans un discours et dans une lettre qu’il a envoyée aux soldats de l’armée israélienne. La Bible ordonne d’anéantir complètement l’Amalec : hommes, femmes, enfants et bétail. Le président d’Israël a déclaré qu’Israël ne faisait pas de distinction entre les militants et les civils, « c’est toute une nation là-bas qui est responsable ». Il a également personnellement écrit un message sur un obus d’artillerie devant être tiré sur Gaza. Le ministre de la Défense d’Israël a décrit les Palestiniens de Gaza comme des « animaux humains ». Au moins cinq autres ministres du gouvernement ont fait des déclarations similaires jusqu’en mai. Le ministre de la Sécurité nationale a dit aux troupes de la police aux frontières qu’elles devraient tirer sur les terroristes même si ces derniers ne les menaçaient pas, contre la procédure. La ministre de l’Égalité sociale et de l’Avancement des femmes a affirmé qu’elle était fière des ruines à Gaza et que chaque bébé là-bas, même dans 80 ans, racontera à ses petits-enfants ce que les Juifs ont fait. Fin mars, elle a déclaré que la guerre d’Israël était contre les Amalécites « de notre époque » dans le contexte explicite de l’obligation religieuse d’exterminer l’Amalec. Un député du parti au pouvoir a déclaré à la télévision qu’on lui avait dit « il est clair que nous devons détruire [ou anéantir, selon la traduction de להשמיד] tous les Gazaouis ». D’autres politiques ont fait de même. L’ambassadeur d’Israël au Royaume-Uni a justifié la destruction de Gaza parce que « chaque école, chaque mosquée, chaque deuxième maison » était connectée à un tunnel utilisé par le Hamas et était donc une cible légitime. En mars, un ancien général a décrit les habitants des trois zones dont Israël s’est retiré (Gaza, Cisjordanie et Liban) comme des « animaux humains ». Jusqu’à la mi-avril, le ministre des Finances d’Israël a déclaré qu’il y avait « 2 millions de nazis à Gaza qui veulent massacrer, violer et assassiner chaque Juif ». Début mai, un responsable du Likud a déclaré qu’ »il n’y a pas de civils impliqués là-bas, vous devez y aller et tuer, tuer et tuer ».
Les institutions de l’appareil de sécurité israélien ont à plusieurs reprises déshumanisé les Palestiniens. L’armée israélienne a exploité une chaîne Telegram (« 72 Vierges – Non censuré ») qui a fait de la propagande auprès des audiences israéliennes à travers des vidéos et des images « exclusives » explicites et non censurées montrant des meurtres et des cadavres à Gaza, utilisant un langage explicite qui compare également les Gazaouis à des cafards et des rats. L’armée israélienne a publié une série de huit volumes de poésie contenant des poèmes de civils, de soldats (y compris le commandant du Corps de l’Éducation de l’armée israélienne) et de réservistes – contenant de nombreux thèmes de vengeance ainsi que des poèmes qui traitent de la guerre comme d’une guerre religieuse. Des réservistes ont affirmé que l’armée israélienne avait fait venir des rabbins en uniforme pour s’adresser aux soldats. Au moins l’un d’entre eux a déclaré que tous les Gazaouis devaient être tués, y compris les bébés. Une attitude similaire, appelant à l’extermination de tous les Gazaouis, y compris les enfants, ou à leur nettoyage ethnique, a été exprimée par des dizaines d’officiers de rang intermédiaire dans leurs comptes de médias sociaux – parfois en prétendant que c’est la chose morale à faire. En janvier, plus de 130 généraux et colonels de réserve servant à Gaza ont appelé l’armée à assiéger la bande de Gaza du Nord, à bloquer l’aide humanitaire et à arrêter le fonctionnement de tout hôpital. Mi-mars, l’appareil de sécurité israélien a tenté de renvoyer à Gaza environ 20 enfants et adultes gazaouis souffrant de conditions débilitantes comme le cancer et recevant des traitements salvateurs dans des hôpitaux de Jérusalem-Est et d’Israël. La décision a été retardée après qu’une pétition de l’organisation caritative Médecins pour les droits de l’homme a été adressée à la Cour suprême israélienne. En avril, l’armée israélienne a semé de faux billets d’argent dans la bande de Gaza avec un portrait du dirigeant local du Hamas représenté comme un rat.
En mai, l’armée israélienne a lancé une campagne ouverte de chantage envers les Gazaouis à travers des tracts largués par avion et un site Web dédié. La campagne a ciblé les Gazaouis qui avaient fourni des informations sur leurs voisins – y compris leur orientation sexuelle ou leurs relations extraconjugales – aux forces de sécurité du Hamas. Les tracts contenaient les images et les pièces d’identité de 130 hommes qui étaient ces informateurs supposés (certains étaient clairement mineurs). Il a appelé d’autres informateurs à contacter l’armée israélienne, et dans l’intervalle a commencé à publier les informations personnelles présumées de ces informateurs gazaouis. Le site Web a fourni aux Gazaouis des informations sur le fait qu’ils étaient ou non la cible de cette surveillance. Ces informations auraient été tirées de centaines de milliers d’enregistrements internes du Hamas.
Déshumanisation dans l’armée israélienne (IDF)
La déshumanisation des Palestiniens est maintenant normative, omniprésente et évidente dans de nombreuses centaines d’images et de vidéos, presque toutes téléchargées par des soldats de l’armée israélienne sur les réseaux sociaux. Ces vidéos et images présentent le tir sur des civils agitant des drapeaux blancs, les abus d’individus, de captifs et de cadavres, se réjouissant de la destruction ou de la destruction de maisons, de diverses structures et institutions, de sites religieux et du pillage d’effets personnels, ainsi que le tir au hasard de leurs armes, tirant sur des animaux locaux, détruisant des biens privés, brûlant des livres dans des bibliothèques, dégradant des symboles palestiniens et islamiques (y compris la brûlure de Corans et la transformation de mosquées en espaces de restauration) et déclarant une nouvelle Nakba.
La déshumanisation des Palestiniens est maintenant normative, omniprésente et évidente dans de nombreuses centaines d’images et de vidéos, presque toutes téléchargées par des soldats de l’armée israélienne sur les réseaux sociaux. Ces vidéos et images présentent le tir sur des civils agitant des drapeaux blancs, les abus d’individus, de captifs et de cadavres, se réjouissant de la destruction ou de la destruction de maisons, de diverses structures et institutions, de sites religieux et du pillage d’effets personnels, ainsi que le tir au hasard de leurs armes, tirant sur des animaux locaux, détruisant des biens privés, brûlant des livres dans des bibliothèques, dégradant des symboles palestiniens et islamiques (y compris la brûlure de Corans et la transformation de mosquées en espaces de restauration) et déclarant une nouvelle Nakba.
Par exemple, une vidéo montre des dizaines de captifs palestiniens de Gaza assis dans un bus, les mains liées et les yeux bandés. Un soldat israélien leur demande alors de louer sa famille et de déclarer qu’ils veulent devenir les esclaves de sa famille « pour toujours et à jamais ». Un autre témoignage d’un médecin gazaoui indique que le directeur détenu du complexe médical Al-Shifa a été forcé de ramper comme un animal, a eu une chaîne placée autour du cou et a été contraint de manger dans un bol comme un chien. Un détenu gazaoui a déclaré que des soldats de l’armée israélienne avaient placé des femmes détenues de Gaza dans la section des hommes alors qu’elles étaient complètement nues, et avaient coupé les cheveux de certaines d’entre elles. Une femme palestinienne détenue a raconté son histoire sur les abus et l’humiliation qu’elle a subis pendant sa détention, au cours de laquelle elle a été séparée de ses jeunes enfants et battue à plusieurs reprises par des soldats de l’armée israélienne qui l’ont également menacée de l’enterrer vivante. Une femme palestinienne a affirmé que des soldats de l’armée israélienne lui avaient gravé une étoile de David dans le dos pendant sa détention.
Le pillage est devenu normalisé au point qu’un cas a été présenté avec approbation dans un segment d’information du vendredi soir, tandis qu’un canal Telegram d’un journaliste israélien en vue a partagé une image d’une table remplie d’argent avec la légende « Les parachutistes ont fait le gros lot à Khan Younis ».
La vengeance est un thème récurrent dans ce contenu. Certains soldats de l’armée israélienne ont partagé du contenu sur les réseaux sociaux qui comparait explicitement les Gazaouis à l’Amalec biblique, ainsi que des déclarations selon lesquelles ils ont rempli le commandement religieux d’anéantir la mémoire de l’Amalec. D’autres soldats de l’armée israélienne ont ouvert un « Club de la chasse au Hamas », avec un écusson et un logo, et se sont filmés en le tenant avec des détenus palestiniens en arrière-plan. D’autres soldats téléchargent beaucoup de contenu lié à la vengeance et le relient à la destruction de la bande de Gaza, y compris la destruction qu’ils ont eux-mêmes causée.
Déshumanisation dans la société israélienne
Au cours du premier mois de la guerre, environ 18 000 appels à aplatir, effacer ou détruire Gaza ont été mentionnés sur Twitter en hébreu (contre 16 dans le mois et demi précédant la guerre). Des appels similaires apparaissent dans l’espace public, par exemple sous forme de graffitis. En octobre, un conseiller du Premier ministre israélien a appelé à torturer les militants du Hamas de manière graphique. En novembre, 90 médecins israéliens ont signé une lettre appelant à bombarder les hôpitaux de Gaza, tandis que le président de la plus grande université d’Israël a comparé le Hamas à l’Amalec. Un chanteur populaire a utilisé une longue série de jurons contre Gaza lors d’un spectacle pour les soldats israéliens. Au début de janvier, une longue liste de rabbins, d’universitaires et de dix députés ont appelé à l’arrêt de toute aide humanitaire à Gaza. En février, un ancien haut responsable du Mossad et un journaliste important ont convenu que les enfants âgés de 5 ans et plus à Gaza ne sont pas étrangers au conflit et ne méritent donc pas d’aide humanitaire. Le rabbin de Tzefat a comparé les Gazaouis à l’Amalec et a affirmé qu’ils devraient être exterminés.
En avril, 42% des Juifs israéliens ont affirmé qu’Israël ne devrait pas suivre le droit humanitaire international. Un média israélien s’est également réjoui que le nombre de morts « arabes » à Gaza dans la guerre actuelle soit supérieur à toutes les guerres précédentes. Un autre journaliste israélien en vue a déclaré à la télévision en direct : « il n’y a pas de personnes innocentes dans la bande de Gaza, il n’y en a pas… et le fait qu’ils profitent maintenant de la plage au lieu d’être affamés, au lieu d’être malmenés, au lieu d’être gravement tourmentés, au lieu de se cacher des bombardements… Nous aurions dû y voir beaucoup plus de vengeance, beaucoup plus de rivières de sang de Gazaouis ».
Les colons israéliens ont à plusieurs reprises tenté de bloquer l’aide humanitaire entrant à Gaza, y compris en organisant une rave/manifestation juste à l’extérieur du mur frontalier. Après le « massacre de la farine » du 29 février, le ministre israélien de la Sécurité nationale a appelé à « soutenir complètement » toutes les troupes de l’armée israélienne tout en appelant à arrêter toute l’aide humanitaire aux Gazaouis. Certains soldats de l’armée israélienne ont également appelé à arrêter toute aide humanitaire.
La déshumanisation des Palestiniens est étroitement associée à une nette augmentation du militarisme israélien. Les pratiques de rencontres en Israël attestent de ces deux changements. Il est devenu extrêmement courant pour les soldats et les réservistes pendant la guerre de télécharger sur leurs comptes de médias sociaux, y compris sur les applications de rencontres, du contenu lié à la guerre – comme des images d’eux-mêmes en uniforme brandissant des armes, se tenant devant des bâtiments détruits, assis dans des maisons abandonnées, ou se filmant avec des détenus gazaouis.
Effets de la déshumanisation sur les Palestiniens détenus et arrêtés
Des milliers de Palestiniens ont été détenus et transférés dans des camps en Israël. Beaucoup de ces Palestiniens (jusqu’à 85-90% selon les médias israéliens) sont détenus sans aucun lien concret avec le Hamas. Les conditions tout au long du processus d’arrestation et de détention sont épouvantables, comme l’a raconté
Violence et répression : une constante historique
Dans les deux contextes, la colonisation s’est accompagnée d’une violence extrême. En Amérique, les guerres contre les Autochtones ont causé des millions de morts, avec des politiques d’extermination explicites. Aujourd’hui, la répression des Palestiniens s’inscrit dans une logique d’écrasement et d’humiliation, avec l’occupation militaire israélienne, le blocus de Gaza, les exécutions extrajudiciaires et la répression brutale des manifestations. Depuis 2008, des dizaines de milliers de Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes en majorité des civils.
Une lutte qui ne s’éteint pas Malgré des siècles de colonisation et de répression, les Amérindiens et les Palestiniens continuent de résister.
En Palestine, chaque révolte, chaque manifestation et chaque olivier replanté incarnent la détermination d’un peuple à exister.
En Amérique, les mouvements de résistance amérindiens, tels que l’American Indian Movement (AIM), ont lutté pour la reconnaissance des droits et la préservation des cultures autochtones.
L’occupation israélienne de la Cisjordanie dépasse un simple contrôle territorial
Elle s’exprime également à travers une gestion complexe de l’information. À l’aide de stratégies de manipulation, d’intimidation et de répression, des efforts considérables sont mis en œuvre pour établir une domination narrative. Cette dynamique soulève des questions fondamentales concernant la liberté de la presse et la perception du conflit à l’échelle internationale.
En hébreu, le terme *hasbara* (הסברה) signifie « explication » ou « information ». Il désigne l’effort de communication du gouvernement israélien pour justifier et promouvoir ses politiques auprès de l’opinion publique mondiale. Ce processus constitue une forme de diplomatie publique visant à influencer les perceptions et à contrer les critiques à l’égard d’Israël.
Dans un contexte plus large, *hasbara* est souvent associé à des stratégies de relations publiques, voire à de la propagande, notamment dans le cadre du conflit israélo-palestinien. Cela peut inclure des campagnes médiatiques, des interventions sur les réseaux sociaux et des visites organisées pour les journalistes et les influenceurs.
Le contrôle de l’information est au cœur de cette occupation. Les autorités israéliennes mettent en place divers moyens pour encadrer le travail des journalistes. Par exemple, les « Hasbara tours » sont des visites guidées destinées aux correspondants étrangers, leur présentant une image idéalisée de la situation. Lors de ces visites, les journalistes rencontrent des militaires et des responsables politiques, renforçant ainsi le discours sécuritaire israélien. En revanche, d’autres journalistes, en particulier palestiniens, font face à des restrictions d’accès aux zones sensibles, souvent entravés par des points de contrôle. Cela démontre comment le contrôle de l’information façonne la narration médiatique, favorisant une perspective unique.
La diplomatie publique, souvent désignée par le terme *Hasbara*, représente une autre dimension de cette gestion de l’information. Israël déploie des efforts importants pour projeter une image positive sur la scène internationale, mettant en avant ses avancées technologiques et ses réussites culturelles, tout en minimisant les violations des droits humains. Des organisations telles que l‘AIPAC jouent un rôle clé dans l’influence des politiques étrangères des grandes puissances, contribuant ainsi à façonner la perception mondiale du conflit. Ce processus de nation-branding vise à détourner l’attention des critiques et à renforcer une légitimité internationale souvent remise en question.
Cependant, la censure demeure omniprésente, en particulier sur les réseaux sociaux, qui sont devenus des plateformes essentielles pour la diffusion d’informations. Les pratiques de shadow-banning, où la visibilité de contenus critiques est réduite, soulèvent de sérieuses préoccupations quant à la liberté d’expression. Des vidéos documentant des violences contre des Palestiniens sont fréquemment supprimées, illustrant la lutte pour le contrôle des récits. Ce phénomène souligne l’importance des médias numériques dans la quête de vérité, tout en révélant les pressions exercées pour maintenir un récit dominant.
L’intimidation et le chantage s’ajoutent aux défis rencontrés par ceux qui critiquent les politiques israéliennes. Les accusations d’antisémitisme sont souvent utilisées comme des outils de désinformation pour discréditer toute forme d’opposition. Des campagnes publiques et judiciaires sont lancées contre ceux qui osent dénoncer l’occupation, créant ainsi un climat de peur. Cette dynamique contribue à la marginalisation des voix critiques et à la réduction des débats publics sur les enjeux réels du conflit.
Les conséquences de cette gestion de l’information sont profondes et influencent la perception mondiale du conflit. Les récits façonnés par Israël trouvent souvent un écho dans les médias occidentaux, où les voix palestiniennes sont marginalisées. Ce déséquilibre entraîne une compréhension déformée de la réalité sur le terrain, renforçant les stéréotypes et les préjugés. Les efforts pour contrer cette dynamique sont souvent entravés par un manque de ressources et les risques auxquels font face ceux qui tentent de faire entendre la voix des opprimés.
Dans cette lutte pour la vérité, le soutien à une presse libre et indépendante est crucial. Les journalistes et les activistes qui documentent les violations des droits humains jouent un rôle essentiel dans la résistance palestinienne. Leur bravoure face aux dangers est inspirante et souligne l’importance de faire entendre des récits alternatifs. En parallèle, l’art et la culture émergent comme des moyens puissants pour exposer les réalités de l’occupation. Les artistes palestiniens, à travers divers médiums, contribuent à humaniser le conflit et à susciter des émotions auprès d’un public souvent indifférent.
Enfin, la solidarité internationale est indispensable. De nombreuses organisations et mouvements de défense des droits humains s’engagent à dénoncer les abus et à plaider en faveur des droits des Palestiniens. Les campagnes de sensibilisation et les actions de désinvestissement constituent des moyens efficaces pour soutenir la lutte pour la justice.
Le COGAT (Coordination of Government Activities in the Territories), connu sous son acronyme hébreu Matpash, est une unité militaire israélienne relevant du ministère de la Défense. Elle est chargée de superviser et de coordonner les activités civiles et administratives dans les territoires palestiniens occupés, principalement en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
Rôle et Fonctionnement
Le COGAT gère de nombreux aspects de la vie des Palestiniens sous occupation, notamment :
– La délivrance de permis (pour accéder à Israël, construire en Cisjordanie, ou pour des raisons médicales).
– Le contrôle des infrastructures (approvisionnement en eau, électricité, transport).
– La gestion des points de passage et des frontières entre Israël et les territoires palestiniens.
– Les importations et exportations de biens en Cisjordanie et à Gaza.
Critiques
Le COGAT est fréquemment critiqué par les organisations de défense des droits de l’homme pour son rôle dans le système de contrôle israélien sur la population palestinienne :
– Bureaucratie oppressante : Les Palestiniens doivent obtenir de nombreux permis pour des activités de base.
– Opaqueness des décisions : Le COGAT n’est pas contraint de justifier ses refus de permis, ce qui engendre une situation arbitraire.
– Imposition de restrictions économiques et de mouvement : Cela accentue la fragmentation territoriale et sociale des Palestiniens.
Le COGAT est un outil administratif qui soutient et perpétue l’occupation militaire israélienne en Cisjordanie.
Israël utilise une combinaison de moyens militaires, administratifs, juridiques, économiques et technologiques pour contrôler les territoires palestiniens, principalement la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est. Voici les principaux outils :
1. **Contrôle militaire et sécuritaire**
- Checkpoints et barrages militaires : Des centaines de points de contrôle restreignent la liberté de mouvement des Palestiniens en Cisjordanie.
- Barrière de séparation (le “mur de sécurité”) : Ce mur, qui sépare Israël de la Cisjordanie, grignote une grande partie du territoire palestinien.
- Opérations militaires régulières : Des raids sont menés dans des villes comme Hébron, Naplouse et Jénine, accompagnés d’arrestations massives et de démolitions de maisons.
- Zones militaires fermées : De vastes portions de la Cisjordanie sont déclarées zones militaires interdites.
2. Contrôle administratif
- COGAT : Cette unité militaire supervise tous les aspects de la vie civile palestinienne, y compris les permis de déplacement, de construction et les échanges commerciaux.
- Division en zones A, B et C (Accords d’Oslo) :
- Zone A (administration palestinienne avec surveillance militaire israélienne).
- Zone B (administration mixte).
- Zone C (contrôle total israélien, occupant environ 60 % de la Cisjordanie).
3. Système juridique différencié
- Lois militaires pour les Palestiniens : Les Palestiniens sont jugés par des tribunaux militaires, tandis que les colons israéliens vivant sur le même territoire relèvent du droit civil israélien.
- Détentions administratives : Les Palestiniens peuvent être emprisonnés sans inculpation ni procès.
4. Contrôle économique
- Blocus de Gaza : Un contrôle strict des entrées et sorties de marchandises crée une crise humanitaire.
- Contrôle des importations et exportations : En Cisjordanie, Israël exerce un contrôle sur les douanes et le commerce international palestinien.
- Restrictions sur les ressources naturelles : Israël contrôle l’accès à l’eau, limitant ainsi les ressources pour les Palestiniens.
5. Colonisation
- Expansion des colonies israéliennes : Près de 700 000 colons résident en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
- Avant-postes illégaux : Parfois tacitement encouragés par l’État.
- **Surveillance technologique**
- Caméras de reconnaissance faciale : Utilisées à Hébron et dans d’autres zones sensibles.
- Bases de données biométriques : Les Palestiniens doivent souvent fournir des données biométriques pour obtenir des permis.
- Drones et cybersurveillance : Surveillance des mouvements et des communications.
6. Contrôle de l’information et du narratif
- Restrictions médiatiques : L’accès pour les journalistes palestiniens et internationaux est limité.
- Hasbara : Stratégie de communication visant à justifier l’occupation auprès de l’opinion publique internationale.
7. Contrôle démographique
- Politique de révocation de résidences : À Jérusalem-Est, des Palestiniens peuvent perdre leur statut de résident s’ils quittent la ville pendant une période prolongée.
- Destruction de maisons : Démolitions pour « absence de permis de construire », bien que l’obtention de ces permis soit presque impossible.
Ces outils combinés engendrent un système de fragmentation territoriale, de restrictions de liberté et de pression économique, destiné à maintenir une domination israélienne sur les Palestiniens tout en affaiblissant leurs revendications politiques.
Les colonies israéliennes implantées en Cisjordanie, illégales selon le droit international (notamment la Quatrième Convention de Genève), remplissent plusieurs objectifs stratégiques, politiques et idéologiques pour Israël.
Les principales fonctions de ces colonies incluent :
1. Contrôle territorial et fragmentation de la Cisjordanie
- Les colonies morcellent le territoire palestinien, rendant difficile la continuité nécessaire à l’établissement d’un État palestinien viable.
- La création de blocs de colonies, reliés par des routes réservées aux colons, divise la Cisjordanie en cantons isolés.
- Ces colonies sont des postes militaires avancés et non de simples habitations pour les colons. Elles ont des fonctions bien définies
2. Sécurisation stratégique
- Les colonies sont souvent implantées sur des points stratégiques élevés pour garantir une surveillance militaire des vallées environnantes.
- La vallée du Jourdain est considérée comme une barrière sécuritaire naturelle pour Israël.
3. Annexion de facto
- En établissant des colonies, Israël crée une présence permanente sur des territoires susceptibles d’être revendiqués lors de négociations de paix.
- Ces implantations rendent l’annexion légale plus facile à justifier politiquement.
4. Accès aux ressources naturelles
- De nombreuses colonies sont situées près de ressources stratégiques, telles que des aquifères majeurs.
- Les colons bénéficient de quantités d’eau disproportionnées par rapport aux Palestiniens.
- Les terres agricoles fertiles palestiniennes sont souvent confisquées pour l’expansion coloniale.
5. Expansion démographique
Les colonies absorbent une partie de la croissance démographique israélienne, offrant des logements subventionnés souvent moins chers que ceux à l’intérieur des frontières d’Israël.
6. Motivation idéologique et religieuse
Certains colons, notamment dans des implantations comme Hébron, sont motivés par une idéologie religieuse, considérant la Cisjordanie (qu’ils appellent Judée-Samarie) comme une terre biblique donnée aux Juifs.
7. Pression politique sur les négociations de paix
- Les colonies servent de leviers politiques pour affaiblir la position palestinienne lors des négociations.
- Leur présence complique, voire rend irréalisable, toute solution à deux États.
8. Enracinement économique
- Des zones industrielles et agricoles prospèrent autour des colonies.
- Des entreprises israéliennes profitent d’une main-d’œuvre palestinienne bon marché, souvent privée de droits syndicaux.
Conséquences
Les colonies constituent non seulement un outil de contrôle territorial, mais également une source de tensions quotidiennes, exacerbant les violences entre colons, Palestiniens et forces de sécurité israéliennes. Elles représentent l’un des principaux obstacles à une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens.
La lutte pour l’information en Cisjordanie dépasse les frontières locales et interpelle chacun sur son rôle dans la diffusion d’informations justes. La quête d’une paix durable nécessite la reconnaissance des souffrances et des aspirations de tous les peuples concernés. La lutte pour la vérité et la justice doit être soutenue, non seulement pour les Palestiniens, mais pour l’ensemble de la communauté internationale.
« Nos pâturages sont sacrés, nos esprits inspirés,
Les étoiles sont des mots lumineux où notre fable
est lisible du début à la fin … ”
Des différences qui n’effacent pas les similitudes
Il est évident que les contextes diffèrent. Le sionisme, à l’origine, visait à offrir un refuge aux Juifs persécutés, notamment après la Shoah. Toutefois, la manière dont ce projet s’est concrétisé a engendré une nouvelle injustice au détriment des Palestiniens. De même, la colonisation des Amériques répondait à des logiques économiques et expansionnistes, tandis que l’installation juive en Palestine était impulsée par un mouvement nationaliste.
Malgré ces différences, les conséquences restent similaires : dépossession, marginalisation et résistance.
Une mémoire commune, un combat partagé
Les Amérindiens et les Palestiniens rappellent au monde que l’histoire ne s’efface pas aisément, même si les noms sur les cartes changent. Leur lutte dépasse la simple revendication territoriale ; elle constitue une bataille pour la reconnaissance de leur humanité et de leurs droits. Face à des forces écrasantes, leur résilience représente un message d’espoir pour tous les peuples opprimés : tant qu’il restera un arbre planté, une langue parlée, un poème récité, la lutte perdurera.
En conclusion, les violences et conflits subis par les peuples autochtones d’Amérique et les Palestiniens partagent des similitudes frappantes. La dépossession territoriale, l’effacement culturel, la violence et la répression sont des expériences communes. Malgré des contextes historiques différents, la lutte pour la reconnaissance des droits et la préservation de l’identité reste un combat partagé.
« N’est-il pas temps, étranger,
que nous nous rencontrions face à face dans la même époque,
étrangers tous deux à la même terre,
nous rencontrant au bord d’un abîme ?
Nous avons ce qui nous appartient et
nous avons ce qui vous appartient du ciel.
Votre air et votre eau, autant que nous en avons.
Nos cailloux, autant que nous en avons,
votre fer, autant que vous en avez.
Dans le domaine de l’ombre, partageons la lumière.
Prenez ce dont vous avez besoin de la nuit
mais laissez-nous quelques étoiles pour enterrer nos morts célestes.
Prenez ce dont vous avez besoin de la mer
mais laissez-nous quelques vagues où pêcher nos poissons.
Prenez tout l’or de la terre et du soleil
mais laissez-nous la terre de nos noms. »
“Discours de l’Indien rouge” Mahmoud Darwish
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