La mort du droit international
Le droit international est mort. Pas à Genève, La Haye ou New York : son tombeau se trouve à Jérusalem, à Gaza et en Cisjordanie. On nous avait conté une fable : après ses guerres et ses génocides, l’humanité se serait dotée de règles communes — Charte des Nations Unies, conventions de Genève, Cour pénale internationale — pour tenir la barbarie à distance. La réalité, elle, se raconte en missiles, en décombres et en fosses communes.
Israël, fossoyeur en chef
Soixante-quinze ans de résolutions onusiennes piétinées, des avis de la Cour internationale de Justice ignorés, des enquêtes de la Cour pénale internationale étouffées dès leur naissance. Les ONG, les rapporteurs, l’UNICEF : tout cela crie dans le désert. Israël n’est pas un État hors-la-loi : il est la preuve que la loi n’existe plus.
L’impunité financée et protégée
Son impunité n’est pas un hasard. Les États-Unis la financent et la sanctuarisent. L’Europe, qui se rêve gardienne des valeurs universelles, se transforme en marionnette docile : elle sermonne l’Afrique, donne des leçons à l’Asie, brandit le « droit international » comme un crucifix diplomatique, et couvre Israël d’un silence complice.
Une menace planétaire
En tolérant l’exception israélienne, l’Occident ouvre une boîte de Pandore mondiale : pourquoi Moscou s’arrêterait-il en Ukraine ? Pourquoi Pékin hésiterait-il sur Taïwan ? Pourquoi un dictateur africain se retiendrait-il de massacrer ses opposants ? Après Gaza, l’ordre mondial n’est plus qu’une blague amère.
La chosification des peuples
À force de laisser brûler Gaza, l’Occident a carbonisé les dernières illusions de ses institutions : conventions sur les réfugiés, protection des civils, interdiction des armes de destruction massive — tout cela sonne creux. Israël peut tout se permettre, tandis que ses voisins restent sous-développés et sous la coupe de dictateurs. Simone Weil disait : « la force est ce qui rend l’homme chose ». Voilà ce que l’Occident a légitimé : un monde où les peuples deviennent objets, à déplacer, affamer, bombarder et effacer.
L’acte de décès du droit international
Israël n’a pas seulement rasé des villes : il a dynamité le dernier barrage protégeant l’humanité contre sa propre folie. Avec lui, l’Occident a signé l’acte de décès du droit international. La paix mondiale est désormais otage de l’exception israélienne.
La mobilisation civile comme levier
Mais il reste une voie : la mobilisation civile. Structurée, coordonnée et stratégique, elle peut rendre l’impunité coûteuse et rétablir des marges d’action politiques. Plaidoyer ciblé, campagnes éthiques de boycott et de désinvestissement, recours juridiques, mobilisation médiatique, solidarité transfrontalière : autant de leviers pour transformer l’indignation en forces concrètes.
Chaque action compte. Suspension d’une coopération universitaire, gel d’un contrat public, plainte stratégique déclenchant enquête : ces victoires, même modestes, démultiplient la pression. Avec discipline, éthique et coordination, la société civile peut imposer que la loi — et non la force — redevienne la norme.
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