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La montée du péril totalitaire d’extrême droite comme symptôme de la crise néolibérale

Le totalitarisme de notre époque est  le résultat ultime du néolibéralisme économique sauvage. 

La réélection de Donald Trump remet en question les fondements des démocraties occidentales, se manifestant non seulement comme une confirmation de son pouvoir, mais également comme un écho à une vague d’extrême droite particulièrement forte observée lors des élections en Europe, en Argentine, en Inde, en Asie du Sud ouest, en Afrique.

Cette dynamique met en péril les fondements de notre démocratie. 

Faut il rappeler que la démocratie ne se limite pas à l’acte électoral, mais englobe également la possibilité d’un débat serein et éclairé, d’une information libre, d’une tolérance pour toutes les opinions, ainsi que le respect des droits humains fondamentaux et des minorités. Elle implique aussi la valorisation de la différence, le rejet de la xénophobie et l’adoption d’une approche globale et humaniste des enjeux socio-économiques, en dépassant les intérêts immédiats des « nationaux » ? Autant d’impératifs en grand danger à travers le monde:

Les résultats électoraux comme celui qui a eu lieu aux USA récemment nous surprennent toujours et l’incrédulité des observateurs face à ces succès récurrents qui semblent inéluctables. 

Comment Donald Trump a-t-il pu réaliser un tel exploit électoral son programme est totalement irréaliste ? 

Nous avons besoin de comprendre uelles sont les raisons de la progression constante de l’extrême droite ?

La dégradation progressive de nos démocraties trouve ses racines das plusieurs facteurs. D’abord les thématiques électorales qui ciblent les immigrés, les étrangers, les communautés en fonction de leur genre, âge ou territoire. 

L’influence des médias et réseaux sociaux, souvent au service de l’extrême droite (comme Murdoch et Musk aux États-Unis, ou Bolloré en  France.

Il nous faut comprendre comment le totalitarisme prend racine dans une société pour pouvoir agir comprendre comment l’« impossible » a pu se réaliser si rapidement ?

Le totalitarisme est la conséquence de destruction du lien social de la solidarité et donc de l’attachement d’un groupe à la justice sociale. C’est le stade ultime d’un libéralisme économique débridé, dont les racines plongent dans la première révolution industrielle. Le modèle nord américain est devenu la norme. Seule la réussite économique compte. Ce modèle ne peut pas s’étendre à l’infini. La planète terre s’épuise et des pans entiers de nos sociétés sont laissés au bord de la route. L’espérance de vie diminue aux États-Unis.

La montée actuelle de l’extrême droite représente une des manifestations les plus spectaculaires de la crise sociale, écologique et politique du néolibéralisme. Les politiques économiques libérales cherchent à transformer le travail, la santé, l’éducation, la culture, le sport, la monnaie et la terre en ressources marchandes pour l’accumulation productive.

Ce processus de marchandisation impose une pression intense sur la société. Il réduit les espaces de sociabilité, étouffés par la concurrence et la nécessité de performer, de se montrer efficace, sous peine d’être marginalisé. L’injonction à la rationalité économique et à la performance pénètre tous les aspects de la vie, même les plus intimes, évinçant la raison pratique et générant un sentiment constant d’insécurité et de vulnérabilité.

L’obsession de l’efficacité dans la quête de croissance efface le sens de l’activité collective et de la solidarité : pour quelle compétition ? Quelle valeur a une croissance qui laisse de côté des millions de personnes ? Quel sens notre travail prend-il s’il détruit la planète, compromettant ainsi notre existence future sur Terre ?

Cette absence de repères et de contenu dans le récit néolibéral, couplée aux effets néfastes de la mise en concurrence généralisée, érode les fondations de la société et alimente le totalitarisme.

Le moment Trump peut être interprété comme un moment polanyien. Il est crucial d’apprendre des analyses de Polanyi : au-delà d’un simple diagnostic, elles nous offrent des pistes pour renouveler notre imaginaire politique et restaurer notre confiance dans la société, les liens sociaux, les solidarités, les communs, et les structures de socialisation, tout en les protégeant de la concurrence marchande.

Il est temps de défendre les solutions d’avenir qui existent aujourd’hui dans nos sociétés occidentales, résilientes sur le plan social et environnemental, menacées par la mise en concurrence : services publics, circuits courts, marchés locaux, agriculture biologique, économie sociale et solidaire, mouvements des communs, entreprises responsables, sécurité sociale (y compris alimentaire) et systèmes de retraite solidaires.

Ces solutions, qui s’inscrivent dans un « ré-encastrement de l’économie » et une économie « substantielle » au sens de Polanyi, visent à satisfaire nos besoins tout en maintenant la cohésion de nos communautés. Nous pourrions croître moins, mais nous survivrons. La réponse à l’effondrement démocratique réside dans cette réorientation économique.

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