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Manipulation de l’Information : Enjeux et Responsabilités à l’Ère de la Désinformation

La propagande en temps de crise a toujours été le complément nécessaire pour mobiliser les moyens et gagner le cœur des gens. Aujourd’hui, cette propagande s’est drapée du masque de l’information objective et est devenue un outil de contrôle de la pensée. Mark Zuckerberg, Elon Musk, Jeff Bezos, Vincent Bolloré, Bernard Arnault, Patrick Drahi, Rupert Murdoch et j’en passe dont les opinions parfois très tranchées choquent, contrôlent des empires médiatiques. Un dangereux dévoiement du métier de journaliste. Et comment dès lors s’étonner de la montée de l’extrême droite populiste ?

Les investissements financiers colossaux visant à contrôler les médias faits permettent à ces fortunes de peser sur la scène politique et de réaliser indirectement des profits supérieurs à l’investissement fait. Toujours à l’affût de plus d’argent, ceux qui ont les moyens d’acheter les médias et de contrôler les réseaux sociaux ne lésinent pas sur les dépenses, parce qu’ils savent que les retours sur investissement seront considérables.

Façonner l’opinion publique transcende le simple objectif de gagner la sympathie de l’autre ; c’est désormais une arme sophistiquée utilisée par ceux qui savent que chaque mot et chaque image peut faire basculer la balance en leur faveur. Chaque traitement d’une information est minutieusement orchestré pour provoquer des émotions, établir des convictions et diriger les comportements. Agissant ainsi comme des marionnettistes, les intérêts des puissants convergent avec ceux qui sont au pouvoir. La ligne éditoriale des médias aux mains de ces fortunes est définie dans les bureaux de ceux qui le financent.

Les apparences sont sauves chaque événement est présenté de manière à donner l’illusion d’un professionnalisme incontestable et du respect des règles déontologiques. En réalité, celles-ci sont souvent contournées avec de moins en moins de pudeur. Aujourd’hui on peut contester l’état de droit, l’accès à la santé, à l’éducation, à l’indépendance de la justice, à la liberté de la presse et trouver des personnes, des intellectuels bien sous tous rapports qui justifient ce qui il y a quelques temps pouvaient paraitre comme des inepties sans nom.

Dans cet environnement, les médias, les discours politiques et même nos propres échanges deviennent des instruments pour leur faire atteindre leurs objectifs. Déformant la réalité, ils nous entraînent dans des prises de position dans une direction qu’ils ont fixé à l’avance.

Dans leur traitement des faits, l’émotion doit primer sur la réalité, reléguant celle-ci au second plan, et nous entrons ainsi de plein pied dans l’ère de la post-vérité.

Lorsque la maîtrise de la rhétorique est atteinte, des demi-vérités se transforment en vérités incontestables, anesthésiant la capacité de discernement des individus tout en leur faisant croire qu’ils sont entendus et que c’est leur point de vue qui est exprimé. Les narrations sont soigneusement construites avec des éléments de pathos, d’ethos et de logos pour capter l’attention du plus grand nombre. Les préoccupations éthiques concernant les limites de la manipulation deviennent alors secondaires. Mais jusqu’où peut-on aller dans le contrôle des esprits ? Dans un monde saturé d’informations, une dose de désinformation entre les mains des puissances financières devient redoutable.

Grâce aux algorithmes des réseaux sociaux, à nos connexions, ou échanges il est facile de nous cerner. Ces outils, conçus pour attirer notre attention, privilégient le contenu sensationnel, qu’il soit vrai ou faux. Les informations se mélangent dans un discours où demi-vérités et mensonges coexistent. Il faut être bref et cibler les bons objectifs. Alors les discours le plus inacceptables trouvent un écho, alimentant les peurs d’une population déjà désorientée. Ainsi, la victime se transforme en bourreau et l’élection d’un fasciste à la tête de la première puissance mondiale n’étonne plus grand monde.

Les journalistes et les politiciens portent une lourde responsabilité face à cette situation de la presse, souvent comparée à celle qui a précédé la Seconde Guerre mondiale. Leurs efforts pour restaurer la confiance en fournissant des informations fiables sont insuffisants. Ce climat de méfiance envers les médias d’opinion traditionnels favorise les discours populistes, menaçant ainsi les fondements mêmes de notre démocratie.

Dans ce contexte chaotique, il est essentiel de développer un esprit critique, de remettre en question les récits qui nous sont présentés et d’apprendre à chercher la vérité sous les apparences.

Nous devons lutter contre ces méthodes, qui ne doivent pas être banalisées, car une information juste et objective est un vecteur d’émancipation et de responsabilisation des citoyens. Se libérer des chaînes de la manipulation exige une vigilance constante et une volonté d’explorer toutes les perspectives. En fin de compte, la création d’un débat ouvert et honnête incombe à tout État respectueux de ses citoyens, veillant à ce que la pensée demeure libre et éclairée.

Les pouvoirs publics doivent mettre en place des régulations plus strictes à l’échelle nationale et collaborer à l’échelle internationale pour défendre la liberté d’informer garantir la diversité de l’information et protéger les médias indépendants. Ensemble, nous pouvons construire un avenir où l’information est un bien commun et où la démocratie prospère.

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