, ,

Les Illusions d’une Victoire : Les Dangers Cachés de la Politique Israélienne

Aujourd’hui, Benjamin Netanyahu se félicite des récents succès militaires d’Israël contre le Liban, le Hamas et le Hezbollah. Il mène une offensive inhumaine à Gaza qui a fait en 41 000 et 100 000 morts. Il fanfaronne après avoir piégé des pagers. Il a fait assassiner le chef du Hamas e le chef du Hezbollah. Des coups d’éclat tactiques indéniables mais Antoine de Saint Exupéry a écrit « il est des victoires qui exaltent, d’autres qui abâtardissent. Des défaites qui assassinent, d’autres qui réveillent ». Depuis 1948 toutes les victoires d’Israël n’ont fait que faire du mal à long terme pour Israël.

Pourtant Aba Eban, Moshe Dayan, Yitzhak Rabin, Shimon Peres et bien d’autres ont joué un rôle crucial dans la formation de l’État d’Israël, naviguant à travers des périodes de conflit intense et d’opportunités de dialogue. Ces guerriers avaient compris que la lutte armée seule ne menait à rien, les stratégies diplomatiques étaient la solution à une paix juste. Ils savaient que la paix ne pouvait être atteinte que par la compréhension mutuelle et la reconnaissance des droits de chacun

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu semble savourer une victoire militaire éclatante sur ses ennemis régionaux. Pourtant il sait pertinemment que cette victoire cache en réalité des dangers pour l’avenir d’Israël.

Cette victoire, bien que célébrée par certains, engendre des fractures plus profondes au sein de la société israélienne et creuse le fossé qui existe entre lui et ses voisins. La montée en puissance des extrémistes des deux bords, alimentée par des discours nationalistes et des promesses de conquêtes territoriales, a exacerbé les tensions. Les voix modérées, celles qui prônent la coexistence et le dialogue, se font de plus en plus rares, étouffées par un climat de peur et de méfiance.

Les Palestiniens depuis 75 ans sont réfugiés, exilés, bombardés, tués dans l’indifférence, ils sont réduits à des statistiques ou à des images de conflit, ils sont privés de leur humanité, devenant des slogans aux mains des dictatures arabes et des cibles pour les Israéliens plutôt que des interlocuteurs. Les peuples du sud se sont rangés du côté des Palestiniens alors que les gouvernements occidentaux se sont rangés du côté d’Israël.

La situation actuelle illustre l’impuissance des puissances internationales qui semblent désarmées. Le droit international, qui devrait servir de cadre pour des résolutions pacifiques est piétiné du pays. Les résolutions de l’ONU, qui devraient garantir des droits fondamentaux, sont contournées, ignorées, méprisées et les appels à la raison sont accueillis avec scepticisme, voire hostilité.

La véritable victoire ne réside pas dans les victoires militaires, surtout quand elles dépendent des puissances qui fournissent les armes mais dans la capacité à construire des ponts entre les peuples. Un nouvel Orient moyen ne pourra émerger que par la compréhension, la coopération et le respect mutuel. Les dirigeants d’aujourd’hui doivent reconnaître que la paix durable ne se conquiert pas par la force, mais se bâtit patiemment, pierre par pierre, à travers des dialogues sincères et des efforts communs pour un avenir partagé.

Si les dirigeants israéliens et palestiniens, ainsi que la communauté internationale, ne prennent pas conscience des dangers de leur inaction, ils risquent de voir la situation dégénérer encore davantage. La véritable victoire serait celle qui met fin à la guerre, qui donne à chacun le droit de vivre dignement en paix, en sécurité dans un pays aux frontières reconnues.

Car si les frappes israéliennes ont causé de lourds dommages à ses adversaires, elles n’ont pas pour autant mis fin à leur désir de revanche. Le Hezbollah, le Hamas, les Houthis au Yémen, ou encore l’Iran ont tous survécu à de tels assauts par le passé et chercheront inévitablement à se venger. « Larguer des tonnes d’explosifs sur les gens ne semble pas les gagner à votre cause ; cela ne fait que raviver leur désir de vengeance », souligne Walt. De même, la situation des Palestiniens, toujours soumis à l’occupation israélienne, ne fait que s’aggraver, renforçant le soutien à des groupes comme le Hamas.

Au-delà de ces considérations sécuritaires, les actions d’Israël ont aussi des conséquences géopolitiques lourdes. La sympathie initiale après l’attaque du 7 octobre s’est rapidement évaporée face à l’ampleur des dégâts civils. Israël fait désormais face à une forme d’isolement international, avec la Cour pénale internationale qui a condamné l’occupation des Territoires palestiniens et menace d’émettre des mandats d’arrêt contre les responsables israéliens. Même les relations avec les États-Unis pourraient s’en trouver fragilisées, si un conflit plus large devait entraîner des pertes américaines.

Les conséquences de cette politique sont visibles : des générations des deux bords se trouvent piégées dans un cycle de violence, de déshumanisation des Palestiniens et de rancœur. Les enfants d’aujourd’hui, élevés dans un environnement où la haine de l’autre est omniprésente, vont si rien n’est fait perpétuer ce cycle.

Le défi pour un dirigeant est de savoir quand s’arrêter et passer de la guerre à la résolution d’un conflit. Or, rien n’indique que Netanyahu ait cette sagesse. Son « mission accomplie » risque donc de se transformer en un dangereux mirage, dont les conséquences pourraient être lourdes pour le monde entier.

Laisser un commentaire

Comments (

0

)