A l’heure où se profile un accord de paix imposé par les états unis, deux ans après les attaques terroristes du 7 octobre et une guerre qui a fait plus de 65 000 morts palestiniens en majorité des civils, des otages israéliens détenus dans des condition affreuses, la famine, les déportations et des scènes jamais vues depuis la seconde guerre mondiale et qu’on ne pensait plus jamais revoir, il est impossible de ne pas se remémorer qu’il y a quatre-vingts ans, les cendres de la guerre laissaient place à une promesse solennelle : plus jamais. Plus jamais de dirigeants au-dessus des lois, plus jamais de crimes sans conséquences. Le tribunal de Nuremberg devait être l’aube d’un nouvel ordre mondial, fondé non sur la force, mais sur le droit. Et pourtant, cette promesse a été trahie. Et c’est à Gaza que nous en contemplons l’effondrement.
Le veto, fossoyeur du droit international
Depuis le début du conflit, les États-Unis ont opposé leur veto à six résolutions du Conseil de sécurité exigeant un cessez-le-feu. D’un seul geste, une puissance a réduit au silence la volonté de la communauté internationale. Chaque veto a été un permis de tuer délivré à l’heure où les hôpitaux étaient détruits, où la famine s’organisait, où des familles entières étaient ensevelies sous les décombres.
Ce mécanisme, conçu en 1945 pour préserver l’équilibre du monde, est devenu l’arme absolue de l’impunité. Il paralyse le système, rend la justice sélective et transforme le droit en un instrument au service des puissants.
Un système verrouillé, une crédibilité anéantie
Trois verrous condamnent le droit international à l’impuissance dans le conflit Israelo-palestinie :
- Le verrou institutionnel : Les résolutions de l’Assemblée générale restent lettres mortes, et la Cour pénale internationale se heurte au principe de complémentarité, qui protège les États souverains.
- Le verrou idéologique : Toute critique de l’occupation est systématiquement assimilée à de l’antisémitisme, étouffant le débat.
- Le verrou médiatique : Une lassitude médiatique s’est installée. Les destructions se poursuivent mais elles ne font plus la une.
L’Europe, quant à elle, incarne dans ce conflit ce double langage qui sonne le glas de sa crédibilité. Elle brandit les droits de l’homme contre Moscou mais détourne le regard face à Tel-Aviv. L’Occident, qui avait inventé la justice internationale, en est devenu le fossoyeur.
Les voies de la résurrection
Pourtant, le droit international n’est pas condamné à mourir. Sa résurrection exige des réformes courageuses et concrètes :
- Abolir ou suspendre le droit de veto en cas de crimes de guerre, crimes contre l’humanité ou génocide.
- Étendre la compétence universelle de la Cour pénale internationale (CPI) pour qu’elle puisse juger les grandes puissances sans entraves.
- Supprimer l’immunité des chefs d’État en exercice pour des crimes internationaux.
Ces propositions ne sont pas des rêves. Elles sont portées par les voix du Sud global – l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de Justice (CIJ), le Bangladesh, la Bolivie, la Namibie et bien d’autres. Le G77 exige un Conseil de sécurité représentatif du XXIe siècle, où l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine ne seront plus de simples spectateurs.
L’heure des choix
L’alternative est simple, mais cruelle.
Soit nous laissons le droit international mourir sous les décombres de Gaza, actant la victoire de la loi du plus fort.
Soit nous lui donnons une seconde vie, en nous ralliant aux appels légitimes de la majorité de l’humanité pour un système plus juste et plus représentatif.
La promesse de Nuremberg ne doit pas rester une relique du passé. Elle doit devenir le combat du présent. Avant qu’il ne soit trop tard.
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