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Sionisme, antisionisme et justice internationale : repenser la Palestine et Israël

Peut-on être anti-sioniste sans être antisémite ?

Il est essentiel de rappeler que critiquer le sionisme ne signifie pas automatiquement être antisémite. Des penseurs juifs eux-mêmes se sont opposés au sionisme, comme Shlomo Sand ou Noam Chomsky. L’anti-sionisme peut être légitime lorsqu’il questionne la dimension politique et colonisatrice de l’État d’Israël, mais il peut aussi, parfois, devenir un vecteur d’antisémitisme. Historiquement, certains antisémites étaient sionistes, et certains défenseurs d’Israël ont utilisé l’argument de l’antisémitisme pour discréditer toute critique politique.

L’important est de distinguer la critique d’une idéologie politique de la haine d’un peuple ou d’une religion. La confusion entre ces notions a conduit, notamment depuis 30 ans, à criminaliser des mouvements pacifiques comme BDS, alors même qu’ils respectent les résolutions internationales et revendiquent un droit légitime à la résistance contre l’occupant.

Sionisme et colonialisme : comprendre l’histoire

Le sionisme, en tant que projet national et colonial, a impliqué la création d’un État sur des terres déjà habitées. Selon Shlomo Sand et d’autres historiens comme Hannah Arendt ou Abba Eban, Israël est le fruit d’une entreprise colonisatrice, marquée par une symbiose entre nationalisme et religion, et la marginalisation des peuples autochtones de Palestine.

Les Palestiniens, premiers habitants de ces territoires, ont subi la dépossession, l’invisibilisation et la misère, tout en maintenant des formes de résistance, soutenues par la solidarité internationale. Les textes officiels, l’armement des colons et l’occupation des territoires démontrent que l’État israélien a enfreint le droit international, malgré les justifications sécuritaires avancées. L’occupation de territoires, les destructions de villes et villages et les violations des conventions de Genève constituent autant de preuves que l’histoire de l’État israélien est également une histoire de colonialisme et de violence légalisée.

Le droit international : la seule garantie pour la paix

Aimer Israël ou reconnaître son droit à exister ne peut justifier le génocide ou la dépossession. La protection des populations civiles et le respect du droit international doivent primer sur les émotions ou les alliances politiques. L’embargo sur les armes, la suspension des accords de l’UE avec Israël et l’application stricte des résolutions internationales sont des mesures indispensables pour assurer la justice et la sécurité pour tous.

Les Palestiniens ont un droit légitime à la résistance, tant que celle-ci reste proportionnée et ne s’en prend pas aux civils. Depuis Oslo, ils ont renoncé à certains moyens de résistance, et depuis le 11 septembre, toute opposition a été confondue avec le terrorisme, alors qu’aucune définition internationale du terrorisme n’existe.

La Nakba, Gaza et l’échec des solutions temporaires

Depuis 1948, treize guerres ont été menées à Gaza : toutes gagnées militairement par Israël mais perdues politiquement. La Nakba a entraîné 13 000 morts et la destruction de villes et villages, un traumatisme jamais effacé. La situation actuelle, avec un État binational de facto et sept millions de personnes de chaque côté, illustre l’urgence de la solution à deux États comme seule alternative viable pour assurer l’avenir des deux peuples.

Gaza est sous blocus depuis 2007, et l’absence de perspectives économiques a renforcé le Hamas, qui contrôle l’aide et les réseaux sociaux sur place. L’occupation, la colonisation des terres et l’armement des colons continuent d’alimenter un cercle de violence et de désespoir, malgré la compassion internationale.

Vers une solution durable

La reconstruction de Gaza, le respect du droit au retour et l’égalité des droits pour tous sont essentiels. Israël ne peut assurer sa sécurité seule ; il lui faut des partenaires. La responsabilité des dirigeants palestiniens, souvent éliminés ou discrédités, est un obstacle, mais elle ne doit pas justifier l’immobilisme international.

Un calendrier clair et contraignant, la transparence sur qui est pour ou contre chaque mesure, et la fin des deux poids deux mesures sont indispensables pour rétablir le droit international. L’objectif stratégique de l’Union européenne reste la solution à deux États, mais celle-ci n’avancera que si tous les acteurs prennent leurs responsabilités et si les accords de paix sont appliqués avec rigueur.

justice et humanité pour les deux peuples

La Palestine et Israël sont confrontés à une tragédie historique et contemporaine. La seule issue durable réside dans la reconnaissance des droits de chaque peuple, le respect du droit international et la justice pour tous. La solidarité avec Israël n’est pas incompatible avec la défense des droits des Palestiniens. Le défi est de construire un avenir où deux peuples pourront vivre côte à côte, dans la sécurité et la dignité, sans que le passé colonial ou les passions politiques n’entravent la justice et la paix.

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