Les Conséquences de La révolte arabe de 1936-1939 en Palestine mandataire,

La révolte arabe de 1936-1939 en Palestine mandataire, souvent désignée sous le nom de Grande Révolte ou Grande Révolte Palestinienne, représente un soulèvement populaire orchestré par les Arabes palestiniens contre l’administration britannique. Ce mouvement insurrectionnel, qui s’est étendu sur une période de trois ans, avait pour objectifs principaux l’indépendance arabe et l’éradication des politiques britanniques favorisant l’immigration juive illimitée ainsi que l’acquisition de terres par les Juifs, dans le cadre de la création d’un « foyer national juif ». Les conséquences de cette révolte ont été profondes, marquant durablement le conflit israélo-palestinien et la fondation de l’État d’Israël. Sur le plan militaire, l’échec de la révolte a entraîné la dissolution des forces paramilitaires arabes, ainsi que l’arrestation ou l’exil de nombreux leaders de la rébellion. Politique, la publication du Livre blanc britannique de 1939, qui a suivi la révolte, a constitué un tournant significatif dans la politique britannique en Palestine, promettant la création d’un État unitaire dans les dix ans, où Juifs et Arabes partageraient le pouvoir en respectant les intérêts de chaque communauté. Ainsi, cette révolte a non seulement modifié les dynamiques immédiates entre Arabes et Juifs en Palestine, mais a également façonné les politiques britanniques et internationales, engendrant des répercussions qui dépasseraient les années 1930.

Premier Livre blanc, 3 juin 1922

Surnommé « Livre blanc de Churchill », ce document a été conçu pour répondre à l’opposition des Arabes palestiniens face à la création d’un « foyer national juif » et à l’immigration juive en Palestine. Winston Churchill, alors secrétaire aux colonies, y limite le territoire destiné au foyer juif et confie le contrôle des terres à l’est du Jourdain à l’émir Abdallah. Il réaffirme le droit au retour du peuple juif sur ses terres ancestrales tout en conditionnant l’immigration à des critères financiers, précisant que la Palestine ne doit pas être perçue comme une entité politique exclusivement juive.

Deuxième Livre blanc, 21 octobre 1930

Également connu sous le nom de « Livre blanc de Passfield », ce document a été publié après les émeutes de 1929. Il remet en question la poursuite de l’implantation juive en Palestine et privilégie l’emploi de la population arabe, y compris dans les entreprises juives. La réaction sioniste à sa publication a été violente, entraînant la démission de plusieurs dirigeants sionistes. Sous la pression, le gouvernement britannique a annulé ce livre en février 1931, bien qu’une politique visant à restreindre l’immigration juive ait émergé, provoquant une immigration clandestine massive.

Troisième Livre blanc, 17 mai 1939

Émis en réponse à la Grande Révolte arabe, ce livre, nommé d’après Malcolm MacDonald, vise à apaiser les tensions en restreignant les ventes de terres aux Juifs. Il établit des zones où les ventes de terres aux organisations sionistes sont interdites, tout en permettant certaines transactions sous conditions. À l’approche de la Seconde Guerre mondiale, l’immigration juive est limitée à 75 000 personnes sur une période de cinq ans, et un État palestinien unitaire, majoritairement arabe, est envisagé dans les dix ans.

Terrorisme sioniste en Palestine mandataire

Le terrorisme sioniste fait référence aux actes de violence perpetrés par des milices sionistes contre des cibles arabes et les autorités britanniques durant le mandat. La première organisation armée juive, Bar-Guiora, fondée en 1907, avait pour objectif de protéger les communautés juives. Au fil des ans, des groupes tels que la Haganah, l’Irgoun et le Lehi se sont formés, adoptant des stratégies violentes face à l’escalade des tensions avec les Arabes. La période de 1920 à 1948 est marquée par des conflits mutuels, atteignant un paroxysme avec la création de l’État d’Israël.

Attentats notables

L’Irgoun est particulièrement connu pour l’attentat de l’hôtel King David en 1946, qui a entraîné la mort de 91 personnes. Les confrontations intercommunautaires ont perduré jusqu’à la déclaration de l’État d’Israël le 14 mai 1948, alors que des groupes armés juifs ont mené plusieurs attentats à la bombe. La violence des deux camps, y compris le massacre de Deir Yassin, a laissé des traces indélébiles dans le tissu social de la région.

Dénonciations des violences

Les actions de l’Irgoun et du Lehi ont été qualifiées de terrorisme par les autorités britanniques. Bien que certains dirigeants juifs, comme David Ben Gourion, aient désapprouvé ces méthodes, les tensions entre les groupes ont persisté. L’histoire de cette période complexe continue d’alimenter le débat sur la violence politique et les droits des peuples en Palestine.

La période de la Palestine mandataire, marquée par des soulèvements et des violences, a profondément affecté les relations intercommunautaires. L’émergence du nationalisme arabe et juif a souvent suscité des réactions violentes, exacerbant les rivalités et les ressentiments. Les tensions qui ont émergé durant les années 1930 et 1940 ont trouvé écho dans des mouvements politiques cherchant à revendiquer des droits nationaux et territoriaux.

Impact sur la société palestinienne

La Grande Révolte a eu des conséquences dévastatrices pour les Arabes palestiniens. Des milliers de personnes ont perdu la vie ou ont été blessées, et de nombreuses familles ont été déplacées. L’échec de la révolte a également affaibli les structures sociales et politiques arabes, rendant plus difficile l’organisation d’une résistance unie contre l’occupation britannique et les ambitions sionistes. La répression britannique, qui a suivi la révolte, a instauré un climat de peur et de méfiance tout en renforçant un sentiment de désespoir au sein de la population arabe.

Réactions internationales

À l’échelle internationale, la violence en Palestine a suscité des préoccupations croissantes. Les puissances occidentales, tout en soutenant le mandat britannique, ont commencé à remettre en question l’efficacité de sa politique de gestion des conflits. Des appels à une solution juste et durable ont commencé à émerger, bien que les intérêts géopolitiques complexes aient souvent entravé les efforts de médiation.

Évolution des mouvements nationalistes  

Dans les années suivant la révolte, les mouvements nationalistes arabes ont progressivement évolué, prenant des formes variées allant des revendications politiques pacifiques à des stratégies plus militantes. La création de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1964 marquera un tournant dans la lutte pour l’autodétermination palestinienne, cherchant à unifier les efforts et à établir une représentation politique sur la scène internationale.

Conséquences à long terme  

Les événements de cette période, aux racines profondes et aux ramifications étendues, continuent d’influencer le paysage politique et social du Moyen-Orient. Les mémoires des violences et des révoltes, ainsi que les promesses non tenues des puissances coloniales, alimentent toujours les tensions contemporaines. Le débat autour des droits des Palestiniens, de leur identité nationale et de leur aspiration à l’autodétermination demeure central dans les enjeux régionaux et internationaux.

La complexité de cette histoire, marquée par des luttes pour la survie et la justice, souligne l’importance d’une approche nuancée pour appréhender les dynamiques actuelles du conflit israélo-palestinien et la quête d’une paix durable.

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