À New York, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, le mercredi 18 septembre 2024, une écrasante majorité a adopté une résolution exigeant la fin de l’occupation de la Palestine par Israël dans les douze prochains mois. Le texte a été adopté par 124 votes pour, dont la France, 14 contre, dont les États-Unis, l’Argentine, la République tchèque et la Hongrie, et 43 abstentions.
À travers l’adoption de cette résolution, l’Assemblée générale « exige qu’Israël mette fin sans délai à sa présence illicite dans le Territoire palestinien occupé, qui constitue un fait illicite de caractère continu engageant sa responsabilité internationale, et ce, au plus tard 12 mois après l’adoption de la présente résolution ».
L’Assemblée générale « exige également qu’Israël s’acquitte sans délai de toutes ses obligations juridiques en vertu du droit international, notamment celles stipulées par la Cour internationale de Justice, notamment en :
a) retirant toutes ses forces militaires du territoire palestinien occupé, y compris de son espace aérien et de son espace maritime,
b) mettant fin à ses politiques et pratiques illicites, notamment en cessant immédiatement toute nouvelle activité de colonisation, en évacuant tous les colons du territoire palestinien occupé et en démantelant les parties du mur construites par Israël qui se trouvent dans le territoire, et en abrogeant toutes les lois et mesures créant ou maintenant la situation illicite ».
L’ambassadeur d’Israël à l’ONU a qualifié les États qui ont voté pour cette résolution d’antisémites.
Depuis plus de 120 ans, les guerres n’ont pas épargné la Palestine et les Palestiniens. La terre dite sainte a vécu l’enfer entre les colonisations ottomane, britannique et israélienne. Ses habitants, les Palestiniens, ont souffert le martyre.
Les accords secrets Sykes-Picot signés le 16 mai 1916 signés entre la France et le Royaume-Uni, avec l’aval de la Russie et de l’Italie ont divisé le Moyen-Orient en zones d’influence, en prévoyant le partage de l’Empire ottoman. La France devait contrôler la région qui correspond aujourd’hui au Liban et à la Syrie, tandis que le Royaume-Uni devait obtenir la Mésopotamie (l’Irak actuel) et la Palestine.
Depuis ces accords qui ont ignoré les peuples de la région, les colonisations se sont succédées. La dernière colonisation est la plus terrible.
Au-delà de l’émotion et du romantisme que les médias de l’époque ont voulu projeter du sionisme, Israël a été fondamentalement conçu par des Occidentaux, pour les Occidentaux, comme une colonisation occidentale en Orient.
Il s’agit du projet de peuplement sioniste qui travaille encore aujourd’hui à la négation même de l’existence d’un peuple palestinien, tout en se positionnant en tant que victime. Cette entreprise a méthodiquement et en toute impunité, avec l’aide des grandes puissances occidentales et la lâcheté de régimes arabes corrompus, spolié, expulsé et fragmenté la société palestinienne.
Et ils ont réussi dans une certaine mesure. Sinon, comment expliquer que dans ce monde où, en deux clics, il suffit d’accéder à des écrits et des faits historiques rapportés par des personnes reconnues pour leur intégrité intellectuelle, des dirigeants occidentaux et américains continuent, seuls contre toutes les évidences, contre tous les peuples de la terre, contre les organisations onusiennes, à s’offusquer dès qu’un semblant d’accusation est porté contre Israël ?
Récemment le premier ministre israélien a dénoncé la décision de Londres de suspendre 30 licences d’armes vers l’Etat hébreu.
C’est dans une interview accordée au Daily Mail où Netanyahou a vivement critiqué le nouveau gouvernement britannique de Keir Starmer l’accusant d’envoyer « un message horrible au Hamas » et de faire preuve d’un « antisémitisme éhonté ».
Jouer sur le sentiment de culpabilité de l’occident, accuser à tort et à travers, travestir la vérité jusqu’à faire croire que tous Palestiniens est un terroriste nécessite des moyens de communication colossaux, et ils ont, dans une certaine mesure, réussi.
Les racines du sionisme politique remontent au 19e siècle, dans l’Angleterre impériale imprégnée d’une lecture littérale de la Bible. Dès 1807, des penseurs tels que George Stanley Faber (1773 – 1854) prônaient la « restauration » des Juifs en Palestine, une idéologie qui influencerait de nombreuses personnalités au cours des 19e et 20e siècles. Cette vision, avant de devenir hégémonique, n’était pas la seule.
D’autres ont cherché à obtenir la reconnaissance des communautés juives locales. Des mouvements juifs socialistes et révolutionnaires, notamment le Bund, ou Union générale des travailleurs juifs de Lituanie, de Pologne et de Russie, ont défendu cette vision. Ce mouvement socialiste juif, fondé en 1897 à Vilnius, a été déterminant dans la lutte contre l’antisémitisme et pour les droits civiques et l’identité culturelle des Juifs. Il était hostile à toute émigration et à tout projet nationaliste. La même année, les Juifs de Munich ont même interdit la tenue du premier congrès sioniste dans leur ville. D’ailleurs, les Juifs orientaux n’ont initialement jamais été associés à ce projet.
C’est en 1895 que le journaliste austro-hongrois Theodor Herzl publia son pamphlet « L’État des Juifs », jetant ainsi les bases du sionisme politique. Herzl voyait dans la création d’un « État juif » la solution à la « question juive » soulevée par les persécutions et les pogroms antisémites en Europe. Il s’inspirait des sociétés de colonisation capitalistes de l’époque et envisageait déjà des plans de « nettoyage ethnique ».
C’est lors du premier congrès sioniste à Bâle en 1897 que les objectifs du mouvement furent définis : encourager la colonisation de la Palestine, organiser le peuple juif et obtenir le consentement des gouvernements occidentaux. Ces éléments resteront la marque de fabrique du sionisme tout au long du 20e siècle.
À partir de 1882, les premiers colons sionistes s’installèrent en Palestine, alors sous domination ottomane. Ils n’avaient pas encore pour projet de créer un État juif, mais ils rompirent avec la tradition locale où musulmans, chrétiens et Juifs vivaient côte à côte, en expulsant les paysans palestiniens de leurs terres.
En vain, en 1899, le maire de Jérusalem, Youssouf Zia al-Khalidi, exhorta le grand rabbin de Paris à « laisser la Palestine en paix ». Herzl tenta sans succès d’obtenir le soutien de l’Allemagne, de l’Empire ottoman, puis de la Grande-Bretagne pour son projet colonial.
C’est finalement pendant la Première Guerre mondiale que le sionisme obtint le soutien décisif d’une puissance coloniale : la Grande-Bretagne. En 1917, la Déclaration Balfour promit « l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif », au mépris des droits de la population arabe majoritaire.
Après la guerre, le Mandat britannique sur la Palestine (1920-1948) permit à l’Agence juive, bras civil du mouvement sioniste, de diriger tous les secteurs économiques juifs du pays. La colonisation s’accéléra, provoquant la première grande révolte palestinienne en 1929.
En 1948, alors que le Mandat britannique sur la Palestine touche à sa fin, un plan systématique d’expulsion et de déplacement forcé de la population palestinienne est mis en œuvre par les forces sionistes. Ce crime de nettoyage ethnique, qui a entraîné le déracinement de près de 800 000 personnes, soit plus de la moitié de la population palestinienne, a longtemps été nié et occulté, avant d’être progressivement reconstitué par des historiens israéliens.
Le 10 mars 1948, dans la « Maison rouge » de Tel-Aviv, un groupe de dirigeants sionistes, réunis au sein d’un « Conseil consultatif », finalise le « plan Daleth », un plan directeur visant à purger les territoires que doit occuper le futur État d’Israël de leur population arabe. Les ordres sont explicites : détruire les villages, les incendier, les faire sauter, poser des mines dans les décombres et expulser de force la population « en cas de résistance ».
Ce plan s’inscrit dans la volonté sioniste, présente dès les origines du mouvement, de créer un État juif en Palestine, au mépris des droits et de la présence de la population arabe indigène. Comme l’explique l’historien Nur Masalha, « le désir de désarabiser la Palestine a été un élément central de la pensée sioniste dès son apparition à la fin du XIXe siècle ». Grâce à des recherches dans les archives israéliennes, le professeur Masalha nous explique le projet dont Ben Gourion et d’autres étaient porteurs. Grâce à un examen minutieux des sources originales, il a identifié des documents clés en hébreu et en arabe, qui prouvent que le nettoyage ethnique des Palestiniens de Palestine était planifié bien avant 1948.
Selon l’idéologie sioniste, le transfert était clair. Tous, qu’ils soient musulmans ou chrétiens, doivent quitter Israël. Tous, sans aucune exception. Le sionisme signifie transfert. Pas de compromis, pas d’exceptions. Le projet de Ben Gourion est plus que jamais d’actualité : transférer les sionistes vers l’intérieur et transférer des non-sionistes vers l’extérieur et occuper des territoires. À ce jour, parce qu’un transfert complet n’a pas encore été réalisé, les frontières réelles d’Israël ne sont pas encore reconnues par Israël lui-même. Même la définition formelle de la citoyenneté israélienne reste incertaine. Après tout, comment un « État juif » peut-il tolérer un statu quo dans lequel plus de 20 % de la population est arabe ?
Une opération de propagande est arrivée à faire croire que la Palestine n’a jamais existé, qu’Israël est un petit État entouré de barbares, que les Palestiniens n’avaient qu’à se fondre dans les pays arabes voisins et que jamais des crimes contre l’humanité à grande échelle n’ont été commis en Palestine. Le monde semble ignorer qu’entre décembre 1947 et mai 1948, des centaines de villages palestiniens sont systématiquement détruits et leurs habitants expulsés. Des massacres, comme celui de Deir Yassin où plus de paisibles villageois furent assassinés, témoignent de l’horreur de cette entreprise. Au total, près de 800 000 Palestiniens, soit plus de la moitié de la population arabe, ont été déracinés, et 600 villages ainsi que 11 quartiers urbains sont vidés de leurs habitants.
Après la guerre de 1948-49, Israël s’empare de 78 % de la Palestine historique, la Jordanie annexe la Cisjordanie et l’Égypte administre la bande de Gaza. Les réfugiés palestiniens, chassés de leurs foyers, restent jusqu’à aujourd’hui dans l’attente du droit au retour prévu par la résolution 194 de l’ONU.
L’ampleur de ce nettoyage ethnique est encore niée et occultée. Le fait même de se déclarer antisioniste est devenu un délit. Dans notre monde moderne mené par la communication, on ne peut plus cacher à l’opinion publique les catastrophes créées par l’homme. Il est devenu pratiquement impossible de dissimuler des crimes contre l’humanité à grande échelle. Un de ces crimes est la spoliation des Palestiniens par Israël en 1948.
Ce n’est que dans les années 1970 que des historiens palestiniens, comme Walid Khalidi, ont commencé à reconstituer cette tragédie, en rassemblant des témoignages et des documents. Puis, dans les années 1980, une « nouvelle histoire » israélienne a remis en cause le récit officiel sioniste. Mais ces efforts n’ont pas réussi à s’imposer durablement dans l’espace public et la conscience collective.
Dès les années 1950, Israël met en place un arsenal législatif d’apartheid, excluant les non-juifs, entendez les Palestiniens, de la citoyenneté et de l’accès à la terre. La colonisation s’est accélérée, notamment après la guerre de 1967 qui voit Israël occuper le reste de la Palestine historique. Ivre de puissance, Israël ne respecte aucune loi internationale.
Malgré les vétos américains, plus de 200 résolutions de l’ONU condamnant l’occupation et les colonies ont été votées à une grande majorité. Israël les a ignorées et poursuit inexorablement sa politique de contrôle et de dépossession des Palestiniens.
Face à cette entreprise coloniale, les Palestiniens n’ont cessé de résister. Mais dans l’état où était la société palestinienne, avec quels moyens pouvaient-ils le faire ? La supériorité militaire d’Israël, soutenu inconditionnellement par les États-Unis et l’Occident, est telle que chaque révolte s’est traduite par des morts, une perte de territoires et une répression féroce.
Même la résistance pacifique a été interdite. Le mouvement international BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) pour faire pression sur Israël et obtenir le respect de ses droits a été banni en Occident. Un combat inégal dans tous les domaines, tant l’impunité d’Israël semble encore assurée par le soutien des grandes puissances.
Aujourd’hui, le nettoyage ethnique de 1948 doit être reconnu comme un crime contre l’humanité, affirme l’auteur. Car c’est le seul moyen de faire face à ce drame sur le plan politique et moral, et de permettre une véritable réconciliation entre Palestiniens et Israéliens.
La paix en Palestine passe par la reconnaissance pleine des Palestiniens dans leurs droits et sur leur territoire sécurisé. Après plus d’un siècle de dépossession, la lutte du peuple palestinien pour la liberté, la justice et l’égalité est une priorité absolue pour la communauté internationale.
Malgré les obstacles, la voix des Palestiniens continue de s’élever, portée par un désir indéfectible de justice et de dignité. Les luttes pour les droits civiques, l’accès à la terre, et la fin de l’occupation prennent de multiples formes. Des manifestations pacifiques aux mouvements artistiques et culturels, les Palestiniens cherchent à faire entendre leur histoire et à revendiquer leur identité face à l’oubli et à l’oppression.
Dans ce contexte, l’éducation joue un rôle crucial. Les jeunes Palestiniens, souvent confrontés à la violence et à la désinformation, s’engagent dans des initiatives visant à sensibiliser le monde sur la réalité de leur situation. Grâce à des projets éducatifs et des programmes de sensibilisation, ils cherchent à transmettre leur histoire, à partager leurs expériences et à établir des ponts avec d’autres peuples qui ont souffert de l’injustice.
Les réseaux sociaux, quant à eux, offrent une plateforme inédite pour les Palestiniens. Ils permettent de diffuser des récits, de partager des vidéos et des images de la réalité quotidienne sous occupation, et de mobiliser un soutien international. Ce pouvoir de narration est vital dans un monde où l’information se propage rapidement, et où les récits peuvent façonner les perceptions et influencer les politiques.
Les mouvements de solidarité internationale, tels que le BDS, témoignent d’une prise de conscience croissante sur la nécessité de soutenir les droits des Palestiniens. Des personnes et des organisations à travers le monde se rassemblent pour revendiquer la justice, dénoncer l’apartheid et faire pression sur les gouvernements pour qu’ils agissent. Ces efforts visent non seulement à mettre fin à l’occupation, mais aussi à créer un espace pour un dialogue sincère entre Israéliens et Palestiniens, basé sur le respect mutuel et l’égalité.
Les défis restent immenses, mais l’espoir persiste. La communauté internationale doit prendre conscience de sa responsabilité dans cette lutte pour la justice, et reconnaître que la paix durable ne peut être atteinte que par la reconnaissance des droits des Palestiniens. La voie vers une solution juste et durable nécessite un engagement collectif, une volonté politique et une détermination à ne pas céder face aux discours de haine et de division.
Ainsi, alors que l’histoire continue de s’écrire, il est essentiel de se souvenir des leçons du passé et de défendre les principes de justice, d’égalité et de dignité pour tous. La lutte des Palestiniens est celle de tous les opprimés, et leur quête de liberté résonne comme un appel universel à la paix et à la réconciliation.
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