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Les armes livrées à Israël tuent surtout des enfants

En mai, les États-Unis ont annoncé qu’ils cesseraient de fournir à Israël des bombes de 500 livres (pounds) et surtout des bombes de 2 000 livres (presque une tonne), mentionnant les dommages meurtriers que font ces armes dévastatrices lorsqu’elles sont employées dans des zones densément peuplées à Gaza. « Des civils ont été tués à Gaza à cause de ces bombes et d’autres méthodes utilisées pour attaquer les lieux à forte population », déclarait Joe Biden. Une prise de conscience bien tardive. 

L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté ce mercredi une résolution proposée par l’Autorité palestinienne, appelant à des sanctions et un embargo sur les armes contre Israël. Le vote s’est soldé par 124 voix pour, 14 contre et 43 abstentions.

Parmi les soutiens notables à cette résolution figure la France, tandis que les États-Unis s’y sont opposés. L’Allemagne, quant à elle, a choisi l’abstention, illustrant la complexité des positions européennes sur ce dossier sensible.

Une récente enquête menée par Mediapart a révélé que la France a fourni des armes à Israël pour un montant de 30 millions d’euros en 2023. Le gouvernement français reste muet sur la question de savoir si certaines de ces livraisons ont eu lieu après le début du conflit à Gaza et s’il existe des preuves de leur utilisation contre des civils palestiniens.

Le premier ministre israélien a dénoncé la décision de Londres de suspendre 30 licences d’armes vers l’Etat hébreu.

C’est dans une interview accordée au Daily Mail où Netanyahou a vivement critiqué le nouveau gouvernement britannique de Keir Starmer l’accusant d’envoyer « un message horrible au Hamas » et de faire preuve d’un « antisémitisme éhonté ».

Au Moyen-Orient, le bilan de cette guerre asymétrique est tragique. À ce jour, le décompte macabre fait état de 1 100 victimes lors des massacres du 7 octobre et de 42 000 victimes palestiniennes, dont une large majorité de femmes et d’enfants, réjouit les esprits malades mais fait du mal à toute l’humanité.

La guerre n’a pas lieu qu’à Gaza, on oublie trop souvent de le mentionner. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), les forces israéliennes recourent à des « tactiques de guerre létales », comprenant des frappes aériennes en Cisjordanie occupée. Ces actions engendrent des pertes humaines, des blessures, des déplacements de population et une privation d’accès aux services essentiels. 

Mais d’où proviennent les armes utilisées par Israël ?

La fourniture d’armements joue un rôle clé dans la continuité des cycles de violence. Sans ces armes, les conflits seraient moins meurtriers. Les marchands d’armes partagent une lourde responsabilité pour les souffrances infligées aux civils. Il est ironique de constater que les plus grands exportateurs d’armements se présentent fréquemment comme des champions de la démocratie et des droits de l’homme.

António Guterres, le secrétaire général des Nations Unies, a multiplié les appels au cessez-le-feu, mettant en garde contre le risque d’escalade des violences, mais ses avertissements semblent inopérants. La Cour internationale de justice a exhorté Israël à s’abstenir d’agir de manière à compromettre la Convention sur la prévention du génocide, mais les ventes d’armements continuent d’augmenter.

Les exportations d’armements vers Israël sont un sujet délicat. Israël est un bastion occidental dans la région. L’argument de la dissuasion ne tient plus, surtout lorsque l’on constate l’expansion territoriale d’Israël depuis sa création. Grâce aux soutiens indéfectibles des grandes puissances occidentales, Israël est devenu une puissance militaire régionale détenant l’arme atomique, tout en étant perçu comme un pays nécessitant protection face à ses voisins. C’est un tour de force notable.

Tuer des réfugiés, désespérés et ballottés, n’est pas glorieux. Les dirigeants arabes ont trahis les palestiniens depuis 1948 et même bien avant. Aujourd’hui ils sont 2 millions 400 000 d’humains seuls au monde, désespérés, prêts à tout pour défendre leurs droits à un pays, et ce drame dure depuis 75 ans.

Les pays occidentaux placent souvent la sécurité d’Israël au-dessus de toutes autres considérations. C’est une priorité stratégique. Les victimes palestiniennes ne comptent pas.

Entre 2017 et 2021, 92 % des importations d’armements d’Israël provenaient des États-Unis, totalisant depuis la Seconde Guerre mondiale 158 milliards de dollars d’aide bilatérale, principalement sous forme d’armements. En 2024, en pleine guerre, les États-Unis ont approuvé des ventes d’armements à Israël atteignant 20 milliards de dollars, incluant des avions de chasse et des missiles avancés. Des sommes qui auraient pu servir à la paix et à la prospérité des peuples de la région. Le choix de la guerre n’est jamais le bon. Un tel positionnement ne protège pas Israël, mais exacerbe l’instabilité au Moyen-Orient, prolongeant la violence et les guerres, avec des répercussions sur toutes les sociétés. Les entreprises et les nations impliquées dans le commerce des armements deviennent complices des atrocités liées à leur utilisation, portant une lourde responsabilité morale. La production et la vente d’armes vont à l’encontre des idéaux de paix et de non-violence, même si leur utilisation est justifiée par un prétendu droit à l’autodéfense, qui perd toute légitimité après des mois de bombardements sur des réfugiés sans abri.

En Europe, des pressions croissantes s’exercent pour limiter les livraisons d’armes à Israël en raison de violations potentielles du droit, l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) le confirme. Cependant, l’Europe peine à parler d’une seule voix : le Royaume-Uni a suspendu certaines exportations, tandis que les exportations allemandes vers Israël ont explosé après le 7 octobre, atteignant 326 millions d’euros en 2023. L’Italie a suspendu ses livraisons, et l’Espagne a stoppé toute nouvelle vente depuis le début des hostilités. Les Pays-Bas, quant à eux, ont été contraints par la justice d’arrêter certaines exportations liées au F-35 en raison de préoccupations liées au droit humanitaire. 

Dans cette cacophonie, alors que le pays se revendique comme celui des droits de l’homme tout en étant le deuxième vendeur d’armes au monde et le premier fournisseur d’armements européens à Israël, la France refuse de prendre une position courageuse et conforme aux principes humanistes qu’elle prétend défendre. Un changement significatif de la politique française en matière de ventes d’armes à Israël aurait dû être envisagé depuis longtemps.

Les ambiguïtés entretenues par le Président Macron dans ce conflit ne trompent plus grand monde. Les multiples prises de position partisanes du gouvernement français, souvent avec mépris pour la sensibilité de sa jeunesse et d’une large frange de la population qui sympathise avec la cause palestinienne. 

Les ennemis de la paix mélangent tout : Gaza, islamophobie, immigration, terrorisme, antisémitisme. Rappelons que le Président Macron, qui a rendu hommage aux victimes du 7 octobre, s’était engagé à honorer la mémoire des Franco-Palestiniens victimes des bombardements israéliens, mais aucune date n’a encore été fixée pour cette cérémonie. Macron s’est rendu en Israël et a fait siennes les fausses allégations du gouvernement d’extrême droite.

Il est essentiel de rappeler que vendre des armes à des régimes violant les droits humains est criminel.

Une coopération internationale renforcée et une régulation stricte sont indispensables pour atténuer les conséquences néfastes du commerce des armements. Cependant, cela demeure une illusion. C’est pourtant le seul moyen de garantir la paix et la sécurité internationales.

Les défis de la paix au Moyen-Orient ne se limitent pas simplement à des décisions politiques ou militaires, mais plongent leurs racines dans des injustices historiques et des dynamiques de pouvoir profondément ancrées. Pendant des décennies, la communauté internationale a été témoin des souffrances infligées aux Palestiniens, tout en se concentrant sur la sécurité d’Israël, souvent au détriment des droits fondamentaux des populations palestiniennes.

Le soutien constant des grandes puissances à Israël, à travers des aides militaires et financières, a permis au pays de maintenir une position dominante dans la région. Cette politique, perçue par beaucoup comme une complicité dans les violations des droits de l’homme, soulève des questions éthiques et morales. Les discours sur la paix et la sécurité s’opposent à la réalité vécue par des millions de Palestiniens, piégés dans un cycle de violence et de répression. 

Les conséquences de cette guerre asymétrique se manifestent également dans le désespoir croissant des générations de Palestiniens. Les jeunes, souvent privés d’avenir, se retrouvent face à un mur de désillusion. Les promesses de paix semblent résonner comme des échos lointains, et la frustration se transforme en colère. Les manifestations, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la région, témoignent d’un besoin urgent de changement et d’une volonté de ne pas rester silencieux face à l’injustice.

Dans ce contexte, le rôle des médias est crucial. Ils doivent s’engager à relater les faits de manière équilibrée, en donnant une voix aux sans-voix et en mettant en lumière les souffrances des civils. La désinformation et la manipulation de l’information ne font qu’exacerber les tensions et compliquer la recherche de solutions pacifiques. 

Il est indispensable que les acteurs internationaux, qu’ils soient des gouvernements, des organisations non gouvernementales ou des citoyens, prennent conscience de leur responsabilité collective. La lutte pour la justice et la paix ne peut se faire sans une remise en question des politiques actuelles et un engagement réel en faveur des droits humains. 

En fin de compte, pour qu’une paix durable soit possible, il faudra reconnaître les droits des Palestiniens, mettre fin à l’occupation et envisager un avenir basé sur l’égalité, le respect mutuel et la coexistence. Ce chemin est semé d’embûches, mais il est impératif d’aspirer à un monde où la dignité humaine est préservée pour tous, indépendamment de leur nationalité ou de leur origine. Les dialogues doivent être encouragés, les murs à abattre, et les cœurs à ouvrir.

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