Le Massacre de Thiaroye : Une Tragédie Oubliée

Le 1er décembre 1944, à Thiaroye, dans la banlieue de Dakar, un drame s’est joué, mettant en lumière les injustices subies par les tirailleurs africains au cours de l’histoire coloniale française. 

Ce jour-là, des milliers de soldats, qui avaient bravement combattu aux côtés des alliés contre le nazisme, ont été froidement exécutés par l’armée française suite à des revendications légitimes concernant leurs pensions. 

Senghor, aujourd’hui âgé de 86 ans, est l’un des nombreux descendants de ces tirailleurs. Il se souvient avec une vive douleur de la manière dont sa vie a basculé à l’âge de cinq ans, lorsqu’il a appris la mort de son père, M’Bap Senghor, tué lors de cette répression. 

Bien que des décennies se soient écoulées, la quête de vérité et de reconnaissance de Biram n’a jamais cessé. Il a interpellé les autorités françaises et sénégalaises, cherchant désespérément des réponses sur les circonstances tragiques de la mort de son père et sur la manière dont cette histoire a été occultée.

Cette tragédie est souvent éclipsée par les célébrations du rôle des tirailleurs africains dans la libération de la France. Alors qu’Emmanuel Macron commémorait le débarquement en Provence, il a omis de mentionner Thiaroye, malgré l’importance cruciale de cette mémoire. 

La France, tout en rendant hommage, doit également affronter les fantômes de son passé colonial. En juin dernier, l’État français a enfin reconnu M’Bap Senghor comme « Mort pour la France », mais ce geste a été perçu comme insuffisant par de nombreux Sénégalais, qui estiment que la reconnaissance et les réparations doivent aller bien au-delà de quelques mentions honorifiques. 

 Les événements de Thiaroye, décrits par les historiens comme une « répression sanglante », se sont déroulés dans un contexte de tension croissante.

 Les tirailleurs, après avoir été détenus durant la guerre, réclamaient leurs soldes et primes. La réponse militaire a été brutale, avec un déploiement massif de forces armées. 

Les témoignages et les recherches historiques révèlent un massacre où les corps des victimes ont été enterrés dans des fosses communes, une tentative délibérée de masquer la réalité de ce crime. 

 L’oubli et la minimisation de cet épisode tragique révèlent une volonté de falsifier l’histoire. Pendant des décennies, les autorités françaises ont qualifié ces événements de « mutinerie », une étiquette qui a servi à justifier la violence exercée contre des hommes qui avaient sacrifié tant pour la France.

 Ce n’est qu’en 2012 que François Hollande a reconnu la répression à Thiaroye, mais le chemin vers la justice et la reconnaissance reste semé d’embûches. Les descendants des tirailleurs, comme Biram Senghor et Yves Abibou, poursuivent leur lutte pour réparer une histoire marquée par le racisme et l’injustice. 

Leurs efforts témoignent d’un besoin urgent de réécrire une mémoire collective qui inclut ces voix longtemps étouffées. Alors que le monde s’efforce de reconnaître les injustices passées, il est essentiel que la France et ses anciens colonisés confrontent cette réalité, non seulement pour honorer la mémoire des morts, mais aussi pour construire un avenir de réconciliation.

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