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Fractures Maghrébines : Regards Libres sur les Conflits Mondiaux

Trop, c’est trop ! En ces temps de souffrance, certains discours de personnalités médiatiques sèment le chaos au lieu de promouvoir la paix. Injustes, tendancieux, polémiques, et haineux, ces propos alimentent la division. Quelle que soit l’explication donnée par chaque partie, au final, le seul reproche à la partie adverse semble être son existence. La haine dévoile la face hideuse d’intellectuels réputés, et les déceptions s’accumulent, n’aidant pas à supporter les horreurs qui marquent notre actualité tragique.

Le 12 novembre 2023, dans une rubrique du journal Le Point intitulée « Lettre du Maghreb », Benoit Delmas publie un article intitulé « Les Marches de la Discorde », soulignant une rupture entre les manifestations contre l’antisémitisme à Paris et le soutien à Gaza et aux Palestiniens au Maghreb. En tant que Maghrébins, nous sommes souvent présumés coupables avant même d’entamer un débat, en raison de nos origines. Clarifions les ambiguïtés : en tant que Maghrébins, nous luttons sans réserve contre toutes les formes de racisme et d’exclusion. L’antisémitisme, distinct du racisme global, ne doit pas être assimilé à la lutte contre le racisme, mais cela ne justifie en aucun cas de qualifier tous les Arabes d’antisémites.

Les amalgames entre soutien à la Palestine et antisémitisme sont injustes. Frantz Fanon disait aux Noirs, « Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille, on parle de vous. » Nous en sommes conscients. Certains, héritiers de l’extrême droite, n’ont pas abandonné leur antisémitisme, mais ils ne peuvent plus s’en prendre ouvertement aux Juifs, alors ils se tournent vers les musulmans. Le rejet par Mohamed V et Bourguiba de la loi du 3 octobre 1940 « portant statut des Juifs » pendant la colonisation est souvent oublié. Juifs et Arabes devraient unir leurs efforts contre ces fléaux qui gangrènent nos sociétés.

Les prises d’otages et les meurtres de civils ne représentent pas nos valeurs. Beaucoup d’entre nous rejettent ces crimes contre l’humanité. Marcher pour la Palestine au Maghreb ne devrait pas être un point de rupture, et assimiler la dénonciation des crimes de guerre israéliens à de l’antisémitisme est injuste.

Les racines du conflit israélo-palestinien sont complexes, mais le présenter comme une guerre de civilisation est malhonnête. Les lectures opposées des faits visent à semer le doute sur la légitimité de la lutte pour les droits palestiniens. Le colonialisme inverse les rôles, transformant l’oppresseur en victime. Le conflit n’est pas une guerre de civilisation, mais une guerre territoriale entre une puissance occupante et des forces luttant pour l’indépendance.

Les discours présentant le conflit comme une croisade anti-occidentale sont abjects. Les médias contribuent à banaliser l’islamophobie. Les initiatives de paix sont sabordées, laissant la place à des politiques migratoires restrictives. Les tensions entre le nord et le sud s’intensifient. Ce conflit n’est pas à ignorer en Europe, mais à comprendre et résoudre pour éviter l’importation de haine.

Le piège tendu à Yasser Arafat et les violations des accords de paix montrent la partialité du médiateur américain. La politique israélienne alimente frustrations et colères au sud, ravivant les douleurs du passé. Les pays européens durcissent leur politique migratoire dans ce contexte.

Il est temps d’en appeler à une grande conférence de paix pour un État palestinien démocratique et une reconnaissance mutuelle. Reconnaissons que la politique israélienne entrave la paix et contribue à la dissémination de la haine entre le nord et le sud. La vérité est nécessaire pour envisager une paix juste et durable.

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