Le traitement médiatique des épisodes qui ont jalonné la guerre à Gaza devrait être enseignés dans les écoles de journalisme. À titre d’illustration bien malin est celle ou celui qui peut affirmer avec certitude ce qui s’est passé Mardi 17 octobre 2023 où l’hôpital Al Shifa a été bombardé, faisant au passage 500 morts. Le président français, Emmanuel Macron, a écrit sur le réseau social X que « rien ne peut justifier de prendre des civils pour cibles ». « Toute la lumière devra être faite », a-t-il ajouté, en appelant également à l’ouverture « sans délai » de l’accès à la bande de Gaza pour l’aide humanitaire. Les Gazaouis attendent encore. La propagande en temps de guerre a toujours été le complément nécessaire pour mobiliser les moyens et gagner le cœur des gens. Aujourd’hui, cette propagande s’est drapée du masque de l’information objective et est devenue un outil de contrôle de la pensée. Un dangereux dévoiement du métier de journaliste.
C’est à travers ce prisme que les investissements financiers colossaux visant à contrôler les médias doivent être analysés. Toujours à l’affût de plus d’argent ceux qui ont les moyens d’acheter les médias et de contrôler les réseaux sociaux ne lésinent pas sur les dépenses parce qu’ils savent qu’ils peuvent avoir des retours sur investissement considérables. Ils veulent peser sur la scène politique pour avoir plus de pouvoir et imposer leurs choix.
Façonner l’opinion publique transcende le simple objectif de gagner la sympathie de l’autre ; c’est désormais une arme sophistiquée utilisée par ceux qui savent que chaque mot et chaque image peuvent servir leurs intérêts matériels.
Chaque traitement d’une information est minutieusement orchestrée pour provoquer des émotions, établir des croyances et diriger les comportements.
Agissant ainsi comme des marionnettistes, les puissants ne rencontrent aucun obstacle tant ils sont craints par le pouvoir et, malheureusement, par les journalistes qui savent qu’ils peuvent être remerciés à chaque instant. La ligne éditoriale de chaque média est définie dans les bureaux de ceux qui le financent. Les apparences sont sauvées, et chaque événement est présenté de manière à donner l’illusion du respect des règles déontologiques. En réalité, celles-ci sont souvent contournées avec de moins en moins de pudeur, particulièrement en ce qui concerne Gaza.
Dans cet environnement, les médias, les discours politiques, et même nos propres échanges deviennent des instruments pour atteindre des objectifs non avoués. Déformant la réalité, ils nous entraînent dans des prises de position qu’ils ont décidées à l’avance. Dans le traitement des faits, l’émotion prime souvent sur les faits, reléguant la vérité au second plan, et nous entrons ainsi dans l’ère de la post-vérité.
Lorsque la maîtrise de la rhétorique est atteinte, des demi-vérités se transforment en vérités incontestables, neutralisant le discernement des individus tout en leur faisant croire qu’ils l’ont. Les narrations sont soigneusement construites avec des éléments de pathos, d’ethos et de logos pour capter l’attention du public. Les préoccupations éthiques concernant les limites de la manipulation deviennent alors secondaires. Mais jusqu’où peut-on aller dans le contrôle des esprits ? Dans un monde saturé d’informations, la désinformation s’insinue insidieusement entre les mains des puissances financières.
L’objectif final est de diffuser une désinformation subtile qui se propage rapidement, notamment grâce aux algorithmes des réseaux sociaux. Ces outils, conçus pour attirer notre attention, privilégient le contenu sensationnel, qu’il soit vrai ou faux. Les informations se mélangent dans un discours où demi-vérités et mensonges coexistent. Les théories les plus extravagantes trouvent un écho, alimentant les peurs d’une population déjà désorientée. Ainsi, la victime devient le bourreau.
Les journalistes et les politiciens portent une lourde responsabilité face à cette situation de la presse qui est souvent comparée à celle qui a précédé la Seconde Guerre mondiale. Ils devraient s’efforcer de restaurer la confiance en fournissant des informations fiables. Cependant, face à un flot incessant de données, les citoyens se sentent perdus, piégés dans un labyrinthe où la frontière entre le vrai et le faux s’estompe. Ce climat de méfiance envers les institutions traditionnelles favorise l’émergence de discours populistes, menaçant les fondements mêmes de notre démocratie.
Dans ce contexte chaotique, il est essentiel de développer un esprit critique, de remettre en question les récits qui nous sont présentés et de chercher la vérité sous les apparences. Tenter de contrôler la pensée est une démarche insidieuse. Nous devons lutter contre ces méthodes, qui ne doivent pas être banalisées, car une information juste et objective est un vecteur d’émancipation et de responsabilisation. Se libérer des chaînes de la manipulation exige une vigilance constante et une volonté d’explorer toutes les perspectives. En fin de compte, la création d’un débat ouvert et honnête incombe à tout État respectueux de ses citoyens, veillant à ce que la pensée demeure libre et éclairée.
La manipulation de l’information menace les fondements de nos démocraties. Face à cette menace, il est impératif que chaque citoyen développe un esprit critique aiguisé. En s’informant auprès de sources fiables, en vérifiant les faits et en partageant des informations véridiques, nous pouvons contribuer à un débat public plus sain. Parallèlement, les pouvoirs publics doivent mettre en place des régulations plus strictes pour garantir la diversité de l’information et protéger les médias indépendants. Ensemble, nous pouvons construire un avenir où l’information est un bien commun et où la démocratie prospère.
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