L’instauration d’un cessez-le-feu à Gaza constitue un moment crucial dans un conflit qui dure depuis plus d’un siècle. Cette fragile trêve, fruit d’une reconfiguration des dynamiques régionales et de la pression des administrations américaines, a déjà été mise à l’épreuve par des violations, comme le bombardement du 16 janvier ayant causé la mort de 80 personnes. Pourtant, elle ravive un espoir, au milieu des destructions massives et des traumatismes humains.
La libération des otages israéliens, porteuse d’une forte charge émotionnelle, contraste avec la situation désastreuse des Gazaouis, où des morts, des blessés et des destructions par dizaines de milliers continuent d’affecter la vie quotidienne. Dans les ruines, certains Gazaouis dansent à l’annonce du cessez-le-feu, un symbole de résilience humaine au cœur d’un drame presque inhumain. La reconnaissance des souffrances et la mise en place de mécanismes de réparation constituent les premières étapes vers une paix durable.
Dix questions majeures pour comprendre ce conflit
- Pourquoi les attaques du 7 octobre ?
Ceux qui ont attaqué espéraient briser un silence de près de deux décennies d’embargo. Ces attaques visaient également à attirer l’attention internationale sur un drame vieux de 77 ans et à influencer l’opinion publique arabe et mondiale. - Pourquoi un cessez-le-feu maintenant ?
La trêve répond à une impasse militaire et à la pression internationale, mais les considérations stratégiques semblent avoir primé sur les raisons humanitaires. - Pourquoi les deux camps ont-ils ciblé des civils ?
La violence contre les civils traduit la haine accumulée et la logique de représailles des belligérants, chacun cherchant à affirmer sa force et sa légitimité. - Pourquoi ce conflit dure-t-il depuis un siècle ?
Il repose sur la revendication d’un même territoire par deux peuples : pour les sionistes, un projet national juif ; pour les Palestiniens, une terre ancestrale dont ils ont été progressivement dépossédés. - Pourquoi les Palestiniens vivent-ils sur un territoire restreint et morcelé ?
La Nakba de 1948 et les conflits ultérieurs ont fragmenté les territoires palestiniens, exacerbant les conditions de vie et confinant des millions de personnes dans des enclaves précaires. - Pourquoi Israël est-il le premier mais non le seul responsable ?
Israël a déclenché presque toutes les guerres et, grâce à sa puissance militaire et à l’appui occidental, domine la région, mais la situation résulte aussi de l’absence d’armée palestinienne et de décennies de conflits régionaux. - Pourquoi une incompréhension profonde existe-t-elle entre les deux peuples ?
Des récits historiques divergents, des systèmes éducatifs et médiatiques polarisés, et la mémoire différenciée de la Shoah nourrissent la haine réciproque dès le plus jeune âge. - Pourquoi l’Occident soutient-il Israël ?
Le soutien occidental repose sur la culpabilité historique liée à la Shoah, mais aussi sur des intérêts stratégiques, économiques et culturels. - Pourquoi les pays du Sud soutiennent-ils les Palestiniens ?
La solidarité s’appuie sur l’expérience coloniale, la religion, la culture et la dénonciation de l’hypocrisie occidentale. - Pourquoi certains s’opposent-ils à la paix ?
Le nationalisme d’extrême droite et la logique du pouvoir empêchent toute avancée. Les figures historiques prônant la paix ont souvent été éliminées, et le statu quo profite à certains dirigeants depuis 1948.
Une leçon de coexistence
L’Histoire montre que la paix nécessite la participation des deux parties. Tant que les récits antagonistes et les logiques de vengeance prévalent, le cycle de violence se perpétue. La seule voie pour sortir de ce cycle repose sur la reconnaissance mutuelle des souffrances, l’abandon des récits de victimisation et la construction d’un dialogue sincère.
Reconnaître un État palestinien, protéger les civils et établir une justice impartiale sont des conditions indispensables pour bâtir un avenir de coexistence. Comme le rappelle la sagesse universelle, aucune victoire militaire ne vaut la victoire de la paix. C’est elle, et elle seule, qui permettra aux deux peuples de vivre côte à côte sur une terre qu’ils partagent, malgré l’histoire douloureuse qui les a séparés.
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