L’immigration et l’identité sont devenues des enjeux explosifs en Europe, souvent instrumentalisés par des discours alarmistes et des manœuvres politiques. Ils portent les partis identitaires de droite et d’extrême droite au pouvoir dans plusieurs pays. Un air de déjà vu au siècle dernier souffle sur le vieux continent, le droit du sol, l’aide médicale, les aides sociales tout est exploité pour stigmatiser les personnes d’origine étrangère. Pourtant, au-delà des polémiques, la réalité raconte une histoire bien différente, loin des visions apocalyptiques qui nourrissent la peur et la division. Plutôt que d’alimenter des peurs infondées parce qu’un dangereux malade mental mal pris en charge a commis un meurtre, il faut se demander pourquoi les soignants et les soignés notamment en psychiatrie souffrent.
Il est temps de s’attaquer aux véritables défis qui sont ceux de mettre en place une politique d’intégration réussie et de casser le plafond de verre que ressentent douloureusement les immigrés.
Une Réalité Historique, Économique et Démographique Méconnue
Face à un déclin démographique préoccupant, l’Europe est obligée de s’appuyer sur l’immigration pour soutenir son dynamisme économique. Dans des secteurs cruciaux comme la santé, l’éducation, la restauration ou le BTP, la main-d’œuvre immigrée a été et reste tout simplement essentielle.
À rebours des idées reçues, la France ne fait pas face à un afflux massif d’immigrés. En 2023, ils ne constituaient que 10,3 % de la population, un chiffre bien en deçà de celui de l’Allemagne (18,9 %), de l’Espagne (14,6 %) ou du Royaume-Uni (13,9 %). De plus, une part significative, plus de 40% des immigrés provient d’autres pays européens, défaisant l’idée d’une immigration uniquement extra-européenne.
Histoire et Responsabilités : Un Héritage Oublié
Les flux migratoires ne sont pas un phénomène récent ni chaotique. L’histoire coloniale européenne a façonné les dynamiques migratoires contemporaines. Aujourd’hui, la mondialisation et les inégalités poussent des populations entières à chercher un avenir meilleur sur le Vieux Continent, souvent vers leur ancien colonisateur. Ce phénomène interroge sur la relation organique qui s’est créée entre les colonisateurs et les colonisés.
Malheureusement la question essentielle reste inexplorée : comment allier accueil et intégration ?
Pourquoi poser le défi de l’intégration en termes de submersion et de préservation de l’identité là où on peut l’aborder de manière humaniste et donc positive ?
Plutôt que de s’attacher à une vision réactionnaire d’une identité nationale figée, il est temps de reconnaître que l’identité française ou autre sont en perpétuelle évolution, elles se sont toujours construites grâce l’échange et le métissage.
Que serait l’identité française sans les contributions des immigrés espagnols, italiens, russes, polonais, portugais, maghrébins, sénégalais, maliens, ivoiriens, et tant d’autres ? Des travailleurs qui ont façonné le pays, des artistes, des sportifs, des intellectuels qui ont enrichi le patrimoine. Ces procès aux origines sont d’une grande injustice. Un fait révélateur : 56 % des descendants d’immigrés proviennent d’unions mixtes, preuve que le métissage est profondément ancré dans la société française. Qui autour de nous n’a pas un grand-parent ou un parent étranger arrivé en France et qui a été confronté à des débuts difficiles ? Les ténors de la droite qui vilipendent les immigrés ont oublié leurs propres racines : Nicolas Sarkozy, fils de Pál Sárközy de Nagy-Bócsa et d’Andrée Mallah, tous les deux immigrés relativement récents en France, et son apprenti fasciste de fils Louis dont la mère est fille d’immigrés, Éric Ciotti, Jordan Bardella, Bruno Mégret, Manuel Valls, Thierry Mariani, Marion Maréchal, Louis Aliot, Pierre Lellouche, Gérald Darmanin et bien d’autres ont un ascendant ou deux immigrés. Ils devraient en être fiers au lieu de s’en prendre à ceux qui viennent enrichir leur pays d’accueil.
Un Choix de Société : Peurs ou Opportunités ?
Au lieu de ressasser les mêmes antiennes ils devraient défendre l’idée que l’immigration n’est pas une menace mais une chance, oui une réelle opportunité. Outre le fait que c’est un droit humain inaliénable.
La diversité culturelle est une richesse, elle doit être encouragée et soutenue. Et contrairement à ce qu’ils veulent faire croire, l’identité nationale n’est pas un vestige figé, mais une construction en perpétuelle évolution, enrichie par l’histoire et les échanges. La cuisine, la musique, la tenue vestimentaire, la langue parlée et écrite ont changé et continueront à changer dans un monde interconnecté en permanence.
Et on oublie souvent de préciser que la France applique déjà une politique migratoire stricte : en 2023, 276 000 premiers titres de séjour ont été délivrés et 42 000 expulsions ont été effectuées.
L’Immigration en Europe : Amour et Haine
L’immigration est souvent critiquée, mais elle est vitale pour l’économie et ils le savent mieux que quiconque ceux qui en font leur cheval de bataille. Les discours des politiciens de droite qui alimentent les théories du « grand remplacement », relayées par des médias aux mains de milliardaires aux idées de droite arrêtées sont malhonnêtes. Les chiffres sont clairs : les flux migratoires restent constants, avec une augmentation moyenne de 126 000 personnes par an entre 2006 et 2023, un chiffre en baisse depuis 2019.
Une Stratégie Politique Malheureusement Gagnante
L’immigration est un atout stratégique pour les campagnes électorales. Pourtant, selon un baromètre Ipsos Sopra Steria 2024, l’immigration n’arrive qu’en quatrième position des préoccupations des Français, derrière le pouvoir d’achat, la santé et la sécurité.
Le débat devrait porter sur comment réussir à intégrer ces nouveaux arrivants. Actuellement ils sont parqués avec leurs familles dans des zones où ils sont soumis à un environnement et une forme de déterminisme social qui pousse inéluctablement leurs enfants vers l’échec et des formes de délinquance bien connues. Tous les maîtres d’école dans ces zones peuvent le confirmer. Sur une classe de 12 élèves ils savent que ces petits n’ont quasiment aucune chance de s’en sortir. Un constat glaçant d’échec dans un pays où l’école de la république a été le moteur social le plus important.
Tristes Réalités Sociales
En France, 30,6 % des immigrés vivent sous le seuil de pauvreté, ils représentent 21 % des personnes en situation précaire en France. Au-delà du racisme qui gangrène certains esprits malheureux, le discours anti-immigrés révèle un profond mépris de classe. Les pauvres sont perçus comme des voleurs potentiels, des individus mal élevés, qui parlent d’une façon vulgaire et ils sont souvent rejetés. Les immigrés le vivent au quotidien ce mépris.
L’immigration n’est ni un fléau ni une solution miracle, mais une réalité humaine et économique à gérer avec lucidité et pragmatisme. La question n’est pas de soutenir ou de s’opposer à l’immigration, mais de choisir comment l’organiser intelligemment, sans céder aux discours extrêmes.
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