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Israël : Un Cas Particulier d’Impunité sur la Scène Internationale

Suite à la récente rupture du cessez-le-feu à Gaza par Israël et aux massacres perpétrés par cet État, de nombreuses voix se sont élevées pour inciter les instances internationales à agir de manière tangible afin de mettre un terme à l’impunité dont bénéficie l’État israélien. Des organisations humanitaires, des responsables politiques et des experts en droit international dénoncent une intensification des violences qui détériore encore davantage la situation humanitaire déjà critique dans l’enclave palestinienne. Pourtant tous savent qu’il s’agit de vœux pieux.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le droit international a été établi comme le cadre régissant les relations entre les États, servant de référence pour justifier les sanctions, les interventions et les médiations. Toutefois, une exception persiste : celle d’Israël. Malgré des centaines de résolutions des Nations Unies condamnant ses violations du droit international, l’État israélien continue d’agir sans rendre de comptes, bénéficiant de soutiens géopolitiques significatifs, notamment des États-Unis.

Un État en Défi Constant aux Résolutions de l’ONU

Depuis son admission à l’ONU en 1949, Israël a été l’objet de plus de 300 résolutions émanant de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité, touchant des sujets tels que l’occupation des territoires palestiniens (Cisjordanie, Gaza, Jérusalem-Est), la colonisation illégale, les violations des droits de l’homme et les interventions militaires dans des pays voisins. Malgré la clarté de ces résolutions, leur application demeure largement insuffisante, en raison de l’absence de sanctions effectives et du droit de veto américain, qui bloque systématiquement toute mesure contraignante.

Le Conseil de sécurité, chargé de maintenir la paix et la sécurité internationales, a adopté plus de 100 résolutions concernant Israël. Parmi celles-ci, la résolution 242 (1967) exige le retrait israélien des territoires occupés après la guerre de juin 1967, la résolution 338 (1973) impose un cessez-le-feu et relance les efforts de paix, la résolution 478 (1980) condamne l’annexion de Jérusalem-Est et interdit l’installation d’ambassades dans la ville, et la résolution 2334 (2016) dénonce l’expansion des colonies israéliennes. Cependant, ces résolutions sont souvent restées sans effet, en raison du veto systématique des États-Unis, qui a empêché plus de 80 tentatives de mesures contraignantes contre Israël depuis 1945.

L’Assemblée générale, qui ne dispose pas de mécanisme de veto, a adopté plus de 200 résolutions critiquant la politique israélienne, telles que la résolution 194 (1948) qui établit le droit au retour des réfugiés palestiniens, la résolution 3236 (1974) qui reconnaît le droit à l’autodétermination du peuple palestinien, et la résolution 43/177 (1988) qui approuve la proclamation d’indépendance de la Palestine. Cependant, ces décisions n’ont qu’une portée déclarative et n’imposent aucune contrainte légale à Israël. Notons au passage que l’immense majorité des pays à travers le monde, soit 146 pays, reconnaît la Palestine comme État, tandis que les États-Unis et les pays occidentaux restent les seuls à refuser ce droit au peuple palestinien.

Un État Auteur de Violations Multiples du Droit International

Israël a régulièrement contourné ou violé de nombreuses résolutions de l’ONU. L’impunité dont il bénéficie repose sur plusieurs facteurs clés : le soutien indéfectible des États-Unis, qui utilisent leur droit de veto pour bloquer toute résolution contraignante et accordent 3,8 milliards de dollars d’aide militaire annuelle à Israël, ainsi que l’influence du lobby pro-israélien sur la politique étrangère américaine. Par ailleurs, des institutions internationales, comme la Cour pénale internationale (CPI), qui a mené des enquêtes sérieuses et objectives sur les crimes en Palestine, ont été marginalisées sur le dossier d’Israël. 

L’ordre mondial est en miettes. Les pays du Nord, si prompts à donner des leçons en droits humains aux pays pauvres, se taisent ou soutiennent les dérives d’Israël depuis plus de 70 ans. Ainsi les droits de l’Homme ne seraient plus si Universels que cela ?

Les Répercussions de l’Impunité Israélienne

Le refus d’appliquer le droit international entraîne des conséquences considérables. L’absence de justice renforce le sentiment de victimisation et alimente le cycle de violence, tandis que le blocus de Gaza et les restrictions en Cisjordanie occupée privent des millions de Palestiniens de ressources essentielles. Cela affaiblit également les initiatives de paix, car toute tentative de médiation est entravée par un déséquilibre des forces. 

Parallèlement, des mouvements de boycott et de désinvestissement (BDS) prennent, malgré les menaces et les interdictions de l’ampleur, et des voix critiques émergent au sein de la société israélienne face aux accusations de crimes de guerre.

Un Défi pour le Droit International

L’impunité d’Israël vis-à-vis des résolutions de l’ONU met en lumière la crédibilité des institutions internationales. Tant que les dynamiques actuelles se poursuivront, toute perspective de paix restera illusoire. Il est crucial que la communauté internationale aille au-delà des simples déclarations et impose des mesures concrètes, sous peine de voir le droit international réduit à un outil diplomatique sans réelle force.

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