Le réveil des nationalismes et des dirigeants populistes qui donnent la primauté aux intérêts nationaux sur les principes de paix et de démocratie s’accompagne d’une politique expansionniste menée par plusieurs dirigeants, notamment Donald Trump, Vladimir Poutine et Benyamin Netanyahu.
Cette approche, qui privilégie la force au dialogue, contribue à une instabilité croissante à travers le monde. Chacun ose publiquement afficher des prétentions territoriales.
L’histoire montre que les périodes de tensions exacerbées, comme celles ayant précédé les deux guerres mondiales, ont souvent été marquées par des affrontements militaires. Sous l’administration Trump, les États-Unis ont remis en question les fondements des relations internationales, en particulier dans le cadre du conflit au Moyen-Orient. Avec une arrogance et un mépris pour les autres, les institutions onusiennes et l’ensemble de l’humanité sont insultés quotidiennement par le locataire de la Maison Blanche. Seul Israël échappe à sa rhétorique haineuse dont même les universités et les institutions américaines sont victimes.
Israël et le droit international
Depuis la Seconde Guerre mondiale, le droit international a servi de cadre pour justifier des interventions ou condamner des violations. Toutefois, Israël constitue une exception notable : depuis 1948, ce pays a fait l’objet de plus de 300 résolutions de l’ONU, principalement émises par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité. Cependant, ces résolutions ont rarement été suivies d’effets concrets. L’évolution du conflit israélo-palestinien illustre un recul des principes de coopération internationale au profit d’une approche centrée sur les rapports de force.
Un traitement médiatique tendancieux
À de pareils moments de tension, les médias ont un rôle essentiel à jouer. À travers leurs analyses et reportages, ils assurent la transmission des faits et éclairent l’opinion publique. Toutefois, depuis quelque temps, l’indépendance des journalistes et des médias est soumise à des pressions politiques et économiques qui, de toute évidence, ont influencé leur couverture des événements. Dans le cas du conflit israélo-palestinien, certains médias adoptent une approche carrément partisane. Rares sont ceux qui s’interrogent sur le respect du droit international. Le fait même de prononcer ce mot quand il s’agit du conflit du Proche-Orient provoque des polémiques sans fin. On préfère jouer sur l’émotionnel plutôt que de présenter des choses factuelles. Cette disparité est d’autant plus marquée que, dans d’autres conflits, les violations du droit international font l’objet de condamnations médiatiques d’une clarté remarquable. Pourtant, les choses sont claires.
Un profond mépris pour les résolutions de l’ONU
Le Conseil de sécurité de l’ONU, chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales, a adopté plus de 100 résolutions sur Israël, portant sur l’occupation des territoires palestiniens (Cisjordanie, Gaza, Jérusalem-Est), la colonisation illégale, les violations des droits humains et les opérations militaires contre des États voisins.
Parmi ces résolutions, certaines sont particulièrement significatives, comme la 242 (1967), qui exige le retrait israélien des territoires occupés après la guerre de juin 67, ou encore la 338 (1973), qui appelle à un cessez-le-feu après la guerre d’octobre 73, ou la 478 (1980), qui condamne l’annexion de Jérusalem-Est et demande aux États de ne pas y établir leurs ambassades. Trump et quelques pays vassaux, au mépris de cette résolution, ont déplacé leurs ambassades à Jérusalem. Enfin, la 2334 (2016) exige l’arrêt immédiat de la colonisation, mais, dans un nième pied de nez à la communauté internationale, le nombre de colons en Cisjordanie est passé de 100 000 à plus de 700 000 depuis les accords d’Oslo, appelés cyniquement les accords de paix.
Bien que ces résolutions aient une valeur théorique contraignante, elles n’ont jamais été appliquées, principalement en raison du veto américain. Les États-Unis ont utilisé ce droit plus de 80 fois pour bloquer toute sanction contre Israël.
L’Assemblée générale, qui n’est pas soumise au veto, a adopté plus de 200 résolutions critiquant Israël. Cependant, l’absence de pouvoir contraignant rend ces décisions inopérantes. Israël a systématiquement ignoré ces résolutions sans qu’aucune sanction ne soit appliquée. Paradoxalement, le soutien américain à Israël est allé crescendo. Les États-Unis bloquent non seulement toute initiative contre Israël, mais accordent chaque année plusieurs milliards de dollars d’aide militaire. Le slogan « America First », qui est actuellement mis en avant pour bloquer l’USAID, les fonds nécessaires à l’Afrique ou au système de santé américain, prend tout son sens à travers cet exemple. Israël est un bastion américain au Moyen-Orient.
Les décisions de la Cour pénale internationale (CPI), qui a récemment ouvert des enquêtes sur des crimes de guerre en Palestine, n’ont eu aucun effet, et Netanyahu a été le premier responsable étranger à être invité officiellement à la Maison Blanche. L’Europe se déchire et se contorsionne pour contourner cette décision de la CPI.
Sans le soutien des Occidentaux, Israël aurait probablement été soumis à des sanctions comparables à celles imposées à l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid ou à d’autres États violant le droit international. L’impunité d’Israël est un feu vert pour tous les agresseurs potentiels.
La dangereuse perte de crédibilité des instances internationales
L’inaction face aux violations du droit international par Israël pose un problème de crédibilité pour l’ONU et les institutions internationales. L’exemple israélien a ouvert des brèches qu’il sera difficile de colmater.
Tant que cette dynamique perdurera, les cycles de violence se poursuivront, et une solution politique durable restera hors de portée. Plus que jamais, le retour au droit international apparaît comme une nécessité pour garantir une approche équilibrée. Des bruits de bottes se font entendre, et seul le respect de ce droit aussi imparfait soit-il pourra éviter le pire au monde entier.
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