,

En massacrant les innocents, Israël fait du mal à tous les humains

D’après le secrétaire à la Défense américain, Lloyd Austin, la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza a provoqué à ce jour la mort de plus de 25 000 femmes et enfants, le décompte des hommes tués est à part et dixit le député Habib Meyer « ce n’est pas fini ». 

Le 29 février 2024, « l’armée la plus morale du monde » selon Bernard-Henri Lévy, a ouvert le feu sur une foule affamée, provoquant un « massacre » qui a fait 110 morts et 760 blessés, principalement des femmes et des enfants qui s’étaient précipités sur des camions d’aide alimentaire. Une distribution d’aide humanitaire devenue meurtrière.

Ce mondain et défenseur des « causes justes » va-t-il continuer à déplorer la « désinformation » à l’encontre d’Israël ? Les 30 000 civils tués et les hôpitaux bombardés pourraient-ils nous permettre de nous affranchir définitivement de cette propagande ? Ou alors le calcul des rations alimentaires nécessaires à la survie ? Les autorités israéliennes ont calculé que la ration quotidienne nécessaire pour éviter la malnutrition était de 2500 calories pour les hommes et de 2000 calories pour les femmes. Partant de ce calcul cynique qui rappelle des pratiques immondes, l’État hébreu a calculé qu’il ne devait autoriser l’entrée chaque jour que de 106 camions chargés de vivres et autres denrées de première nécessité et non de 400 camions comme c’était demandé par les agences d’aide humanitaire.

Nous n’avons pas fini de souffrir devant les rares images qui nous parviennent de Gaza depuis 148 jours d’intenses bombardements de civils désarmés. Des femmes et des enfants tués de sang-froid sous nos yeux par de jeunes soldats armés jusqu’aux dents ou par des missiles téléguidés par intelligence artificielle.

Ou cette séquence insupportable où l’on voit des chiens errants se disputer les restes de cadavres…

Les Gazaouis sont devenus des survivants réduits à des âmes errantes en haillons, cachectiques, humiliés, courant dans tous les sens à la recherche de quelque chose à manger.  Était-ce ainsi lors du siège du ghetto de Varsovie ? J’ai toujours appris qu’être Juif, c’est être du côté des opprimés !

Nous n’avons pas fini de pleurer devant les images de centaines de Palestiniens affamés qui se jettent à l’eau dans l’espoir de récupérer l’une des caisses d’aliments larguées par l’armée jordanienne en pleine mer. Beaucoup ne savaient pas nager.

Le 20 février 2024, les États-Unis ont une nouvelle fois opposé leur veto à un projet de résolution présenté par l’Algérie au Conseil de sécurité de l’ONU, demandant un « cessez-le-feu immédiat à Gaza ». Le massacre de civils affamés peut donc se poursuivre. Pendant ce temps-là les États-Unis, le Canada, la France et de nombreux autres pays, soi-disant attachés à la paix, continuent de vendre armes et munitions à Israël à un rythme jamais vu.

Pourtant, la lutte des Palestiniens, comme de tout être humain, pour leurs droits fondamentaux est une question existentielle non négociable. 

L’incompréhension est totale entre l’Occident et le monde arabe. Le monde occidental peine à comprendre que la question palestinienne est centrale pour les Arabes du monde entier, même si leurs gouvernements font preuve de lâcheté. Aucun Arabe ne pourra être en paix tant que les droits du peuple palestinien seront bafoués. Il s’agit d’un engagement moral, politique et passionnel au-delà de la naturelle compassion. Comment faire comprendre aux Occidentaux que pour les Arabes, l’histoire n’a pas commencé le 7 octobre, mais en 1948 au moment où 750 000 Palestiniens ont été déplacés de leur terre pour y être remplacés par des Juifs venus d’Europe, voire en 1929 lors de la première révolte palestinienne. 

L’immense majorité des habitants de la région ignorait tout de l’idéologie Nazi. La Palestine était colonisée et en dehors d’une élite, les Palestiniens étaient, à l’époque en grande partie, analphabètes. Les médias occidentaux ne l’ignorent pas et pourtant ils abusent des comparaisons tendancieuses. A l’occasion de ce conflit ils ont subtilement mais systématiquement rappelé la persécution des Juifs en Europe, faisant penser que les Palestiniens étaient dans cette logique. 

Il ne s’agit de remettre en cause les horreurs subies par les juifs durant la seconde guerre mondiale.  Bien au contraire, je pense qu’il faut les enseigner aux enfants arabes dans toutes les écoles, mais ni le Palestinien lambda, ni les dirigeants palestiniens de l’époque ne sont responsables de ces horreurs. 

C’est probablement difficile à comprendre et même révoltant pour un occidental, mais les Arabes ne ressentent ni responsabilité ni culpabilité face à la Shoah. L’Holocauste ne leur pas été enseigné et ne relève pas de leurs préoccupations. Et pourquoi s’en étonner, longtemps cela é été le cas pour les occidentaux. Beaucoup n’ont compris qu’en 1985 et avec le film “ Shoah ” de Claude Lanzmann les horreurs qui se sont déroulées chez eux, parfois dans la gare qu’ils fréquentent tous les jours depuis leur tendre enfance.  

L’état de décadence du monde arabe en a fait une proie facile. Les populations arabes ont raté plusieurs marches de l’histoire contemporaine comme la révolution industrielle et avant elle les avancées des lumières. Ces populations n’ont pas eu accès à un système éducatif moderne, n’ont pas pu accéder à la modernité et ont simplement essayé de survivre sous le joug de l’occupation turque, anglaise ou française. Elles ont subi un système féodal, conservateur, de dures conditions de vie, dans un environnement hostile. Les indépendances ont été une catastrophe. Des dictatures sanguinaires corrompues ont pris le relai des colons. Une réalité jamais rappelée.

Comment à J 148 de cette guerre le monde ne parvient pas encore à réaliser que celui qui a commis le massacre du 7 octobre est le seul vainqueur de cette guerre, non seulement à Gaza, mais dans tous les pays arabes ? 

Comment le monde ne voit-il pas qu’en punissant des innocents, en commettant des massacres, en affamant les populations, en coupant l’eau et l’électricité à des civils (cette dernière étant, en conditions “habituelles” avant le conflit, octroyée que quelques heures par jour), en déplaçant deux millions de personnes, Israël est en train de radicaliser des millions de jeunes Arabes ?

Je refuse de croire que les stratèges israéliens soient à ce point aveuglés par la colère et ne réalisent pas l’impact des manifestations d’une jeunesse mondiale en colère, de Kuala Lumpur à Bogota en passant par Londres, Berlin, Istanbul, Rome, New York, Detroit ou San Francisco, et même Tel Aviv. Accuser tous ceux qui sont contre cette guerre d’antisémitisme est en soi une insulte. 

Cette politique de la terre brûlée annonce de grands malheurs à venir dans ce monde. Les dirigeants occidentaux doivent le comprendre, corriger cette injustice au nom de la simple humanité, mais aussi au nom de leurs intérêts à venir bien compris. Faute de quoi, ils seront les premiers à porter une lourde responsabilité devant le tribunal de l’Histoire.

Laisser un commentaire

Comments (

0

)