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Le Code de l’Indigénat : Une cicatrice indélébile

Toutes les occasions sont bonnes rappeler ce qu’était le Code de l’indigénat. 

Sur leurs terres, que la force des armes a désignées comme françaises, les Algériens ont enduré, durant 60 ans, outre l’expropriation et la colonisation, l’application d’un Code qui a piétiné la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789. Ce texte fondamental proclamait que « tous les individus disposent de droits naturels et imprescriptibles, tels que la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression ».

La pire loi a probablement été celle promulguée le 28 juin 1881, nommée Code de l’indigénat. Elle a été imposée d’abord en Algérie, initiant un terrible apartheid, un système répressif et discriminatoire, destiné à maintenir les populations autochtones dans un statut de citoyens de seconde zone. Initialement présentée comme une mesure transitoire, ce code a été étendu aux autres colonies françaises en 1887 et a perduré jusqu’en 1946, engendrant ainsi plus de soixante ans d’un arbitraire « légal ». Son abolition n’a pas refermé toutes les blessures. 

Ce Code institutionnel a ancré la ségrégation et la discrimination raciale comme piliers de la colonisation.

Le fossé moral, creusé par ce code entre colonisateurs et colonisés, alimente encore les colères.

Le Code de l’indigénat conférait aux agents coloniaux des pouvoirs exorbitants, leur permettant d’imposer des sanctions sans aucune garantie d’un procès équitable. Les amendes, le travail forcé et les incarcérations sont devenus monnaie courante. Plus alarmant encore, ce code a introduit la notion de responsabilité collective, punissant des communautés entières pour les actes d’un seul individu, exacerbant ainsi les tensions entre colons et autochtones et favorisant l’émergence de mouvements nationalistes et réformistes, notamment après la Première Guerre mondiale.

L’instauration de la responsabilité collective représente une véritable perversion du principe de justice en punissant indistinctement innocents et coupables.

Sous l’emprise du Code de l’indigénat, les populations indigènes se sont vues dépossédées de leurs droits civils et politiques, complètement exclues du processus démocratique.

Bien que le Code de l’indigénat ait été aboli en 1946, il continue à impacter les relations entre les Maghrébins et la France. Les séquelles de cette législation sont encore présentes dans les mémoires et rendent les réactions plus vives qu’elles ne devraient l’être : les plaies se sont fermées, mais les cicatrices de cette discrimination continuent de se manifester dans les réactions sociales et politiques contemporaines.

Le devoir de mémoire est fondamental dans la préservation des mémoires. Il permet de mettre en lumière les injustices et les violences subies et d’aller de l’avant. Se souvenir de ces événements permet d’apprendre à reconnaître les formes contemporaines de discrimination et d’injustice. Chaque commémoration est l’occasion de rappeler que la domination et l’occupation d’un peuple mènent toujours à des actes inqualifiables. 

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