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Plus rien ne semble pouvoir arrêter Netanyahu

L’indécence de ses propos a atteint un niveau jamais vu. Dernièrement il a parlé d’antisémitisme après l’annonce du mandat d’arrêt de la CPI (Cour Pénale Internationale) et oser faire un parallèle avec l’affaire Dreyfus. Utiliser l’affaire Dreyfus est honteux, cette affaire est événement marquant dans la vie politique française et dans la lutte contre l’antisémitisme !

Dénoncer sa politique ou exprimer son indignation face aux crimes de guerre à Gaza ne doit en aucun être assimilé à la haine des Juifs.

Nous vivons à une époque marquée par des opinions divergentes et des discours violents. S’affirmer devient un défi de taille. L’actualité du Proche-Orient en est un exemple frappant, où les débats idéologiques sont biaisés par la manipulation du pathos et l’exposition de souffrances humaines et de stéréotypes.

La question se pose alors : comment défendre ses convictions sans être mis dans une case ? Pourtant il est impératif d’affirmer ses idées pour préserver sa paix intérieure et promouvoir un cadre de respect. 

Les complexités de l’expression des convictions à travers le prisme du conflit israélo-palestinien, illustrant la nécessité d’un dialogue éclairé et d’une compréhension mutuelle pour apaiser les tensions désormais palpables dans tous les pays.

La lutte contre le racisme et contre l’antisémitisme sont indissociables. Avec la montée des populismes et des extrêmes l’heure est à la solidarité dans la lutte contre toutes les formes de haine, et non à leur instrumentalisation politique.

Ces dernières années, le climat de tension autour du conflit israélo-palestinien a exacerbé les actes antisémites, soulevant des inquiétudes légitimes.

Il n’est pas nécessaire d’être arabe pour dénoncer les massacres de civils, ni juif pour défendre l’existence d’Israël.

Le contexte de la guerre au Proche-Orient a fait que les scènes de bagarres à Amsterdam entre les supporters du Maccabi Haifa et des arabes ne peuvent plus être considérées comme de banals incidents. Pour les Occidentaux ce qui s’est passé à Amsterdam la ville de Anne Frank se résume à une chasse à l’homme et cet homme est juif et faire la part entre cette réalité et le fait que c’est aussi une bagarre entre deux groupes de supporters est impossible. Les agressions des chauffeurs de taxis marocains, les slogans anti-arabes et les drapeaux palestiniens déchirés ne rappellent rien et sont ignorés. L’extrême droite aux portes du pouvoir dans plusieurs pays européens et aux Etats-Unis, dont l’ADN même est marquée par une haine des juifs, joue sur du velours en feignant défendre les juifs à travers des discours anti-immigrés. La montée des actes antisémites est indéniable mais elle est souvent alimentée par ce déséquilibre dans le traitement des faits. Les discours polarisants servent ceux qui n’acceptent pas de distinguer une critique légitime des politiques israéliennes de l’antisémitisme. Beaucoup auraient aimé que l’indignation des Occidentaux face à ce qui s’est passé à Amsterdam soit supérieur aux pertes de 45 000 Palestiniens et la montée des actes antisémites depuis les attaques du Hamas.

A ce stade il nous faut insister sur le fait que l’antisémitisme et le racisme, bien que différents, sont interconnectés. Il nous faut antisémitisme doit être combattu partout et de tout temps mais s’en servir pour justifier ce que commet Israël comme crimes, occupation de territoires est scandaleux.

Les généralisations sur les Juifs, les plaçant tous sous le même chapeau de culpabilité, sont non seulement dangereuses, mais elles stigmatisent également une communauté déjà fragilisée. 

Depuis la seconde guerre mondiale et la Shoah les luttes contre le racisme et l’antisémitisme ont toujours été liées en occident. Il ne faut pas nier les particularités de la relégation de l’une des deux luttes, soit par l’extrême droite identitaire, soit par la gauche qui confond l’antisémitisme avec des luttes postcoloniales, serait un revers pour l’universalisme républicain. Il est impératif d’unir nos forces pour éviter que la concurrence des mémoires et des douleurs ne prévale. 

Ils ne sont pas encore  nombreux mais ils existent et il faut les écouter. Des arabes défendent l’existence d’Israël et des Juifs dénoncent les crimes du gouvernement Israélien. Plusieurs médias portent la lourde responsabilité d’avoir fait croire que tous les Juifs soutenaient Netanyahou et que tous les arabes soutenaient le Hamas. Cet amalgame volontairement entretenu doit nous inquiéter car il ne présage rien de bon pour l’avenir. La souffrance des Palestiniens et de la montée de l’antisémitisme depuis l’attaque du Hamas sont corrélés c’est évident mais les prises de positions politiques partisanes et le discours médiatique dominant ont instrumentalisé et alimenté la fracture entre les deux communautés.

Cette ambiguïté complexifie les discussions et renforce les stéréotypes, créant un climat où le dialogue constructif devient presque impossible. Chacun doit faire l’effort de comprendre les démons qui font souffrir le vis-à-vis.

D’autre part, pour les Arabes, critiquer Israël sans être étiqueté comme antisémite représente un défi quotidien. La guerre en Palestine ne peut en aucun cas être le prétexte justifier l’antisémitisme. Bien au contraire, les propos antisémites desservent les défenseurs de la cause palestinienne, les sionistes l’ont bien compris.

Cette dissonance crée non seulement de la confusion, mais aussi des tensions qui entravent l’émergence d’un discours nuancé et éclairé. Il devient crucial de reconnaître la souffrance des deux parties, afin de poser les bases d’un dialogue véritable.

Pour que la diplomatie occidentale soit efficace, elle doit faire preuve d’empathie et de respect envers tous les acteurs impliqués. L’indignation sélective de certaines puissances, comme les États-Unis, face aux violations des droits humains, mine la crédibilité de leur position. La nécessité d’une approche équilibrée est d’autant plus pressante dans un contexte où les luttes identitaires et les idéologies politiques se mêlent souvent de manière déformée. Les récits simplistes, qui déshumanisent les Palestiniens et présentent les Israéliens comme des oppresseurs, doivent être déconstruits. Pour progresser vers une coexistence pacifique, il est essentiel d’encourager une culture du questionnement, intégrant des perspectives variées. Ce processus permettra de bâtir des ponts plutôt que des murs, facilitant ainsi un dialogue constructif.

Le statu quo actuel, marqué par la colonisation israélienne et les divisions politiques palestiniennes, est intenable. Les tentatives de négociation, des accords d’Oslo aux initiatives récentes, ont échoué. Pourtant, une solution négociée demeure la seule voie réaliste pour mettre fin au conflit. Cela nécessitera des concessions douloureuses des deux côtés, tout en intégrant les principes des résolutions onusiennes. L’éducation joue également un rôle fondamental dans la lutte contre l’intolérance. Les établissements scolaires doivent promouvoir des programmes qui encouragent la tolérance et la diversité, tout en sensibilisant les jeunes aux dangers des préjugés. Former des citoyens capables de penser de manière critique est essentiel pour envisager un avenir où les conflits se résolvent par le dialogue plutôt que par la violence.

Affirmer ses convictions dans un contexte tendu est non seulement crucial pour établir un dialogue respectueux, mais c’est également un acte de courage. La distinction entre antisionisme et antisémitisme ne doit pas faire obstacle à la dénonciation des injustices. En cultivant l’empathie et en s’engageant à écouter, nous pouvons espérer construire un avenir où chaque voix trouve sa place, respectant la dignité humaine de tous. Ce chemin vers l’authenticité et la compréhension mutuelle est le seul capable d’aboutir à une paix durable, offrant ainsi une lueur d’espoir dans un monde souvent divisé.

La manipulation actuelle de l’antisémitisme, qui consiste à en nier l’existence, est tout aussi pernicieuse. Lutter contre le racisme et l’antisémitisme est une nécessité, car ignorer l’un au profit de l’autre ne fait que renforcer la division et la haine. 

Cette manipulation double brouille les efforts contre la haine. 

La marginalisation de l’une au profit de l’autre serait une défaite pour l’universalisme républicain. Il est impératif de solidariser la lutte contre le racisme et l’antisémitisme pour contrer leur manipulation et éviter la concurrence des souffrances. Sans cela, ceux qui prônent l’affrontement permanent auront gain de cause.

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