Yasser Arafat : Mystères et Héritage d’un Leader en Quête de Paix

Il y a vingt ans disparaissait Yasser Arafat.

Son décès est survenue le 11 novembre 2004 dans des circonstances qui restent floues, laissant planer un voile de mystère sur les réelles causes de son décès et les enjeux qui les sous-tendent.

Le leader palestinien a rendu son dernier souffle à l’hôpital militaire Percy à Clamart, en France, à l’âge de 75 ans, après avoir été évacué d’urgence de Ramallah, où il était confiné par l’armée israélienne depuis 2002. À cette époque, les médecins français avaient diagnostiqué une « hémorragie cérébrale », tout en restant incapables d’en déterminer l’origine. De nombreuses interrogations subsistent, suscitant des inquiétudes et une curiosité persistante.

Pourquoi l’autopsie n’a-t-elle pas été réalisée ? Quels motifs ont conduit les autorités françaises à écarter si rapidement l’hypothèse d’un empoisonnement ? Que contient exactement le dossier médical remis à la veuve d’Arafat ? Ces questions alimentent des suspicions bien légitimes.

En 2012, Souha, la veuve d’Arafat, choisit de faire exhumer le corps de son époux et dépose une plainte en France pour « assassinat ». Les analyses révèlent une présence anormalement élevée de polonium 210, un isotope radioactif d’une toxicité redoutable, sur les effets personnels du leader palestinien. Même dans la mort, il n’a pas trouvé le repos.

Tandis que des experts suisses évoquent l’hypothèse d’un empoisonnement au polonium comme « plausible », leurs homologues français et russes concluent à une « mort naturelle ».

Figure emblématique de la cause palestinienne, Arafat a incarné la lutte pour la reconnaissance et les droits d’un peuple opprimé, en quête d’un État depuis 76 ans. Son héritage est marqué par des controverses, des échecs, des défis et de la contestation. 

Ses combats, malgré l’espoir qu’ils véhiculaient, se sont souvent heurtés à des réalités implacables qu’il a parfois sous-estimées, incarnant le pot de terre face au pot de fer. Il n’avait aucune chance de gagner une guerre qui avait en réalité comme acteurs les Etats-Unis et l’Europe. Arafat a toujours refusé d’écouter Bourguiba, les Palestiniens devaient se battre seuls pour leurs droits inaliénables. 

Il a miraculeusement survécu à plus de 40 tentatives d’assassinat, dont certaines étaient audacieuses, impliquant des complots avec des gangsters syriens et des lettres piégées.

En août 1982, après l’invasion israélienne du Liban, Arafat a traversé des épreuves terribles à Beyrouth, survivant en buvant de l’eau des égouts et changeant de refuge chaque nuit. Sa vie a été sauvée grâce à une évacuation vers Tunis, juste avant le massacre des camps de Sabra et Chatila, qui a eu lieu deux semaines après son départ.

Les accords d’Oslo, signés en 1993, lui ont valu le prix Nobel de la paix en 1994, qu’il a partagé avec le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, lui aussi assassiné par un extrémiste israélien, et le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres. Ce prix a récompensé leurs efforts pour établir la paix au Moyen-Orient. Comme de nombreux dirigeants israéliens et palestiniens en conflit, Arafat a compris qu’il ne pouvait y avoir de vainqueurs dans cette lutte et que la paix était la seule issue viable.

Aujourd’hui, Ehoud Barak plaide pour la paix et la reconnaissance des droits du peuple Palestiniens, mais lors des négociations de Camp David II, il a piégé Arafat, qui a été malmené par les Américains pour avoir refusé de signer un accord de paix. Accord de paix jamais finalisé et qui n’a jamais été officiellement proposé à la délégation palestinienne. 

Réticent à participer à ce sommet, qu’il considérait mal préparé et prématuré, Arafat a vu son image entachée par des mensonges sur les raisons de l’échec de Camp David II, lui faisant perdre sa légitimité en tant qu’un des artisans de la paix. Clinton et Barak l’ont piégé et ont menti aucune offre n’a été officiellement faite aux Palestiniens durant ce sommet. C’est des faits historiques établis pourtant la version retenue et reprise à ce jour fait des Palestiniens les responsables du refus d’un accord de paix généreux. Il était question dans ce projet d’officialiser la main mise définitive d’Israël sur Jérusalem et de céder sur le droit au retour des réfugiés Palestiniens.

Depuis les années 60, Israël s’est acharné, avec un certain succès, à affaiblir l’Autorité palestinienne et l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), assassinant des centaines de ses dirigeants, privant ainsi le peuple Palestinien de représentants crédibles et laissant le champ libre aux extrémistes, poussant certains Palestiniens vers des puissances étrangères. Cette dynamique est la conséquence inéluctable d’une politique de la terre brûlée adoptée par Israël depuis sa création.

Les mystères entourant la mort d’Arafat demeurent, mais une certitude émerge : le vide créé par l’affaiblissement de l’Autorité palestinienne et de l’OLP et l’assassinat de ses dirigeants ont grandement contribué à la guerre actuelle.

L’analyse de la vie et de la mort d’Arafat nous rappelle que la paix ne se construit pas uniquement par des accords, mais aussi par la reconnaissance des souffrances de chaque partie. 

À travers le prisme de l’histoire, le parcours d’Arafat soulève des réflexions sur la manière dont la puissance militaire, le ressentiment et l’espoir s’entrelacent, façonnant le destin des nations.

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