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La Santé : Un Bien Commun !

À l’heure où un énième conseil des ministres dédié à la santé se profile dans les prochains jours, la descente aux enfers semble inexorable. Les crises se succèdent, se ressemblent, et les décisions prises au cours des 30 dernières années se révèlent pour la plupart inefficaces et coûteuses. Les maux chroniques qui minent notre système de santé ont des racines communes : une gouvernance chaotique, une corruption persistante, et le manque de redevabilité envers les soignants, pour n’en nommer que quelques-unes.

Notre système de santé, bâti empiriquement après l’indépendance par des hommes et des femmes dévoués, a réussi une première étape indéniable. Cependant, une remise à plat de son mode de gestion s’impose pour éviter une dérive persistante.

Revenons aux fondamentaux : la santé est l’affaire de tous. Pour ce faire, mettons fin à la politique des silos entre les ministères traitant, de près ou de loin, des questions de santé. Le ministère de la santé a été isolé et injustement ciblé pendant trop longtemps.

Des programmes de santé efficaces ont permis à notre pays de remporter des batailles contre des fléaux présents encore chez nos voisins. Pourtant, des incohérences profondes subsistent : une numérisation promise en 1991 grâce à un crédit de la Banque mondiale qui n’a jamais vu le jour, des décisions centralisées inadaptées, des bureaux ministériels encombrés à Bab Saadoun, et des inégalités croissantes dans notre système de santé à deux ou trois vitesses.

Notre système de gestion de la santé a atteint ses limites, devenant archaïque et ingérable. Des écarts inacceptables se sont creusés, créant une santé à deux ou trois vitesses. La réforme avortée des EPS de 1991 a laissé nos hôpitaux endettés et la gestion des ressources humaines en santé a été laissée au hasard.

Le financement de notre santé est décalé par rapport à la réalité, et le système d’assurance maladie mis en place est au mieux un énorme mensonge. Pour une santé démocratique, une et indivisible, une réforme profonde est nécessaire.

Abattre les cloisons entre le privé et le public, sans livrer le secteur public au privé, est une option réalisable. Inspirons-nous des expériences réussies dans le monde pour construire un système de santé unique, performant, équitable, qui réponde aux besoins de tous, des régions côtières aux régions intérieures.

L’institution de la médecine de famille offre une opportunité unique, et la réforme des études médicales n’était pas simplement académique. La priorité doit être donnée à l’éducation sanitaire, à la prévention, et au suivi des maladies chroniques.

Réussir une réforme de la santé en profondeur nécessite une volonté politique clairement exprimée, mettant en œuvre des solutions techniques adaptées. Chacun doit jouer son rôle pour garantir le droit à la santé pour tous, sans distinction.

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