Au sein de la communauté universitaire et parmi des prétendus Sfaxiens, certains signataires d’une lettre ouverte parue dans le journal La Presse et adressée au Président de la République ont proféré des propos humainement inacceptables. Bien que la réaction appropriée face à de tels discours soit le mépris, par amour pour Sfax et par respect pour ses habitants, nous choisissons de répondre :
Ces individus ne représentent ni les vrais Sfaxiens ni la communauté universitaire. Les Sfaxiens que nous connaissons sont accueillants, ouverts intellectuellement et respectueux envers les étrangers. Utiliser le titre d’universitaires et de Sfaxiens pour propager de tels propos haineux est une insulte à Sfax et à la sphère académique.
Les signataires anonymes de cette prétendue lettre universitaire qualifient les Subsahariens de tuberculeux, de terroristes et de péril pour la Tunisie. Leur interprétation tendancieuse de l’histoire sert de base à leurs théories. Nous restons abasourdis face à la teneur de cette lettre.
Dans cette missive ouverte au Président de la République, publiée le 10 mai 2023 dans La Presse, ils osent déclarer : « La physionomie humaine, sociale et ethnique d’une métropole comme Sfax, s’est déjà modifiée : un homme d’affaires français en visite à Sfax, en passant par Bab Jebli, le cœur de la ville de Sfax, s’est demandé avec étonnement : « Je suis à Sfax ou à Sikassou ? » Nous avons honte devant la bassesse de ces propos. Ce texte, que même l’extrême-droite rejetterait, est xénophobe, complotiste et haineux. Ces individus sont méprisables.
Le souvenir des événements tragiques qui ont eu lieu à Sfax il y a quelques mois est glaçant. N’avez-vous donc aucune limite ? Pourquoi tant de haine envers les plus vulnérables ? Leur détresse ne suscite-t-elle aucune compassion de votre part ? Certains d’entre eux travaillent peut-être dans vos vergers, à des salaires dérisoires. Leur sérieux et leur dévouement ne vous satisfont-ils pas davantage que ceux de vos compatriotes ?
Après avoir stigmatisé les Noirs, quel sera votre prochain bouc émissaire ? Les Tunisiens non originaires de la vieille Médina de Sfax ? Où s’arrêtera votre ignorance ? En regrettant l’époque des colons blancs, exprimez-vous votre idéal ? Très probablement, l’un de vos enfants vit à l’étranger, sachez qu’il est perçu par vos semblables du nord comme la principale cause de tous leurs malheurs. La bêtise ne connaît pas de frontières.
Ce que vous avancez est faux. Ceux qui survivent à la traversée du Sahara sont généralement jeunes et en bonne santé, peut-être même plus que vous ? Utiliser vos titres d’universitaires originaires de Sfax pour déverser un tel flot d’ordures est une manipulation dangereuse. Vous surfez sur l’exaspération et la colère, mais à notre connaissance, elles ne sont pas à l’origine des ordures qui jonchent vos trottoirs.
Sachez, pauvres ignorants, que vous avez probablement un ancêtre noir. Notre nation ne peut progresser avec une telle mentalité. Vos propos alimentent la peur, la division et donc la violence. Est-ce votre objectif ? Vous ne réussirez pas à ternir l’image des universitaires, dont la richesse principale réside dans leurs qualités humanistes.
Nous appelons les Sfaxiens, les Tunisiens de tous horizons, les instances académiques, les intellectuels, les journalistes et les vrais universitaires, les défenseurs des droits de l’Homme, les associations, à réagir. Ne nous laissons pas intimider par des xénophobes racistes et haineux.
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