Texte écrit le 23 décembre 2023
Dans l’ombre grandissante des défis socio-politiques, économiques, et culturels, un silence assourdissant règne sur les dysfonctionnements qui minent la nation tunisienne. Un capital humain autrefois florissant est actuellement dilapidé, tandis qu’une méfiance grandissante envers l’État se répand parmi les citoyens. La société semble submergée par la résignation, la fatigue, et un sombre fatalisme qui entrave toute implication dans la vie publique.
Cette apathie, cette désertion citoyenne, soulève des questions cruciales : est-ce un réflexe de survie face à une société fragmentée ? L’absence d’alternatives claires contribue-t-elle à cette démission collective ? Le spectre du passé hante-t-il les esprits, ranimant la peur ?
Pour ceux qui, de bonne foi, se sont résignés, un examen factuel des étapes clés du récit actuel pourrait servir de réveil :
L’interprétation tendancieuse de l’article 80 et la sélection sélective de passages dans le cadre de l’état d’exception.
Le décret présidentiel n° 2021-117 du 22 septembre 2021, instaurant des mesures exceptionnelles.
Une consultation électronique biaisée, conduisant à une interprétation partiale des résultats et ouvrant la voie au référendum constitutionnel.
Un référendum constitutionnel mobilisant seulement 28 % des électeurs, révélant un désintérêt massif, voire un rejet implicite du projet constitutionnel.
La rédaction unilatérale d’une constitution sur mesure, suscitant des inquiétudes quant à la légitimité du processus.
La dissolution d’institutions clés, telles que le conseil supérieur de la magistrature, l’Instance Supérieure Indépendante pour les élections, et l’Instance nationale de lutte contre la corruption.
Des décrets et lois (n° 2022-55 et n° 2022-54) introduisant des changements significatifs dans le système électoral et la lutte contre les infractions liées aux systèmes d’information et de communication.
Cette liste, bien que non exhaustive, pointe vers des actions unilatérales aux conséquences potentiellement dévastatrices pour la démocratie tunisienne. Le désintérêt croissant, cependant, menace les fondements mêmes de la démocratie : la liberté de la presse, la démocratie représentative, la séparation des pouvoirs.
La déception face à la « décennie noire » précédente ne devrait pas éclipser la réalité croissante d’une détérioration constante. Les décisions arbitraires, non motivées et partisanes ne suscitent plus de réactions significatives. Cette apathie citoyenne représente un danger imminent pour l’avenir du pays.
L’impact économique des choix politiques actuels est sous-estimé, sapant la confiance des investisseurs et aggravant la crise économique. Les multiples défis auxquels est confronté le président tunisien soulignent la nécessité d’une vision politique claire et d’un dialogue national inclusif, mettant de côté la concentration croissante du pouvoir.
L’unique lueur d’espoir réside dans la possibilité d’un dialogue national élargi, une plateforme sans exclusions, qui pourrait générer des solutions concrètes pour sortir le pays de l’impasse actuelle.
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