Notre omniscient toutologue national, prétentieux détenteur d’une science infaillible, se voit en chef de file arabe et même tiers mondial. Balayant d’un revers de main les réalités, il déclare vivre sur une autre planète mais qui doit être effrayante. Il voit des complots et des ennemis partout.
Son auto-coup d’Etat lui a donné un pouvoir illimité. Grâce à une interprétation toute personnelle de l’article 80 de la constitution, il s’est arrogé tous les pouvoirs.
Sa rapidité à rédiger une nouvelle constitution en quinze jours, truffée de 47 erreurs et les contradictions qui la rendent risible, témoigne de l’inconsistance de ce prétendu professeur en droit qui n’a jamais réussi à dépasser la première marche de la carrière académique.
Ce personnage, dont les préoccupations s’étendent de l’entretien des stades, des piscines, jardins publics, des mosquées et des bassins d’eau en passant par la plage de Hammamet, semble ne reculer devant aucun sujet, s’autorisant à juger de tout, de l’économie à la culture. Il n’hésite pas à désigner des boucs émissaires internes et externes, tout en s’exprimant de manière souvent peu réfléchie et violente pour justifier ses multiples échecs.
Ses discours, impulsifs et désordonnés, saccadés, trahissent une aversion profonde envers ceux qui ont su réussir, une réaction sans doute liée à ses propres échecs. Cet académicien obscur, dont les contributions se limitent à de rares articles dans des revues locales, reste englué dans ses frustrations. il n’accepte pas le débat, par même les interviews.
Le pouvoir qu’il exerce lui permet de s’en prendre à ses opposants avec une violence verbale inouïe, les qualifiant de vermines et de microbes nuisibles et n’hésitant par les emprisonner sans procès.
Il a piétiné des deux pieds l’Etat de droit naissant.
Sa légitimité électorale, réelle mais totalement biaisée par un processus électoral faussé par des entraves à ses adversaires, sert de paravent à ses dérives, alors que ses discours populistes, plaisent à certains, ne font plus rire grand monde. Son incapacité à dialoguer est exceptionnelle. C’est simple, il est hermétique, il n’entend pas.
Dans son monde, la critique est synonyme de trahison.
Entouré d’une cour d’opportunistes qui flattent son ego démesuré, les voix discordantes sont étouffées, et le débat se réduit à des monologues égocentriques.
Son obsession du contrôle s’étend à chaque aspect de la vie sociale. Chaque projet doit passer sous son regard inquisiteur, transformant l’initiative en une simple extension de sa volonté personnelle. Les compétences sont souvent sacrifiées sur l’autel de la loyauté aveugle.
Il n’a aucune considération pour les hommes et les femmes qui travaillent pour lui. Ils sont plusieurs dizaines à avoir été limogés sans savoir pourquoi et qui se sont retrouvés sans emploi.
Ce n’est qu’une question de temps pour réaliser que derrière cette façade de certitude se cache un terrible complexe d’infériorité. Il en souffre car il est celui qui a le plus conscience de son incompétence. L’ absence de résultats concrets commence à le rattraper, les promesses non tenues s’accumulant, exacerbant les frustrations de la jeunesse qui subit un terrible chômage et des familles qui n’en peuvent plus de l’inflation de la dégradation du pouvoir d’achat. Les rues, jadis silencieuses, vibrent désormais d’une colère sourde, prête à éclater.
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