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Le contexte déloyal et les pratiques douteuses entourent l’élection présidentielle en Tunisie.

C’est dans un contexte de concurrence déloyale où les multiples violations et pratiques douteuses entourent l’organisation que se déroulera l’élection présidentielle en Tunisie. Tout d’abord, l’autorité organisatrice de ces élections est illégitime, étant donné qu’elle est issue d’un coup d’État qui a détruit les institutions de l’État. Dès le début, cette autorité a démontré son manque d’intégrité en prenant des décisions scandaleuses sur le plan institutionnel.

Parmi ces décisions, on peut citer l’appel tardif aux électeurs, avec l’ordre de convocation émis seulement deux jours avant la fin du délai, et une seule personne, à savoir Kaïs Saïed, étant informée. De plus, le délai accordé aux candidats potentiels pour la collecte des 10 000 signatures populaires et les préparatifs logistiques et psychologiques est très court, ce qui limite leur capacité à mener une campagne électorale efficace.

Par ailleurs, l’absence de mention de la date du second tour, contrairement aux élections précédentes, laisse penser qu’il n’y aura pas de second tour, ce qui remet en question la transparence du processus électoral. De plus, l’instance électorale illégitime aux ordres de Kaïs Saïed ne respecte pas les règles électorales, notamment avec un décret-loi non publié au Journal officiel, ce qui soulève des doutes quant à son impartialité. Notons que les décisions de cette instance sont illégales car le quorum ne peut pas être atteint, les membres contestataires ont été limogés et même condamnés à la prison

Il est également préoccupant de constater l’imposition d’un formulaire-type pour la collecte des signatures, ainsi que le refus d’autoriser une personne mandatée pour déposer le dossier de candidature. De plus, la situation des prisonniers politiques et leur droit de se porter candidats sont des problématiques qui ne peuvent être ignorées.

En outre, les restrictions introduites par Kaïs Saïed dans sa très personnelle constitution sont également préoccupantes. La condition d’âge minimum de 40 ans pour se porter candidat va à l’encontre de son slogan de soutien à la jeunesse. De plus, l’interdiction aux citoyens à l’étranger et aux binationaux de se porter candidats est anticonstitutionnelle.

Il est clair que Kaïs Saïed exerce un contrôle sur l’instance électorale, qui n’est plus indépendante comme auparavant. Cette absence de neutralité et d’indépendance structurelle et fonctionnelle remet en question l’intégrité du processus électoral.

De plus, le cadre juridique actuel entrave le processus électoral, en permettant aux titulaires de droits de faire recours contre les décisions de l’instance électorale de Kaïs Saïed qui violent la loi électorale et les normes internationales. Dans ces circonstances, le rôle du Tribunal administratif devient crucial, étant donné l’hostilité affichée par Kaïs Saïed envers la Cour constitutionnelle. Notons que Kaïs Saied refuse depuis 5 ans de nommer cette cour.

Face à ces multiples violations et pratiques douteuses, des interventions et discussions ont eu lieu. Certains proposent de ne présenter qu’un seul candidat, tandis que d’autres insistent sur la nécessité de soutenir toute personnalité susceptible d’obtenir des voix de la base de l’ancien régime. Il est également crucial de soutenir ceux qui s’engagent à organiser des élections législatives dans un délai de 3 mois.

Le pessimisme de l’opposition n’est pas encourageant, mais il est essentiel de faire face aux violations du devoir de respect des droits civils et politiques. Les élections seront à la mesure de Kaïs Saïed, et il est donc nécessaire de demander l’intervention des instances internationales pour garantir la transparence du processus électoral.

La question de la participation ou non est également posée, compte tenu de la situation de répression et du temps limité pour les candidats. Certains appellent au boycott, mais il est important de rappeler que le souhait de Kaïs Saïed est que les gens boycottent ou que la participation soit faible. Un boycott affaiblirait l’opposition, et il est donc préférable de participer.

– Encourager la participation active de la diaspora tunisienne à l’étranger est essentiel pour renforcer la mobilisation contre les pratiques du pouvoir issu du coup d’État. La diaspora a un rôle clé à jouer dans la dénonciation des violations des droits humains et dans la sensibilisation de la communauté internationale à la situation en Tunisie.

– Il est également important de réfléchir à l’après-6 octobre et de préparer des stratégies pour faire face à différentes situations. Si le processus électoral était arrêté par une décision de justice, il faudrait envisager des actions légales pour contester cette décision et protéger la légalité constitutionnelle.

– Enfin, il est primordial de souligner que la lutte contre le pouvoir issu du coup d’État ne se limite pas aux élections. Il s’agit d’un combat de longue haleine qui nécessite une mobilisation constante et une unité solide de l’opposition. Il est essentiel de continuer à dénoncer les pratiques antidémocratiques et de faire pression sur le pouvoir en place jusqu’à ce que la légalité constitutionnelle et le processus démocratique soient restaurés.

– Il est crucial d’adopter une approche stratégique et unie pour faire face aux défis actuels en Tunisie. La participation aux élections, la mobilisation de la diaspora, la dénonciation des violations des droits humains et la recherche de solutions alternatives sont autant de moyens de faire pression sur le pouvoir issu du coup d’État et de contribuer au rétablissement de la démocratie dans le pays. La lutte continue, et il est essentiel que toutes les forces démocratiques restent engagées et déterminées.

Il est impératif de reconnaître que la situation actuelle en Tunisie nécessite une réflexion approfondie et une action concertée de la part de toutes les parties prenantes. Dans ce contexte, le rôle des organisations de la société civile est essentiel pour surveiller le processus électoral et signaler les abus. Ces organisations doivent se mobiliser non seulement pour défendre les droits des électeurs, mais aussi pour garantir que les voix des citoyens soient entendues et respectées.

De plus, l’engagement des médias est crucial. Une presse libre et indépendante doit jouer un rôle de veille, en informant le public des violations et en donnant la parole aux voix marginalisées. Les journalistes doivent être encouragés à enquêter sur les pratiques douteuses et à exposer les manœuvres de manipulation qui pourraient entacher le processus électoral. Ce soutien à la liberté de la presse est essentiel pour éclairer l’opinion publique et favoriser un débat démocratique.

La nécessité de sensibiliser la communauté internationale à la situation en Tunisie ne peut être sous-estimée. Les gouvernements étrangers, ainsi que les organisations internationales, doivent être avertis des atteintes aux droits humains et des menaces à la démocratie. La pression internationale peut jouer un rôle déterminant dans l’encouragement d’un dialogue inclusif et dans la promotion de réformes nécessaires pour restaurer la confiance dans les institutions tunisiennes.

En outre, il est essentiel d’encourager un dialogue entre les différentes factions de l’opposition. La fragmentation ne fait qu’affaiblir la voix collective contre le régime en place. Des initiatives visant à rassembler les forces politiques autour d’un programme commun, basé sur des valeurs démocratiques et le respect des droits humains, pourraient renforcer la légitimité de l’opposition et mobiliser un plus large soutien populaire.

Il est également crucial d’investir dans l’éducation civique pour sensibiliser les citoyens à leurs droits et à leur rôle dans le processus démocratique. Une population informée est mieux équipée pour faire face aux manipulations et pour exercer son droit de vote de manière éclairée. Des campagnes de sensibilisation doivent être menées pour inciter les électeurs à participer activement aux élections, tout en leur fournissant les outils nécessaires pour contester les abus.

Enfin, la lutte pour la démocratie en Tunisie doit s’inscrire dans un cadre de solidarité régionale. Les défis auxquels fait face le pays ne sont pas isolés, et les expériences des autres nations arabes peuvent offrir des leçons précieuses. En partageant des stratégies et en consolidant les efforts à l’échelle régionale, les mouvements démocratiques peuvent trouver des synergies et renforcer leur impact.

Ainsi, alors que la Tunisie se trouve à un carrefour critique, il est essentiel que toutes les composantes de la société, y compris les partis politiques, la société civile, les médias et les citoyens, s’unissent pour défendre les principes démocratiques et s’opposer aux dérives autoritaires. La voie vers un avenir démocratique est semée d’embûches, mais avec détermination et solidarité, il est possible de restaurer l’espoir et de bâtir une société où les droits et les libertés de chacun sont respectés. La lutte pour la démocratie continue, et chaque voix compte.

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