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Gendarmes en Méditerranée : Accord Tunisie-UE sous le Feu des Critiques

Une Nouvelle Soumission : Les Coulisses de l’Accord Tunisie-UE

Malgré les rêves romantiques, les relations entre États sont toujours dictées par des rapports de force. Les communiqués officiels tentent de masquer cette réalité, mais la loi du plus fort persiste. Cependant, la vérité est complexe. En l’absence d’une communication libre, chaque partie présente sa réalité de manière biaisée, manipulant ainsi sa population. Cela n’est pas nouveau. En 1274 av. J-C, Ramsès II, ayant perdu la bataille de Qadesh, a utilisé la propagande pour faire croire aux Égyptiens qu’il était le vainqueur. Aujourd’hui, la désinformation reste le sport favori des régimes autoritaires. Les Tunisiens, pendant cinquante ans, ont excellé dans le décryptage des informations officielles, lisant entre les lignes.

Un Accord Immoral

La communication officielle entourant l’ »accord stratégique » du 16 juillet entre l’Union européenne (UE) et la Tunisie rappelle des périodes sombres du passé. Cet accord, loin d’être « égal à égal », renforce le statut de sujétion de la Tunisie à ses voisins européens, traitant les Tunisiens comme des sujets plutôt que des partenaires. Les détails de l’accord demeurent flous, et même la dernière version n’a pas été communiquée aux représentants des États tunisiens. La France et l’Allemagne ont été exclues des négociations, provoquant des critiques au sein de l’UE.

Giorgia Meloni, Ursula von der Leyen et Mark Rutte ont distillé des informations lors de leur visite à Carthage, créant des légendes autour d’un accord historique. Les déclarations optimistes cachent la réalité du cahier des charges européen, apparemment plus contraignant que les dotations financières. L’accord est présenté comme « gagnant-gagnant », mais les avantages tangibles pour la Tunisie restent flous.

Sur la question migratoire, les autorités tunisiennes, malgré leurs déclarations, ne sont pas crédibles. L’accord prévoit le retour des Tunisiens en situation irrégulière depuis l’UE. Avec 18 000 Tunisiens arrivés illégalement en Italie en 2022, les défis de réadmission et de réinsertion sont ignorés.

Confusion Entretenue

Le chantage aux visas dans cet accord est immoral. La hiérarchisation de la liberté de circulation des peuples est inadmissible à l’ère d’un monde devenu un village. La délivrance de visas aux citoyens tunisiens est liée à des subventions et une ligne de crédit dérisoires. Corréler les visas à l’engagement de la Tunisie à contrôler l’immigration crée une idée préconçue que tout voyageur tunisien est un immigrant potentiel.

L’accord, immoral, fait de l’immigration le pivot des relations sud-nord. Il contribue à déstabiliser les pays du Sud en favorisant la fuite des compétences nécessaires. Rééquilibrer les échanges pour une relation équitable ne semble pas être la préoccupation des signataires.

Cet accord est une manipulation de l’opinion publique, associant immigration illégale, octroi de crédits et de visas. En agissant comme gendarme du Sud, la Tunisie sacrifie ses citoyens pour jouer un rôle peu enviable. Malheureusement, il perpétue les disparités entre les peuples au lieu de les atténuer, creusant davantage les drames actuels. La libre circulation des hommes, des savoirs et des marchandises semble avoir cédé la place à l’accord de la peur et des intérêts. Rien ne pourra arrêter les humains de bouger, et cet accord ne fait que retarder l’inévitable.

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