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Tunisie : Quand les élections deviennent une farce

La scène politique tunisienne, dans sa course électorale, semble s’être transformée en un spectacle grotesque où les acteurs jouent leur rôle sans comprendre ni leur place ni l’importance de la pièce. L’absurdité des élections présidentielles de 2024, avec des lois et des candidatures qui frisent le ridicule, soulève une question essentielle : pourquoi les figures politiques, comme Ibrahim Bouderbala et Kais Saïed, persistent-elles dans cette mascarade ? La politique tunisienne semble se diriger vers une triste farce où la dignité, la morale et l’éthique semblent avoir été abandonnées.

L’absurdité de la loi électorale

Prenons l’exemple de l’article 3 de la loi n° 45 de 2024, votée le 27 septembre 2024. Cette loi stipule qu’elle s’applique aux litiges concernant les élections présidentielles de 2024, mais de manière particulièrement étrange, elle se concentre uniquement sur le conflit entre le tribunal administratif et l’autorité électorale. Ce texte législatif semble n’avoir d’autre fonction que de légitimer une situation spécifique et de soutenir un candidat en particulier, une manipulation juridique qui ne sert qu’à conforter un pouvoir en place. Cette loi ressemble plus à un simple « mouchoir en papier » qu’à un véritable instrument juridique, et son utilité réelle est pratiquement nulle dans un contexte politique plus large.

Le rôle des institutions : entre farce et inaction

L’institution censée garantir des élections transparentes et neutres, la commission électorale, a joué un rôle tout aussi dérisoire. En acceptant la candidature de certains candidats comme Maghzaoui et Zammel, la commission a transformé ces personnages en simples figurants, destinés à masquer la victoire du candidat en place. L’illusion d’un choix démocratique a été mise en avant, mais les résultats étaient déjà connus : une élection jouée d’avance, où les voix des candidats dits « opposants » ne comptent tout simplement pas. Ce processus n’a plus rien à voir avec des élections libres et transparentes ; il s’apparente davantage à une parodie politique.

L’UGTT et l’illusion du rôle national

L’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), historiquement considérée comme un acteur clé dans le processus politique et social du pays, semble avoir totalement disparu du paysage. Alors qu’elle a longtemps joué un rôle crucial dans la défense des intérêts du peuple tunisien, son silence durant cette période électorale est assourdissant. À la place, elle a choisi de se concentrer sur des causes extérieures, comme la dénonciation de l’assassinat de Hassan Nasrallah, un événement tragique, certes, mais qui ne devrait pas occulter les enjeux internes cruciaux. Si l’UGTT ne réagit pas en cette période charnière, elle risque de disparaître dans les oubliettes de l’histoire politique tunisienne.

Une élection sans légitimité

À l’heure actuelle, les élections en Tunisie ne sont plus qu’une formalité. Il est difficile de trouver dans les discours électoraux des propositions concrètes, des visions politiques ou même des engagements forts. Les acteurs politiques s’en tiennent à des phrases vides, des justifications creuses, et la légitimité semble avoir été abandonnée au profit d’une représentation vide de sens. Ce qui était autrefois un processus politique important, où le peuple tunisien choisissait son avenir, s’est transformé en un simple simulacre de démocratie. Nous assistons, impuissants, à la mise en scène d’un système électoral dont les résultats sont déjà scellés à l’avance.

Le retour à la vérité : une urgence politique

Face à ce chaos organisé, il est devenu impératif de chercher la vérité, même si cela signifie faire face à une réalité qui dérange. Les partis politiques, les institutions et même l’opinion publique doivent comprendre que la légitimité d’un système démocratique ne peut être fondée sur une simple illusion. Si la Tunisie souhaite réellement sortir de la crise politique dans laquelle elle s’est enfoncée, il est urgent que le peuple tunisien et ses dirigeants retrouvent la dignité politique, celle qui repose sur des élections libres, transparentes et légitimes.

La farce électorale actuelle ne peut durer indéfiniment. La vérité doit être rétablie, non seulement par la parole, mais par l’action. Il est temps de reconsidérer la place de la politique dans notre société et de remettre en question la légitimité des institutions qui se prétendent garantes de notre avenir. Si ce processus n’est pas mis en question, la Tunisie risque de sombrer dans un chaos politique dont elle ne pourra plus se relever.

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