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L’âge mûr

Notre pays affronte le troisième millénaire avec un programme de mise à niveau qui devrait le hausser au niveau des pays les plus développés.

Dans ce contexte, la mise en place de normes hospitalières adaptées à la réalité tunisienne est une étape inéluctable qui apportera un début de réponse aux difficultés de l’anesthésie – réanimation en fait partie.

Les quatre principes élémentaires d’une démarche qualité sont : 

Le système, non les personnes, est responsable de la qualité

La qualité est l’affaire de tous

La qualité est fonction de la perception de la clientèle visée

La non-qualité coûte cher.

Un premier constat, La pratique de l’anesthésie est en grande partie tributaire du bon fonctionnement du système dans lequel elle est pratiquée, c’est ce que confirme l’étude de Lagasse et coll. qui conclue que « Le déterminant majeur de la qualité en anesthésie est le système » (1).

Ceci constitue à la fois une contrainte mais aussi une opportunité, car si le système est le déterminant majeur pour la pratique d’une anesthésie de qualité, la réciproque est aussi vraie.

Les problèmes de financement de la santé imposeront aux décideurs l’adoption d’un système d’accréditation des services hospitaliers. C’est une échéance inéluctable. Les services à options chirurgicales et traumatologiques doivent impérativement imposer la création de services d’anesthésie-réanimation, seule alternative crédible pour une pratique de qualité. Il faut médicaliser l’anesthésie

 « Seule une pratique de qualité dans le respect des contingences économiques actuelles nous permettra de conserver notre autonomie ».(2) En impliquant les structures d’anesthésie-réanimation dans une démarche qualité les structures à vocations chirurgicales se donneront les moyens d’atteindre cet objectif. L’éparpillement des compétences et la dispersion des moyens qui ont démontré leur inefficacité du point de vue scientifique et universitaire, sont contraires à une démarche qualité et le coût de la non-qualité en anesthésie, n’est malheureusement pas seulement financier. Il n’est pas nécessaire d’être un expert en économie de santé pour se rendre compte que la multiplication à l’infini des sites d’anesthésie et des unités de réanimation au sein d’un même hôpital est contraire à toute notion de rentabilité.      

L’adoption de règles de fonctionnement déontologiques entre les services hospitaliers et les services d’anesthésie-réanimation doit accompagner ces créations. Ces règles qui ne doivent certainement pas être copiées sur des modèles ayant d’autres réalités sociales et économiques, mais elles doivent s’en inspirer tout du moins dans la démarche. (3)(4)

Pour beaucoup, l’anesthésie-réanimation tunisienne progresse depuis deux décennies à une vitesse appréciable et rien ne semble arrêter ce mouvement.

Pour d’autres, il n’y a pas assez de médecins anesthésistes-réanimateurs et l’immense majorité des hôpitaux publics ne bénéficient pas de service d’anesthésie-réanimation. Il s’agit à l’évidence de deux analyses pour le moins divergentes.

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