,

L’ANESTHESIE-REANIMATION, QUEL AVENIR ?

Novembre 94

L’anesthésie réanimation est une « petite spécialité » me disait récemment un jeune interne qui hésitait encore entre le plaisir qu’il éprouvait à la pratiquer et le prestige que pourrait lui procurer le titre de cardiologue !

Combien de fois avons nous entendu un chirurgien affirmer en toute bonne foi n’avoir besoin que d’un seul anesthésiste pour la bonne marche de son service ?

Combien d’hôpitaux de Tunis disposent d’une garde d’Anesthésie–Réanimation ?

Nous pouvons multiplier à l’infini cette énumération d’exemples qui reflètent que la spécialité n’a pas encore la place qui lui revient dans la nomenclature médicale, bien que le médecin anesthésiste suit la même filière que ses collègues des autres spécialités, passe les mêmes concours et son choix n’est dicté que par l’amour de la spécialité et une abnégation qui frôle la naïveté. 

A notre avis l’anesthésie-Réanimation tunisienne souffre d’un problème de nombre et d’un problème de structuration.

On estime généralement qu’il faut deux anesthésistes réanimateurs par chirurgien, nous sommes loin de cette exigence définie par les instances internationales.

Pour la promotion de résidents de 1993, 149 postes de résidents dans les spécialités chirurgicales ont été ouvert contre 15 en anesthésie réanimation ; seuls deux ou trois resteront à l’hôpital  une fois le résidanat terminé les autres iront dans le secteur privé.

Pour les structures publiques, il s’agit d’un véritable tonneau des danaïde .

Il est grand temps de prendre le problème par le bon bout et de trouver des solutions audacieuses. Les propositions ne manquent pas, à la conditions de leur épanouissement à l’hôpital. 

En effet, l’augmentation du nombre n’aura de sens que si l’on décide de structurer cette spécialité dans les C.H.U. Il n’est pas logique e parsemer un anesthésiste par ci, un autre par là. Quel est leur avenir ? Comment peuvent ils assurer les gardes, les blocs, la réanimation, la recherche, et l’enseignement en même temps ?

En neurochirurgie, en chirurgie pédiatrique, en ORL, en obstétrique, en urologie, en orthopédie mais aussi pour toutes les détresses vitales la demande est énorme, comment y répondre ?

La solution n’est certainement pas saupoudrer les compétences, car celà équivaudrait à mettre la spécialité sur une voie sans issue.

La solution ne peut découler que d’une politique de santé qui fait ses preuves et a été adoptée au Canada, en Europe. Elle consiste à créer des départements ou des services qui couvrent une zone déterminée  qui peut comprendre un, deux ou même trois hôpitaux (En France par exemple les services d’anesthésies du Kremlin-Bicêtre ; Antoine Béclère, Paul Brousse sont regroupés dans un seul département d’anesthésie-réanimation).

Nous n’avons pas besoin de tutelle, le médecin anesthésiste à l’instar de ses confères des autres spécialités a les moyens et le droit d’aspirer à aller de l’avant. 

Isolé, relevant médicalement et administrativement d’une autre spécialité il ne peut que : 

  1. S’atrophier s’il accepte la situation.
  2. Refuser la situation et entrer en conflit avec ses « tuteurs ».
  3. Abandonner le combat.

Aucune de ces solutions n’est acceptable. Alors à tous nos amis nous disons Aidez nous ! Notre souci n’est pas d’avoir un quelconque pouvoir mais d’offrir les meilleurs soins à vos malades qui deviennent aussi les nôtres.

Mais c’est peut être là toute la problématique !!!

Laisser un commentaire

Comments (

0

)