Janvier 96
La médecine en perdant progressivement son aspect aléatoire au profit d’une rigueur conquise au fil des découvertes médicales et technologiques, devient une discipline quantifiable tant au niveau de la qualité que du cout, comme en témoigne la multiplication des conférences de consensus et autres manifestations du même type dans différentes pays et pour toutes les pathologie.
La mise en place de normes médicales internationalement reconnues est un phénomène qui prend de l’ampleur, la diffusion de ces normes par le biais des médias expose le praticien à une critique facile, parfois même abusive.
Notre génération sera la première à vivre sans enthousiasme la mise en place d’un contrôle de la qualité des prestations médicales par des organismes dont le premier soucis sera évidemment d’ordre économique.
Les gestionnaires qui ont une vision économique de la santé, voient dans la mise en place de ces normes une occasion pour maitriser les dépenses de santé.
Le corps médical. La démographique médicale aidant, ne trouve pas la bonne riposte, à ce qu’il vit comme une ingérence dans sa relation avec le malade.
La vraie solution sera bien sur celle qui naîtra de l’entente entre le gestionnaire et le praticien.
Mais la seule préoccupation du médecin reste une assurance qualité des soins qui de toute façon impose une évaluation des prestations des secteurs publics ou privés et qui forcement doit être qualitative faute de quoi elle générerait un effet de surconsommation.
Donc un contrôle de qualité qui obéit à :
- Une méthodologie de travail rigoureuse avec des objectifs clairs.
- La formation continue des équipes médicales et para-médicales.
- L’identification des points blocage de la chaine de soins : mauvaise ou absence de coordination entre les intervenants, manque de moyens humains, matériels….
- L’instauration de mesures incitatives pour les plus performants.
En anesthésie –réanimation nous avons été les précurseurs à adopter cette méthodologie peut être en raison du cout élevé des moyens utilisés. ou encore parce que l’anesthésiste-réanimateur a de toute façon a une obligation de résultat, nous sommes habitués à raisonner en terme d’assurance qualité.
A titre d’exemple des protocoles d’antibiothérapie prophylactique ou de transfusion sanguine ou encore d’examens complémentaires préopératoires sont appliqués depuis plusieurs années.
Le recours à des scores et autres indices fait partie de notre pratique quotidienne : L’utilisation d’indices d’activité types OMEGA, PRN-réa, TISS ou encore d’autre indices tels que ASA , NYHA, APACHE I et II, IGS I et II,O.S.F et I.S.S.
Ces paramètres validés permettent de comparer aussi bien des normes de travail qu’une charge de soins ou des résultats d’une prise en charge.
Mais la condition sine qua non de l’assurance qualité est la « mise à niveau « des moyens matériels et humains des services d’anesthésie-réanimation; c’est à dire mettre en œuvre en anesthésie les normes de sécurité que nous avons clairement définies et en réanimation chirurgicale. Identifier un lieu et une équipe pour chaque hôpital.
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