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Le  défi de la qualité 

Avril 96

Mon propos ici, ne prétend nullement traiter d’un problème vital en quelques lignes. Mais les suggestions qui seront exposées plus loin pourraient  alimenter un débat constructif et bénéfique à notre profession.

En partant du principe que tout médecin en exercice est un prescripteur potentiel.  Et que la consommation en biens de santé varie parallèlement au niveau de vie des citoyens, il est aisé d’imaginer les effets délétères d’une croissance exponentielle de la démographie médicale associées à une médecine pratiquée à l’acte.

La croissance de la démographie médicale en Tunisie a atteint des proportions importantes si l’on tient compte de l’âge moyen, relativement bas des médecins actuellement en exercice.

Les quatre facultés de médecines du pays ont actuellement plusieurs centaines de médecins en formation, et contrairement à ce que pourraient penser certains, Cela ne suffira pas à lui seul à résoudre le problème du déficit en médecins dans certaines régions ou spécialités. Il est même probable que cette solution qui ne répond qui ne répond pas à l’inadéquation entre les besoins en médecins, et les conditions d’exercice soit nocive. 

Délivrer un diplôme de docteur en médecine n’est pas très compliqué. Dans la mesure où la plupart des candidats finissent par remplir tant bien que mal les conditions requises. En revanche ; une fois les études terminées. Il devient impossible dans le système actuel d’exercer une autorité morale ou scientifique sur un confrère qui faute de formations déontologique et scientifique solide risque de partir à la dérive.

C’est à ce stade qu’intervient le second aspect du problème : La médecine à L’acte. La relation médecin-malade ponctuelle et rémunérée en tant que telle peut en situation de crise, être source de surconsommation médicale, de concurrence malaise, d’excès et d’abus.

La solution doit provenir des professionnels par un véritable réflexe de préservation. Elle passe par la formation de généralistes de qualité. Elle nécessite  à priori et toute urgence, l’instauration d’un numérus clausus draconiens qui devra être respecté. Cette première mesure permettra certainement une amélioration de la qualité de la formation par une communication entre enseignants et enseignés facilitée.

L’instauration d’un examen de fin d’études semblable à la formule du résidanat actuel à la place des examens cliniques peut constituer une garantie supplémentaire. La durée des études médicales est trop courte, six années d’études suivies de quatre stages d’internat de quatre mois est la moyenne dans les bonnes écoles de médecine. 

Une redéfinition des modalités de la thèse est tout aussi nécessaire.

L’enseignement de la dimension humaniste de notre métier a été trop longtemps négligé. Dès les bancs de la faculté le futur médecin devrait bénéficier d’un enseignement  de l’histoire des sciences médicales. De l’épistémologie, de la déontologie ou encore des techniques de communications, ceci contribuera à resituer la médecine dans sa dimension humaniste.

Le corps médical ne peut pas continuer à ignorer cette réalité démographique et économique.

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