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Le Traitement de la Douleur : Rattraper le Retard

Les désagréments causés par la douleur postopératoire (DPO) restent le seul souvenir désagréable pour la majorité des patients de la période préopératoire. Cette douleur constitue une source d’angoisse significative pour tous les malades.

Paradoxalement, le corps médical semble ne pas avoir pris pleinement conscience de ce problème. 75% des médecins interrogés estiment que leurs patients sont satisfaits de la qualité de la prise en charge de la DPO (2). Qui croire ? L’Association Internationale pour l’Étude de la Douleur (IASP) définit la douleur comme « une sensation désagréable et une expérience émotionnelle en réponse à une atteinte tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite en ces termes. » Souffrir de DPO n’est donc pas une situation normale, et il est maintenant inexcusable de ne pas intervenir thérapeutiquement, compte tenu des nombreuses options disponibles sans risques importants pour les patients.

La réhabilitation de l’utilisation de la morphine est cruciale dans ce contexte. Le recours aux morphiniques liposolubles par voie intrathécale permet une analgésie prolongée et de qualité, avec des doses minimales et un risque de dépression respiratoire réduit. La généralisation de la technique d’analgésie contrôlée par le patient (ACP) offre un confort inestimable aux patients avec un risque proche de zéro (3). L’utilisation de posologies infra-toxiques de mélanges d’analgésiques ou le concept d’analgésie équilibrée, désormais étendu aux voies péri-médullaires, connaissent un engouement croissant. L’analgésie préventive, soutenue par de nouvelles drogues telles que les inhibiteurs des cyclo-oxygénases, est appelée à se développer (4). L’anesthésie locorégionale (ALR), bien que déjà ancienne, reste d’actualité. L’utilisation de l’ALR par ACP semble être la prochaine étape majeure dans ce domaine, notamment pour les accouchements.

Cependant, la problématique est complexe et les scientifiques seuls ne peuvent prétendre à la résoudre. Les sociétés savantes recommandent d’inscrire la prise en charge de la DPO comme une priorité thérapeutique, mais il est crucial de mobiliser les moyens nécessaires. Un programme efficace de lutte contre la DPO nécessite des ressources matérielles et humaines, avec un monitorage instrumental continu des fonctions vitales, des consultations d’anesthésie systématiques pour informer les patients des différentes méthodes d’analgésie postopératoire, et la formation continue du personnel médical et paramédical.

Rien n’autorise désormais les médecins à négliger cet aspect fondamental de la prise en charge périopératoire. Il est impératif d’agir pour sensibiliser les confrères et les autorités afin de répondre à l’attente légitime des patients.

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