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Réformer en profondeur le Secteur de la Santé : Un Appel à l’Action Urgente

Au lendemain de la pandémie mondiale qui a mis à l’épreuve tous les systèmes de santé, il est impératif de reconnaître les lacunes structurelles de notre propre système, amplifiées au fil du temps. Malgré les efforts déployés par certains acteurs et responsables du secteur, confrontés à des lobbys puissants et un courage politique défaillant, le statu quo persiste. Afin de remédier à cette situation critique, des réformes substantielles s’imposent de toute urgence, touchant aux fondements mêmes du système de santé, de son financement à la formation des professionnels de la santé, en passant par la démographie et la législation régissante.

Cet appel à l’action se focalise sur quatre réformes essentielles, analysant de manière critique des textes réglementaires en vigueur :

Décret 95-1634 du 4 septembre 1995 : Ce décret autorise les Professeurs et les Maîtres de Conférences Agrégé en Médecine à exercer une activité privée complémentaire (APC) après cinq ans d’ancienneté. Bien que limitée dans le temps en théorie, cette pratique engendre des abus compromettant la continuité des soins dans le secteur public. Des pratiques peu vertueuses, documentées dans une étude de la GIZ en 2020, soulignent la nécessité de revoir ce décret.

Décret 94-2156 du 17 octobre 1994 : Ce décret autorise certains médecins hospitaliers à assurer des consultations privées deux après-midis par semaine dans des régions dites prioritaires. Cependant, cela crée des discriminations dans l’accès aux soins, les citoyens se sentant parfois contraints de recourir à des consultations privées pour une prise en charge plus personnalisée.

Article 47 du code de déontologie médicale : Cet article ouvre la porte à la dichotomie en permettant au médecin traitant d’agir comme aide opératoire tout en présentant ses honoraires directement au patient. Cette brèche légale risque de perturber la relation entre chirurgiens et praticiens de ville, avec des conséquences potentielles sur les décisions médicales.

Article 41 de la loi 73-55 : Cet article autorise les professionnels de la santé à recevoir des cadeaux sous la couverture d’un encouragement à la recherche et à l’enseignement post universitaire. Ces pratiques, bien que controversées, persistent en raison de failles dans la législation, créant un terrain propice au clientélisme.

Il est crucial de souligner que cette réflexion n’a pas pour but de dénoncer, mais plutôt de susciter le débat. Face à ces réalités, une réforme en profondeur du système de santé est incontournable. Il est temps d’agir avec modération, en évitant la radicalité et en favorisant des solutions apaisantes et consensuelles. La santé est un bien commun, et l’avenir du système de santé dépend de la collaboration de tous les acteurs, publics et privés, dans le respect de la loi et de l’éthique.

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