Juin 95
Il y a un peu plus de trois décennies, et en tous cas lors de la création de la Faculté de Médecine de Tunis, un petit nombre de nos maitres, de retour au pays, ont mis en place les structures de la médecine tunisienne. Bien évidemment, et tel que cela fut en d’autres domaines, ce système s’inspirait du système français avec en plus, une touche locale.
Aujourd’hui le nombre de médecins tunisiens en exercice est aux environs de 6.000 auxquels il faut il faut ajouter les résidents internes et médecins en cours de thèse.
Tout ce monde évolue selon des schémas et des règles établis initialement entre 1960 et 1970 avec en supplément l’apport d’additifs personnels que chacun a rajouté selon sa conception de la profession.
Cette mutation est dans la logique des choses, le système tunisien a ainsi évolué ct c’est bien, à une réserve prés en médecine: la formation continue.
Le système français dont nous nous sommes inspirés, est l ‘un des rares systèmes au monde à n’avoir pas planifié la formation continue des médecins. Sur ce constat on a assisté à la prolifération anarchique des journées, congrès manifestations en tous genres, à telle enseigne que l’on ne sait plus où donner de l a tête!
S’agit-il de communiquer les résultats d’un travail de recherche, ou de mettre à jour des connaissances acquises sur les bancs de la faculté ?
Ou est ce les deux à la fois ?
Dans le premier cas tout travail scientifique avant d’être exposé et pour la crédibilité des organisateurs des dites manifestations, doit être soumis à un comité de lecture, il serait donc normal qu’une partie des travaux proposés, soit rejetée ! Par ailleurs, un travail valable est obligatoirement suivi d’une publication dans une revue au cours des mois ou dans l’année qui suit, sinon il ne présente plus aucun intérêt pour la communauté scientifique.
On ne s’attardera pas sur les modalités de conception, d’exécution et d’analyse statistique d’un travail, mais à titre d’exemple, est-il concevable qu’en 1995 la quai totalité des études soient encore rétrospectives ?
Il est clair que l’information scientifique souffre d’une certaine improvisation où quelques uns (peu nombreux) essayent surtout de récolter des points pour les concours, beaucoup plus de communiquer les résultats d’une recherche sérieuse.
Dans le deuxième cas c’est à dire la mise à jour des connaissances, nous avons affaire à un auditoire assoifé de revues de la littérature, mises aux points illustrées de nouvelles techniques ou méthodes, publications de monographies. Voilà vers quoi certains se sont dirigés et qui semble adapté à nos besoins.
Ainsi, nous pourrions au lieu de multiplier à l’in fini les congrès OLI se sui vent les communications de 10 minutes et les pauses café, faire plus d’enseignement postuniversitaire chacun dans son domaine avec diffusion des textes. Bien évidemment t la recherche sérieuse doit avoir sa place et les deux conceptions se complètent par essence, mais seul un petit nombre de congrès qui seront en quelque sorte indexés en fonction de leur sérieux suffisent pour communiquer des résultats, ils peuvent se tenir à la faculté où à un endroit spécialement conçu pour ce genre de manifestations.
Ainsi les différents aspects de la formation continue peuvent donc se présenter sous quatre formes :
1) Abonnement à des revues médicales.
2) Présence aux conférences de mise au point.
3) Présence à des stages ou ateliers de Perfectionnement
4) Abolition de la barrière Public- Privé,
Et il est des écueils à éviter par tous les confrères, à savoir :
- L’isolement
- La réserve naturelle qui s’installe avec le temps et l’éloignement,
Eviter en tout cas que le médecin ne s’installe dans la position du médecin de campagne tel qu’il est caricaturé : Une fois sa thèse en poche, il exercera durant toute sa carrière en se basant sur les seules notions acquises durant ses études médicales.
Il appartiendra aux sociétés savantes d’être le relais entre les Ministère de tutelle, l e Conseil de l’Ordre, la Faculté et les confrères pour réglementer la formation continue qui tout comme la recherche obéit à la des normes reconnues que l’on doit respecter.
Quant à la recherche scientifique, gardons à l’esprit que :
« La Science doit reposer sur des faits, pas sur des hommes »
Laisser un commentaire