Alors que notre nation embrasse le troisième millénaire avec l’ambitieux projet de se hisser au niveau des pays les plus développés, une étape incontournable se profile : l’instauration de normes hospitalières adaptées à la réalité tunisienne. Cet élan englobe les secteurs cruciaux de la santé, dont l’anesthésie-réanimation, posant ainsi les fondements d’une réponse aux défis qui se présentent.
Les quatre piliers élémentaires d’une démarche qualité, à savoir que le système est responsable de la qualité, que celle-ci concerne tous les acteurs, qu’elle dépend de la perception des patients ciblés, et que la non-qualité est coûteuse, guident notre réflexion.
Il est indéniable que la pratique de l’anesthésie est intrinsèquement liée au bon fonctionnement du système dans lequel elle s’inscrit. C’est ce que confirme l’étude de Lagasse et collaborateurs, concluant que « le déterminant majeur de la qualité en anesthésie est le système. »
Cependant, ce constat représente également une opportunité, car l’amélioration du système peut catalyser une pratique d’anesthésie de qualité. Les enjeux financiers en santé obligent les décideurs à adopter un système d’accréditation des services hospitaliers, devenant ainsi une échéance inévitable.
Les services chirurgicaux et traumatologiques, en particulier, doivent favoriser la création de services d’anesthésie-réanimation, la seule alternative crédible pour une pratique de qualité. Médicaliser l’anesthésie s’impose comme une nécessité incontournable.
« Seule une pratique de qualité, dans le respect des contingences économiques actuelles, nous permettra de conserver notre autonomie », souligne-t-on. Impliquer les structures d’anesthésie-réanimation dans une démarche qualité offre aux services chirurgicaux les moyens d’atteindre cet objectif. L’éparpillement des compétences et la dispersion des moyens sont contraires à une démarche qualité, dont le coût de la non-qualité, malheureusement, ne se limite pas à des considérations financières.
La multiplication infinie des sites d’anesthésie et des unités de réanimation au sein d’un même hôpital semble, aux yeux de tout observateur, contraire à toute notion de rentabilité. L’adoption de règles déontologiques entre les services hospitaliers et les services d’anesthésie-réanimation devrait accompagner ces créations, en s’inspirant des modèles pertinents adaptés aux réalités sociales et économiques spécifiques.
L’évolution rapide de l’anesthésie-réanimation tunisienne au cours des deux dernières décennies est applaudie par beaucoup, tandis que d’autres pointent du doigt le manque d’anesthésistes-réanimateurs et la carence en services d’anesthésie-réanimation dans la majorité des hôpitaux publics. Ces divergences d’opinions soulignent la nécessité d’un dialogue constructif et de démarches consensuelles pour garantir l’essor continu de l’anesthésie-réanimation en Tunisie
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