Certains enseignants et coopérants laissent des traces que le temps ne peut effacer. Au collège et au lycée, comme dans tant d’autres parcours, quelques professeurs m’ont profondément marqué. Le souvenir de leur patience, de leur engagement face à des classes de quarante adolescents parfois difficiles, me bouleverse encore aujourd’hui. Ces femmes et ces hommes, animés par un vrai dévouement, ont été des modèles de rigueur, de bienveillance et d’abnégation. Ils nous ont transmis bien plus que des savoirs : ils nous ont appris le respect, la curiosité, et le courage d’affronter le monde. Je leur en serai éternellement reconnaissant.
Une catégorie particulière d’enseignants a touché des générations entières : les jeunes Français envoyés en coopération, qui ont choisi de consacrer dix-huit mois de leur vie à l’enseignement ou à d’autres missions dans des régions souvent reculées.
Je me souviens de notre professeur de physique en terminale. À peine plus âgé que nous, il arriva le premier jour au lycée avec ses parents. Nous étions adolescents, prompts à juger, et pourtant il sut, par sa sincérité et sa patience, conquérir notre admiration. À force d’écoute et d’exigence, il devint le professeur le plus respecté et le plus aimé de sa promotion. Plus d’un demi-siècle plus tard, son nom reste encore vivant dans nos mémoires.
Ces jeunes coopérants ont poursuivi ce même engagement dans d’autres domaines, notamment dans la santé. Devenu jeune médecin, j’ai eu la chance de croiser certains d’entre eux dans des hôpitaux tunisiens, affectés dans des régions où peu de locaux acceptaient de travailler. Avec des moyens souvent rudimentaires, ils ont sauvé des vies, fabriqué des équipements improvisés pour les prématurés, et apporté leur savoir avec humilité et générosité. À chaque pot de départ, médecins, infirmiers et chefs de service versaient des larmes, touchés par leur engagement sans limite.
La réciproque est vraie : de nombreux médecins français se souviennent encore de ces expériences humaines uniques dans les pays africains. Durant dix-huit mois, ils ont donné tout ce qu’ils avaient, sans calcul, sans ambition personnelle, simplement pour servir. Ces missions ont prouvé qu’un autre type de relation est possible entre la France et l’Afrique, fondée sur le partage, l’échange et la solidarité.
Ces histoires montrent que la coopération peut être un acte profondément humain et vertueux. Enseigner, soigner, accompagner — ces gestes simples mais essentiels ont un impact durable, bien au-delà de la durée de la mission. Ils rappellent que l’engagement humain peut transformer des vies, renforcer des communautés, et transmettre des valeurs universelles de générosité et de respect.
Aux enseignants et coopérants qui ont donné sans compter, qui ont formé, soigné, écouté, guidé : merci.
Votre héritage est vivant dans chaque vie que vous avez touchée, dans chaque sourire, dans chaque succès.
Vous êtes la preuve que le dévouement et la solidarité restent possibles, même dans un monde souvent marqué par l’égoïsme et l’indifférence.
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