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Rester des consciences éveillées

D’énormes défis pèsent sur nous en ce moment : les guerres, la crise économique, les pandémies, les problèmes écologiques, le populisme, la dictature et même la résurgence du fascisme nous accablent et nous laissent souvent dans un état de stupeur. Plusieurs milliards d’humains sont appelés à voter en 2024, la désinformation bat son plein. Face aux puissances financières, militaires, policières et politiques qui submergent le monde, nous, simples citoyens, nous nous sentons impuissants et insignifiants. 

Pourtant, il nous faut garder les yeux ouverts et faire face à ces catastrophes à venir. Rester des consciences éveillées est le maître mot. Nous n’avons d’autre alternative que celle de rester vigilants et lucides, tout en plaçant nos espoirs dans l’improbable pour pouvoir continuer à avancer. C’est notre seule planche de salut. 

Croire en des possibilités qui semblent hors de portée nous permet de continuer à résister à la tentation de la fatalité. Gardons à l’esprit que l’Histoire a toujours eu plus d’imagination que les humains !

En croyant et en travaillant pour l’improbable, nous refusons de nous laisser enfermer par les limites étroites du possible où nos esprits nous enferment. Nous devons nous engager dans une quête audacieuse qui transcende les barrières de la logique de l’instant et de l’évidence pour que la marée ne nous emporte pas.

Nos vies sont un mélange complexe de déceptions et de regrets. Aragon l’exprime merveilleusement : « Rien n’est jamais acquis à l’homme : ni sa force, ni sa faiblesse, ni son cœur ; et quand il croit ouvrir ses bras, son ombre est celle d’une croix ; et quand il croit serrer son bonheur, il le broie. ». 

Pourtant, des miracles ont parfois éclairé le chemin de chacun. Remémorons-nous ces moments d’éclat inattendus, ces instants où l’improbable s’est soudainement manifesté et nous a rappelé que nos espoirs n’étaient pas vains. Oui et malgré les échecs et les désillusions, nous avons tous connu des moments de merveille, et nous en connaîtrons certainement d’autres. Sachons les saisir.

Ce qui compte dans la vie, ce sont ces instants de bonheur fugaces, quelle qu’ait été leur durée. Le bonheur est toujours éphémère, et il faut le savoir mais ne pas en faire une obsession. Accepter que les plus beaux moments soient passagers est une leçon difficile mais nécessaire. C’est dans cette acceptation que réside la sagesse de vivre sans désespoir, même lorsque le charme se dissipe. Savoir qu’ils sont éphémères les rend encore plus intenses. Une tragédie pour le cœur, mais aussi une richesse pour l’esprit. 

Pour grandir, le bonheur nécessite des conditions extérieures favorables, mais plus encore des conditions intérieures de paix et de sérénité. Il faut désirer être heureux.

C’est dans cet alignement des planètes que naissent des moments magiques de pure félicité. Ces étincelles de joie qui illuminent notre existence : l’amour, la naissance d’un enfant, la rencontre d’ami(e)s chers, une promenade sur la plage. Il faut savoir saisir ces instants et les intérioriser. 

J’ai connu des moments exaltants de l’histoire, où le temps semblait suspendu et où l’âme s’est élevée au-dessus du quotidien. Le 14 janvier 2011 en Tunisie, par exemple. Ces instants de poésie de la vie nous construisent. Il faut capter ces moments, les intérioriser et les chérir. Ils ne dureront pas éternellement et pourtant nous pouvons les rendre éternels en nous. La conscience de la brièveté des moments de bonheur ne doit pas nous décourager, mais plutôt nous inciter à les savourer intensément lorsqu’ils se présentent.

La beauté de nos vies réside dans leur impermanence, dans cette danse constante entre l’éphémère et l’éternité. Il faut toute une vie pour apprendre à vivre, disait Sénèque. Malheureusement, nous n’aurons pas cette chance, et il nous faut vite apprendre à embrasser l’aventure de la vie, avec tous ses mystères, ses vicissitudes et ses incertitudes, mais aussi ses possibilités infinies.

Chaque jour est une nouvelle page blanche, un territoire vierge où chacun peut écrire sa propre histoire, avec ses hauts et ses bas. L’essentiel est de s’engager pleinement dans cette aventure, d’en accepter la complexité et d’en tirer le meilleur parti de chaque instant.

En travaillant ensemble, en cultivant notre résilience et en entretenant ces moments de bonheur et de poésie, nous pourrons surmonter les épreuves du moment et transformer les défis en opportunités. La leçon ultime de la vie est d’en rire et d’accepter qu’elle soit une aventure inconnue. En embrassant cette réalité, nous pouvons garder l’espoir même lorsque nous sommes au plus bas, comme c’est le cas actuellement. Allons voter ce dimanche !

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